La poule noire, nouvelle arme contre le gaspillage ?

Les gallinacés mangent de tout et surtout les restes de la maison et les insectes qui pullulent dans le jardin ! Nos belles amies à plumes, les poules, sont devenues la nouvelle arme anti-gaspillage. Et si on alliait côté pratique et sauvegarde d’espèces rustiques locales, en adoptant un poule noire de Gascogne ou d’ailleurs…

Rédigé par Julien Hoffmann, le 6 Oct 2020, à 16 h 16 min

Toutes les poules quelque soit leur race ont un intérêt si l’on souhaite lutter contre le gaspillage en les nourrissant de déchets de cuisine. Mais une poule n’en vaut pas une autre et leurs caractéristiques propres feront la différence. La poule noire en plus d’être très belle est une arme anti-gaspi incroyablement pertinente.

Zoom sur la poule noire d’Astarac Bigorre

Portrait de la poule noire Gasconne © Camille Gillet (CC-BY-SA-4.0) / via wikimedia

La poule noire de Gascogne, aussi appelée poule gasconne, et dont l’appellation commerciale est « Noire d’Astarac-Bigorre », est une poule dont l’histoire est plus riche et ancienne que bien des nobles familles françaises.

S’il est difficile d’acter clairement dans le temps nos relations à cette poule avec la création de la race, on la devrait déjà à nos ancêtres gaulois. Plus clairement et sans discussion possible, c’est LA poule de la poule au pot telle que voulue par Henry IV qui en fit une institution comme plat national français au 17e siècle : « Si Dieu me donne encore de la vie, je ferai qu’il n’y aura point de laboureur en mon Royaume qui n’ait moyen d’avoir une poule dans son pot » a-il déclaré !

Souvent confondues avec d’autres races de poules noires jusqu’au 20e siècle qui vit les prémisses de la description des standards (caractéristiques propres) à cette volaille noire, ce n’est qu’en 2003 qu’une association, « La Poule Gasconne », finit par officialiser la race, qui a progressivement disparu avec l’arrivée des souches modernes hybrides due à l’intensification de l’agriculture à partir des années 1950

Partie prenante de notre histoire, la race de poule noire a de quoi se projeter dans le futur et, sans nul doute, retrouver sa place d’antan… Pas uniquement dans la poule au pot ou en qualité de première poule pondeuse de France (début du 20e siècle), mais comme fer de lance de l’anti-gaspillage dans les ménages tout en assurant la sauvegarde de cette espèce fermière.

Lire aussi : C’est prouvé : les poules n’ont pas oublié leurs origines

La poule de Gascogne est adaptée à vos besoins

Encore une fois il y a poule et poule… Il faut dire qu’il en existe 400 races dans le monde et environ 70 en France (mais certaines races anciennes tardent à être reconnues et sauvées) qui ont toutes leurs particularités souvent adaptées au terroir qui les a vu naître.

Si on parle de lutte contre le gaspillage la poule noire de Gascogne se pose là non seulement parce qu’elle est de taille moyenne (environ 2 kg pour une poule et 3 kg pour un coq) ce qui limite ses besoins en nourriture… sans pour autant rendre sa consommation anecdotique.

Mais aussi et surtout parce que non contente d’être rustique tout en vous produisant un fumier de choix pour votre jardin, c’est là une poule dites « mixte ». En effet elle va autant pondre des oeufs (environ 200 par an) que servir à votre poule au pot comme poule de chair !

« L’opération poule noire » : une opération ambitieuse

Mais comme l’a dit cette race de poule noire a bien failli disparaitre, supplantée par de nouvelles races hybrides qui supportent mieux les conditions d’élevage de claustration. Mais c’était sans compter sur une poignée de passionnés regroupés depuis 2003 au sein de l’association « La Poule Gasconne », mobilisés pour sauvegarder cette race locale.

La poule noire de Gascogne est revenue sur le devant de la scène grâce aussi au syndicat mixte de Trigore qui lance en décembre 2003 l’opération « poule noire », visant à réduire les déchets : Durant 6 mois, dans le but de réduire leurs déchets organiques, 80 foyers volontaires se sont vus attribuer des poules de Gascogne et un poulailler en kit.

Quelle que soit la race de poule, le compost, ses vers, ses déchets, l’attireront sans faute © bluejava1

Si, à l’origine, l’opération poule noire concernait avant tout une initiative du syndicat mixte (eau-déchets-assainissement) du Gers afin de réduire les biodéchets dans leur zone d’emprise, l’initiative a en réalité fait des petits.

