L’agriculture n’exploite pas que la terre, mais aussi les enfants !

Dans les zones rurales du monde entier, au lieu d’aller à l’école, environ 100 millions d’enfants travaillent. 60% de ces enfants travailleurs âgés de 5 à 17 ans sont employés dans l’agriculture, un secteur où le travail est le plus dangereux.

Rédigé par Marie Mourot, le 25 Feb 2017, à 10 h 10 min

La pauvreté est l’une des principales causes du travail des enfants. Dans de nombreuses zones rurales, les jeunes sont sollicités très tôt pour compléter, voire fournir, les revenus du foyer afin de satisfaire aux besoins essentiels de tous : se nourrir, se loger, s’habiller.

Sur les 168 millions enfants âgés de 5 à 17 ans astreints au travail dans le monde, 59 % le sont dans l’agriculturen contre 7 % dans l’industrie, 32 % dans les services et 2 % dans la catégorie «non défini». Hors tâches domestiques, les garçons représentent 61 % en moyenne des enfants mis au travail dans l’agriculture, et les filles 39 %(1). Le travail des enfants est très fréquent dans tous les secteurs de l’agriculture : exploitation de la terre, pêche et aquiculture, exploitation des forêts et élevage de bétail.

Le travail des enfants dans l’agriculture souvent invisible et difficile à prouver

Si la grande majorité des enfants travaillent avec leur famille dans de petites exploitations, d’autres « louent leurs services » auprès d’exploitations plus grandes. Ces derniers sont bien souvent dissimulés par leurs employeurs, et l’action des inspecteurs du travail en zone rurale reste en général limitée et la réglementation des pays défaillante.

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Enfants dans une ferme en Inde © Candybox Arts Shutterstock

La participation des enfants à des activités agricoles doit bien être différenciée de l’exploitation des enfants. En effet, prendre part à des travaux non dangereux peut être bénéfique dans la mesure où cela favorise le transfert de compétences de génération en génération. Mais dès que ces tâches nuisent à l’enfant, en interférant par exemple avec sa scolarité ou en le mettant en danger tant sur le plan physique que moral, il s’agit bien de travail illégal, qui ne respecte ni les Conventions de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) sur le travail des enfants, ni les droits de l’enfant.

Des conséquences désastreuses pour les enfants

La plupart du temps, ces jeunes ruraux commencent à travailler entre 5 et 7 ans. Ils sont partout mais bien souvent cachés : dans les petites exploitations, dans les plantations, sur les bateaux de pêche, dans les montagnes…

Mal rémunéré voire pas du tout, ce travail les empêche d’envisager ou de suivre une scolarité sérieuse. Dans de nombreux pays, l’accès à une éducation de qualité est très limitée dans les zones rurales qui manquent de tout : écoles, enseignants de qualité, matériel pédagogique…

Le fardeau est encore plus lourd pour les filles qui, en plus du travail aux champs, consacrent aussi du temps aux travaux domestiques, ce qui leur laissent encore moins de temps que les garçons pour aller à l’école.

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Fillette éthiopienne © Vlad Karavaev Shutterstock

Le manque d’infrastructures scolaires est d’autant plus pénalisant pour les filles qui doivent faire un long trajet pour aller à l’école, augmentant ainsi le risque de se faire molester ou agresser sexuellement sur le chemin. À l’échelle mondiale, 57 % des enfants illettrés sont des filles.

Le travail des enfants a également un impact important sur leur cycle de vie. Ils n’ont que très peu de temps pour jouer et pour dormir, ce qui nuit considérablement au développement de leur corps et de leur esprit.

De gros dangers sur la santé

De plus, le travail rural est très difficile pour les enfants car souvent physiquement exigeant : ils doivent rester longtemps debout dans des positions peu confortables, transporter des charges lourdes sous des températures extrêmes sans protection adaptée… Ils s’exposent ainsi à des blessures musculo-squelettiques, des coupures ou encore des chutes.

Bien souvent, dans les plantations, ils peuvent aussi se retrouver en contact avec des substances irritantes pour la peau, comme le tabac par exemple, et développer allergies, éruptions cutanées, voire même être sujets d’empoisonnements. D’autre part, les pesticides pulvérisés dans les champs présentent également un gros risque pour la santé des enfants qui y travaillent : potentiellement cancérigène, cette exposition compromet leurs fonctions cérébrales et reproductrices.

le travail des enfants

Garçons et filles ne sont pas exposés aux mêmes dangers car les tâches sont divisées en fonction du sexe.  Ainsi, les filles sont plus souvent confrontées aux risques inhérents à la manutention de la volaille ou souffrent de problèmes respiratoires causés par l’inhalation de fumée lors du séchage du poisson. Quant aux garçons, ce sont principalement eux qui vont travailler souvent sur les bateaux de pêches et sont exposés aux risques de noyades, de blessures ou encore d’hypothermie.

Face à tous ces risques et aux sacrifices énormes que cela représente pour ces enfants, il devient urgent de s’attaquer aux causes profondes de ce fléau et d’agir pour y mettre fin.

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Références :
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Rédactrice web freelance et maman de deux enfants, je me suis toujours sentie très concernée par l'écologie et le développement durable. Constamment en...

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