La précarité énergétique progresse en France

Le nombre de Français ayant des difficultés à payer leurs factures augmente de manière régulière, et cela malgré les efforts du gouvernement avec le chèque énergie.

Rédigé par Nathalie Jouet, le 23 Nov 2016, à 10 h 05 min

12 millions de personnes seraient en situation de précarité énergétique en France, comme le montre un rapport publié par l’Observatoire national de la précarité énergétique (ONPE). Plus de 10 % de leurs revenus sont consacrés aux dépenses d’énergie de leur logement.

Un chiffre qui a fortement augmenté en seulement deux ans

Il y a deux ans, l’ONPE indiquait dans son rapport que la précarité énergétique touchait 5,1 millions de foyers et près de 11,5 millions de personnes en France. En effet, « Un million de ménages cumuleraient une situation d’inconfort thermique (sensation de froid) et de vulnérabilité économique » par rapport aux dépenses d’énergie, affirme l’ONPE.

Ceux qui éprouvent le plus de difficultés à régler leurs factures sont inévitablement les foyers en situation de précarité économique ou sociale. On constate que les locataires en font également partie, tout comme les personnes seules, familles monoparentales et les foyers vivant dans des logements anciens ou disposant d’un chauffage collectif.

Plusieurs aides pour lutter contre la précarité énergétique

Un dispositif de chèque énergie a été mis en place par l’intermédiaire de la loi sur la transition énergétique votée en 2015. Celui-ci consiste à aider les ménages percevant de faibles revenus à payer leurs factures, et cela quel que soit le type d’énergie. Toutefois, l’ONPE considère que le chèque énergie ne parvient pas à aider toutes les personnes en situation de précarité énergétique. En effet, celui-ci est introduit à titre expérimental et ne devrait bénéficier qu’à 4 millions de ménages en 2018.

Ainsi, le chèque énergie ne suffira pas à faire diminuer la précarité énergétique. Son montant devrait varier entre 48 et 227 euros par an, alors que l’Observatoire a calculé que la facture énergétique des ménages devrait être réduite de 526 à 735 euros par an, pour que ces derniers sortent de cette situation de précarité.

Illustration bannière : Français en situation de précarité énergétique – © Antonio Guillem Shutterstock
Pour vous c'est un clic, pour nous c'est beaucoup !
consoGlobe vous recommande aussi...




3 commentaires Donnez votre avis
  1. Bonjour, On a mis dans la tête des gens que le chauffage pouvait être gratuit ou presque…

    Il faut savoir qu’il y a un bon nombre de logements récents et isolés et peu énergivores. Mais malgré ça, les gens ne chauffent que très peu pour garder l’argent pour internet, le smartphone, la clope dont ils ne peuvent se passer et le pastis qu’ils achètent par caisses à Andorre, et qu’on ne leur délivre pas s’ils ne mettent pas l’argent sur le comptoir. Et aussi ils ont des animaux, chiens, chats, et tout ça ça coûte…

    On ne peut pas tout à voir.

    Perso, je ne roule pas sur l’or, mais je ne bois pas, je ne fume pas, je n’ai ni chien ni chats. En éliminant toutes ces dépenses, je peux me chauffer comme si j’étais à Tahiti si je veux, mais je suis raisonnable, je me limite à 19 20° faut bien sauver la planète.

    Les gens ne veulent rien se refuser, et on leur a donné l’idée de ne pas se chauffer pour qu’il leur reste de l’argent pour des dépenses pas indispensables du tout…

    Avec le chômage donc de faibles revenus, il faudrait davantage calculer, gérer son argent, mais ça c’est une autre histoire.

