L’industrie pétrolière freine le développement des voitures électriques

La révolution qui est en marche dans le secteur automobile, à savoir l’avènement des voitures électriques, ne fait pas que des heureux. Si les écologistes sont aux anges, l’industrie pétrolière fait la moue. Du coup, elle tenterait de freiner cette avancée technologique en faisant pression sur les diverses autorités nationales.

Rédigé par Paolo Garoscio, le 13 Sep 2016, à 11 h 19 min

Le site Internet Desmog.uk dévoile des documents que le groupe pétrolier ExxonMobil aurait envoyés au Département du Transport britannique. À trois reprises, selon le site, le groupe pétrolier aurait tenté de démontrer que les voitures électriques « ne sont pas la manière la moins onéreuse de réduire les gaz à effet de serre ». En somme : passer des moteurs à explosion aux moteurs électriques n’aurait pas l’effet escompté.

ExxonMobil milite contre les voitures électriques

Les arguments d’Exxon, auxquels Desmog.uk a eu accès, sont simples : pour le groupe, non seulement le pétrole restera encore longtemps la première source d’énergie mais, en plus, les voitures électriques ne sont pas commercialement viables aujourd’hui. Ce dernier argument semble étrange, alors que le constructeur Tesla ne cesse d’enchaîner les ventes et que Renault vient de passer le cap des 100.000 véhicules électriques vendus en Europe.

L’inquiétude du secteur pétrolier et la croissance des voitures électriques

Si ExxonMobil qui, selon Desmog.uk(1), est le premier géant pétrolier à directement faire du lobby auprès du gouvernement britannique, commence à bouger ses pions, le groupe n’est pas le seul. L’OPEP a également annoncé son inquiétude concernant son business-model basé, pour la grande majorité, sur la consommation croissante de pétrole dans le monde.

Or, comme le rappelle Desmog.uk, le Financial Times a dévoilé qu’entre 2009 et 2015, le nombre de voitures électriques vendues dans le monde est passé de 9.000 à 1,6 million. En 2040, elles devraient représenter un quart des véhicules en circulation, ce qui entraînerait une baisse de 14 % de la demande mondiale de pétrole. Une telle chute provoquerait non seulement un baisse du chiffre d’affaires des géants du pétrole mais, potentiellement, une nouvelle crise pétrolière : la demande sera à nouveau bien inférieure à l’offre, ce qui devrait faire chuter les prix sur le marché du pétrole brut.

 

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Après son Master de Philosophie, Paolo Garoscio s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.

4 commentaires Donnez votre avis
  1. C’est un raccourci de dire que Tesla vend à perte. D’après ce que j’ai pu lire, ils font du bénéfices sur les véhicules mais c’est la “recherche et développement” qui amènent la perte globale. Mais il faudra bien qu’ils équilibrent un jour, c’est sûr.

    Le problème des voitures électriques n’est pas économique, pour moi, mais écologique. Alors, oui, elles sont super pour le non-dégagement de CO2 mais moins point de vue de la pollution liée aux batteries.

    Pour moi, c’est une partie de la solution (transport en commun,…) mais pas que.
    Il existe des alternatives plus intéressantes, à mon avis : pile à combustible à l’hydrogène (certains teste la production d’hydrogène avec le surplus momentané des production éoliennes et photovoltaïque, notamment.)

    Si on veut vraiment de l’écologie, il faut mixer les solutions. Il n’y en a pas une miracle.

  2. Évidement que tout le monde a raison.
    Le marché des véhicules électrique n’est que balbutiant, mais demande-t-on à un nourrisson de courir le marathon?
    Le pétrole a encore un avenir prolongé, mais faut-il vraiment continuer à pourrir la Planète?
    Les véhicules électriques sont encore trop souvent alimentées à partir de centrales nourries aux énergies fossiles, mais faut-il pour cela cesser de les commercialiser?
    Ceci est le vaste enjeu de la Transition énergétique.
    Au début de l’éclairage électrique, les fabricants de chandelles et de pétrole lampant dénonçaient les dangers de l’électricité et la nécessité de défoncer les routes pour tirer des lignes.
    Les conservateurs seront toujours des résistants.

  3. Oui, malheureusement ou non, les arguments d’Exxon sont réalistes et factuels.
    La voiture électrique aujourd’hui, ne se vend que pour des flottes de sociétes qui veulent communiquer une image tendance et green et ne se vend qu’avec de généreuses subventions publiques qui sont payées bien sur par le contribuable et notamment par les pauvres qui eux n’auront jamais le loisir de pouvoir s’en équiper.
    C’est le même problème actuel avec le photovoltaïque et pire avec l’éolien qui ne pourrait pas se diffuser sans les niches fiscales et les subventions a l’achat que payent la encore la masse des plus pauvres de nos pays.

    Apres, un pouvoir politique peut et doit aussi pouvoir parfois s’affranchir des logiques marchandes, mais actuellement force est de constater que l’on privilégie l’idéologie des privilégiés et l’image plutôt qu’un vrai choix et un vrai investissement social pour le futur.

  4. Malheureusement, les arguments d’Exxon sont recevables. Il ne suffit pas de “vendre” des VE pour que le marché soit VIABLE.
    Les Tesla sont vendues à perte, la firme a engloutit une perte cumulée de 1,4 milliard de dollars et a une maigre solvabilité de 15%. L’entreprise ne reste debout que par la grâce des emprunts et l’émission de nouvelles actions. Renault a vendu 100.000 VE ? Enlevez les commandes publiques et des collectivités territoriales, que reste-t-il ? Environ la moitie de ce chiffre. Enlevez ensuite les aides (de 6.300 à 10.000 euros) et combien y aurait-il de ventes VIABLES… ?

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