Les réseaux intelligents, 5ème pilier de la révolution énergétique

Rédigé par Jean-Marie, le 18 Nov 2012, à 19 h 42 min

L’importance croissante des réseaux de chaleur pour capter l’énergie locale

Ce ne sont pas uniquement les éoliennes ou les panneaux photovoltaïques qui vont produire de l’énergie mais toutes les formes d’énergies propres. La biomasse et la géothermie sont également des sources de production. Mais il faut parler d’un gisement de plus en plus crucial : celui de la récupération d’énergie. Il s’agit de capter et d’utiliser une grande partie de l’énergie aujourd’hui gaspillée.

Cette énergie est perdue partout mais peut être récupérée dans des endroits clés : les data centers,  qui sont les centres d’hébergement des sites internet ou de l’informatique des grandes organisations produisent énormément de chaleur ; idem pour certaines industrie (métallurgie, stations d’épuration, centres de tris et décharges, …). Cette énergie qui s’évapore pour rien est colossale. Selon une étude de 2012, elle représente 1000€ par citoyen européen.

Autrement dit, « près de 500 milliards d’euros d’énergie restent inexploités chaque année ».[7] Pire, « plus de la moitié de l’énergie primaire disponible en Europe est aujourd’hui inutilisée. Il s’agit de ce qu’on appelle communément la « chaleur de récupération », une chaleur inévitablement produite par les procédés industriels et tout à fait exploitable en l’état (serveurs informatiques, eaux usées, traitement des déchets, …) ». Ce constat qui doit guider la politique énergétique au niveau européen est en tout cas celui qui préside à la création des « réseaux de chaleur et de froid ».

Récupérer et réutiliser 53 % de l’énergie primaire perdus chaque jour

Réseau-de-chaleur urbain à BourgesCes réseaux de chaleur tirent profit des productions énergétiques locales et sont la solution industrielle pour capter le gaspillage.  Ils permettent de récupérer et réinjecter dans le circuit des énergies disponibles pour les citadins européens, qu’ils soient chez eux ou sur leur lieu de travail. En effet, si la valorisation énergétique des déchets représente déjà une part importante et grandissante du mix énergétique de ces installations, ces réseaux cherchent également à développer l’utilisation de nouvelles ressources de récupération, telles que : · la chaleur fatale de process industriels · la chaleur des serveurs informatiques (Data Centers) · la chaleur des eaux usées · …[8]

Dommage qu’en France, on soit déjà bons derniers en Europe pour cette approche pragmatique ; un comble pour le pays inventeur du slogan « Chasse au gaspi ».

Ceci dit, les choses bougent. Ainsi par exemple, on utilise a installé la technologie de la société française Biofluides lors de la rénovation d’immeubles de Courcouronnes dans l’Essonne. Grâce à elle on sait récupérer de la chaleur à partir de l’eau qui coule dans les lavabos, éviers et douches. La récupération de chaleur à partir d’eaux usées a également été mise en place à Batignolles ou à Ermont avec l’avantage que « L’eau grise, contrairement au soleil, ne connaît pas de saison » et offre donc un retour sur investissement plus rapide que le photovoltaïque.

On comprend cependant aisément que notre salut énergétique passera par l’équation suivante :

Economies d’énergies + mix de technologies d’énergies propres et renouvelables + unités de production et de stockage énergétique délocalisées à l’extrême +  réseaux de chaleur et de froid + réseaux de distribution intelligents = production énergétique durable, moins polluante, plus sécurisée.