    Il est certain qu’il y a encore des vieilles maisons non isolées dites passoires thermiques, mais ça saute aux yeux que ces maisons sont énergivores, et on n’est pas obligé de les louer. D’ailleurs en province dans pas mal de villes moyennes qui sont saturées de logements, les logements anciens non isolés sont impossibles à louer. Et comme les propriétaires n’arrivent pas à les louer, ils prennent des gens qui cherchent du pas cher et qui de toutes façons ne sont pas très solvables.
    Bien sûr, à Paris (qui n’est pas la France) il y a pénurie de logements en ville alors tout se loue, surtout que pour faire remettre en état des logements dans le centre de Paris, où les artisans ne peuvent même pas stationner, ça ne doit pas être facile et de toutes façons hors de prix.

    Donc avant de crier sur les méchants propriétaires, il faut chercher à comprendre.

    On constate aussi que les gens ne savent pas gérer le chauffage, en plus, même s’ils ont un balcon, ils étendent le linge à l’intérieur, ce qui rend l’atmosphère humide et bien plus difficile à chauffer. On n’a jamais tant entendu parler de logements insalubres…. chercher l’erreur En plus de saturer le logement de vapeur d’eau, ils n’aèrent pas du tout de peur de perdre de la chaleur et vivent dans une atmospère de cave humide. Et bien sûr la VMC, s’il y en a une n’est pas prévue pour sécher du linge.
    Les architectes s’en inquiètent d’ailleurs et prônent le retour des buanderies ventilées…

    • Et aussi, les taxes foncières ainsi que les taxes d’habitation grimpent de façon vertigineuse, par exemple 13%, alors que ces taxes étaient déjà chères.
      Et les municipalités qui connaissent le niveau de vie et de difficulté de la population locale, n’ont aucun scrupule à augmenter.
      Il faut dire aussi qu’avec les restos du coeur, les Emmaüs et autres, les vide greniers, on peut habiller et équiper les enfants avec 3 francs 6 sous. Les vêtements de bébé qui sont portés que très peu de temps, donc pratiquement neufs sont à des prix dérisoires. Pour un euro, on en a un paquet. Et pour beaucoup de choses c’est ainsi.
      Quelqu’un qui travaillait comme bénévole aux restos du coeur, me disait que les « clients » étaient nombreux avec la clope au bec… un paquet par jour, c’est plus de 200 euros/mensuel, et si un couple fume, ça fait 400 euros… On peut se payer la clope puisque la bouffe est gratuite….

      Et, ce n’est pas en augmentant autant la taxe foncière que les propriétaires vont pouvoir baisser les loyers, sans compter l’entretien du logement à chaque changement de locataire. Tous ne laissent pas un logement impeccable, loin de là. Et avec les fumeurs qui rendant irrespirable le logement de manière tenace avec peintures jaunies, et les animaux qui grattent partout, bonjour les frais, qui dépassent souvent le montant du dépôt de garantie. Et il arrive que le bailleur fasse les travaux lui-même pour minimiser les coûts et qu’il ne retienne rien ou presque au locataire, et ça personne ne le dit, mais c’est plus courant qu’on ne le croit.
      Il faut dire aussi que pour un même logement à Paris par rapport à une ville moyenne de province, le prix peut aller de 1 à 4… Alors, loyers chers c’est vite dit, mais acheter un logement ça coûte cher aussi.
      Et je ne parle pas de la crasse dans les salles de bain. Certains pensent que parce que l’eau coule, ça se nettoie tout seul… et non les savons et autres font du dépôt, les cheveux s’accumulent dans la bonde de douche en plus.

      Les médias font la pluie et le beau temps, ils racontent ce qu’ils veulent, ils « pensent à notre place », autrement dit, ils nous prennent pour des débiles.

  2. L’art et la manière de noircir le tableau par des règles de trois sur les données économiques.
    Cela étant, il serait urgent que les propriétaires bailleurs y compris les HLM rehaussent sérieusement la qualité thermique de leurs bâtiments.
    Une alternative complémentaire serait d’imposer une dégressivité des loyers en rapport avec la qualité thermique des bâtiments afin de soulager les habitants les plus mal lotis.

Moi aussi je donne mon avis