La visite médicale d’embauche supprimée dès 2017

L’année 2017 connait de nombreux changements sur le plan législatif dont la suppression de la visite médicale d’embauche.

Rédigé par Nathalie Jouet, le 4 Jan 2017, à 10 h 40 min

Parmi les nouvelles mesures prévues pour 2017, la visite médicale d’embauche a été supprimée et remplacée par une « visite d’information et de prévention » qui doit être faite dans les trois mois suivant l’embauche. Cette visite qui était auparavant effectuée tous les deux ans, sera désormais renouvelée tous les cinq ans.

Le suivi médical renforcé pour les salariés occupant des postes à risque

Depuis le 1er janvier 2017, la loi Travail remplace la visite médicale d’embauche par une visite d’information et de prévention. Cette dernière sera réalisée dans les trois mois après l’embauche et permettra au salarié de faire un bilan de son état de santé ainsi que de connaître les risques liés au poste de travail qu’il occupe. Le décret indique également que les professionnels exposés au plomb ou au travail en hauteur, devront passer un examen médical d’aptitude.

Le suivi individuel de ces salariés sera réalisé par un professionnel de santé qui jugera leur aptitude à occuper un poste. Les travailleurs pourront éventuellement être orientés vers la médecine du travail ou faire une demande pour obtenir une consultation. Le décret concernant la suppression de la visite médicale d’embauche a été publié le 29 décembre 2016 au Journal Officiel et suscite déjà de nombreuses critiques de la part des médecins du travail.

Un décret qui fait l’objet de nombreuses contestations

Les syndicats ont montré leur mécontentement à l’égard de cette nouvelle mesure qui supprime la visite médicale d’embauche et espace les rendez-vous. La périodicité de la visite médicale avait déjà été assouplie à 2 ans en 2012. Selon Force Ouvrière, ce délai de 5 ans ne contribuera pas à « la détection de risques émergents et ne favorisera pas une relation de confiance entre le travailleur et le service de santé au travail ».

Désormais, les infirmiers auront la possibilité de réaliser cette visite afin de faciliter l’accès à ces examens. Toutefois, cette décision préoccupe l’Ordre des médecins qui avait déclaré dès avril 2016 que « L’orientation vers une diminution de l’accès à la visite médicale des salariés n’est pas une réponse à la hauteur des enjeux ».

Illustration bannière : attente pour embauche © gpointstudio Shutterstock
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1 commentaire Donnez votre avis
  1. Historiquement, la médecine du travail a été mise en place pour combattre les épidémies, de tuberculoses en particulier.
    Une simple interrogation des salariés à la sortie de ces visites médicales démontre leur vacuité pour l’essentiel.
    Reste le devoir d’alerte des médecins du travail qui ne passe pas par cette visite, mais par un vrai travail d’observation sur site (comment autrement évaluer des conditions d’hygiène au travail, ce n’est certainement pas dans leur bureau).
    Les libérer de la corvée de visite les libère pour leur permettre d’aller à l’utile et l’essentiel.
    Il en va évidemment autrement des visites de reprises, surtout après une situation invalidante (maladie grave, accident). Visite totalement inutile alors qu’obligatoire en d’autres circonstances.
    Il était tant de redonner du sens à la médecine du travail.

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