A suivre donc…


[1] Quand environnement rime avec dance floor. Située à Rotterdam et ouverte depuis le 4 septembre dernier, la discothèque WATT a été conçue dans l’objectif de réduire l’impact environnemental de l’établissement en termes de consommation d’énergie et d’émissions de gaz à effet de serre. En plaçant l’écologie au centre de son projet, cette boîte de nuit innovante adopte une approche respectueuse de l’environnement dans les domaines allant de l’architecture du bâtiment à la carte de l’établissement. La boîte de nuit espère ainsi diminuer de 30 % sa consommation d’énergie et d’émissions de gaz à effet de serre. Et de 50 % en ce qui concerne la consommation d’eau et la production des déchets. Aux USA, la salle de fitness Green microgym dans l’Oregon générait déjà 36 % de son électricité en 2009. Le California fitness club de Hong-Kong peut produire jusquà 300 watts d’électricité à pleine capacité.
[2]eva, la chaussure centrale électrique…
[3]voiture électrique : la roue tourne : l’active wheel de Michelin récupère de l’énergie cinétique pour la restituer en puissance électrique à la voiture.
[4]Smartgrid, contrôler son énergie à distance
[5] Les données suivantes sur l’Allemagne sont tirées de l’étude Germany’s Independence from Nuclear Energy will be Driven by Smart Grid de Global Data
[6] FACTS =Flexible Alternating Current Transmission Systems – Systèmes de transmissions de Courant Alternatif Flexible
[7] L’étude Ecoheat4EU*, réalisée par Euroheat & Power** dans 14 pays européens (dont la France) avec le soutien de la commission européenne et qui souligne que « Ce constat pourrait bien devenir un réel enjeu des futures politiques européennes d’investissement énergétique. D’autant plus que, selon l’Agence internationale de l’énergie, 37 % de l’énergie utilisée sert au chauffage tandis que seuls 21 % sont dédiés à l’usage électrique ».
[8] Cf. Résultats de l’étude, réalisée par les universités d’Aalborg et d’Halmstad et financée par Euroheat & Power

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Jean-Marie Boucher est le fondateur de consoGlobe en 2005 avec le service de troc entre particuliers digitroc. Rapidement, il convertit ses proches et sa...

5 commentaires Donnez votre avis
  1. Pour ma part, qu’ERDF connaisse ma consommation instantanée ne me gène pas du tout. Ils le savent déjà (à moindre détail) puisqu’il me facture ;). La question que je me pose est celle-ci.
    Que Linky mesure les entrées/sorties soit, chacun décide de produire ou pas
    . Mais qui va payer ce compteur intelligent? Le particulier qui n’en tirera aucun avantage ou l’entreprise productrice qui pourra en tirer de subtentielles économies (voire profits) en lissant sa production? Le progrés est soit tourné vers le bien-être de la planête, mais aussi vers celui du producteur.

  2. Merci pour votre article qui est très illustré (d’exemples chiffrés notamment). Sur le plan technique, c’est parfois un peu simplifié, mais le but étant d’être pédagogique, c’est super !
    Pour compléter sous un autre angle les 3 commentaires précédents au sujet du Linky : le monde de l’énergie est en train de vivre avec quelques 20 ans de décalage ce que les industries de la téléphonie (mobile et fixe) et de l’informatique ont vécu : développements des normes GSM, UMTS, LTE, des réseaux IP, des terminaux de plus en plus mobiles, légers, puissants. Il en est exactement de même depuis 5 ans avec l’énergie : explosion (relative) des énergies renouvelables, explosion (relative et absolue) des besoins mondiaux en énergie et électricité et en particulier des besoins en puissance à la pointe, véhicules électriques, etc. La « crainte » du Linky est respectable puisqu’elle est un sentiment bien réel, mais elle pourrait se comparer à la crainte que l’on pourrait avoir de notre box internet. Or cette dernière ne nous fait pas peur. Pourtant elle aussi coûte presque aussi cher et surtout elle est largement plus intrusive en terme de source potentielle de données personnelles, voire très privées… Compte-tenu des recherches appliquées en cours aujourd’hui, dites-vous une seule chose : ce que vous refusez aujourd’hui au Linky, vous finirez par l’accepter dans quelques années par d’autres moyens (notamment via votre box, encore elle).

  3. Je suis très surprise de votre publicité pour Linky qui n’est pas fiable et revient très cher au consommateur à qui il n’apportera rien de positif, d’autant plus que ce n’est pas lui qui pourra surveiller directement sa consommation mais ERDF. Comme toujours, les profits pour très peu de personnes et les inconvénient pour tous les autres.

  4. Pour ma part, je ne souhaite pas ce « Linky » chez moi.Je suis dans un secteur privé entre une église et un château,je n’ai pas le droit au photovoltaïque.Les beaux arts devraient me donner une prime pour manque à gagner.

  5. Article intéressant.
    Il manque juste un petit descriptif technique de comment fonctionne ces réseaux « Smart Grid ». Parceque pour le moment, je n’ai encore jamais vu de lignes haute tension se déplacer toutes seul …
    Concernant les compteurs intelligent « Linky », mon problème c’est de voir encore une industrie privé ou public s’immiscer dans nos vies privé en collectant des données sur nos consommation énergétique! Faudra faire un choix. Pour ma part, je ne souhaite pas ce « Linky » chez moi.

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