C’est alors d’autres races de poules noires comme la « poule noire du Berry » qui ont été valorisée dans le même but sur l’agglomération de Châteauroux en 2019. La poule noire de Caussade elle-aussi est maintenue dans le paysage de moyenne Garonne grâce aux efforts d’une association et d’éleveurs passionnés.

Races de poules et de coqs de France de Jean-Claude Périquet

43 races de coqs et poules sont homologuées en France, chacune existant souvent en plusieurs coloris de plumage et la plupart aussi en version naine. Pour chacune découvrons son origine et son histoire, sa dynamique, l’essentiel de son standard, les particularités de son élevage et son utilisation.

À découvrir sur Cultura.com

 

Lire page suivante : comment prendre soin de ses poules noires ?

Illustration bannière : Une fière poule noire de Gascogne © Camille Gillet (CC-BY-SA-4.0) / via wikimedia
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18 commentaires Donnez votre avis
  1. Bonjour,
    Je serai presque prêt à prendre une de ces poules magiques dans mon appart’ parisien, mais pas sûr que la colloc’ se passe très bien…
    pour d’autres solutions recyclage, je vous conseille ce site qui permet de savoir en un clic si un déchet est recyclable ou pas et où le jeter: http://www.lesjoyeuxrecycleurs.com/memento-recyclage-accueil

  2. Allons !! ne soyons pas racistes…toutes les poules pondent, peu importe leur couleur…par contre faudra quand même penser au blé, avoine et autre maïs…car le pain dur et la salade ne font pas l’oeuf !
    et, il faut quand même penser à la « fin de vie » plutôt à la fin de ponte..et on en fait quoi de la poupoule chancelante ? Hein ? (pas encore de maisons de retraite pour vieilles ..poules) ben on fait appel à la voisine (moi en l’occurence) pour la faire passer de vie à trépas pour qu’elle finisse en poule au pot…

  3. swag de poule

  4. bravo les gascons, j’aimerais que ça se fasse dans toute la France !

  5. A noter qu’il existe des poules de toutes les régions ou presque.

  6. Mon pôvre Duma76, je te trouve bien peu confiant envers tes semblables!!!! Ce genre d’initiative ne peut être que positif dans le fait qu’il rapproche le consommateur de la source de nourriture universelle: la nature et les animaux domestiques. Si le but à atteindre et de sortir de la dépendance alimentaire industrielle, il n’y a qu’en « reconnectant » les gens à des gestes simples comme donner à manger à ses poules et ramasser les fientes de ces dernières pour les mettre sur le compost (et oui Brigitte on peut aussi faire du compost avec de la merde.)
    La solution est de retourner à la terre plutôt que de confier la culture de nos aliments à des champions du productivisme qui à force d’engrais chimique ont tué leur terre et qui se sont tellement éloigné de leur métier qu’ils sont incapables de faire pousser une salade!
    Quand à la salmonelle à moins de vraiment être un gros dégueulasse qui ne lave pas les mains après les avoir trempées dans la fiente, ou qui garde ses oeufs 2 mois avant de les manger je pense que vous ne courrez aucun risque! Il me semble plus dangereux pour la santé de :
    – Continuer à surprotéger nos enfants des bactéries environnantes, les études actuelles démontrent d’ailleurs que le manque d’exposition de nos bambins n’a fait qu’augmenter le taux d’allergies respiratoires et alimentaires et à induit une fragilité immunitaire.
    – Se nourrir de produits transformés dont les seules vitamines contenues ont été rajoutée en poudre car les naturelles n’ont pas survécues à la cuisson à très haute température.
    – continuer d’ingérer malgré nous: conservateurs, colorants, épaississants, stabilisants, émulsifiants, huiles hydrogénées, etc….
    – d’accepter les fermetures de cantines municipale ou les cantinières travaillent les produits elles même enfin je veux dire « cuisinent ». tout cela parce que le service d’hygiène à préconisé 50000€ de travaux de mise aux normes (normes dictées par quelque lobby industriel n’ayant pour but que de prendre des marchés)
    vous êtes vous déjà empoisonné en faisant à manger dans votre cuisine qui est loin d’être aux normes?
    Est-il meilleur d’acheter des plateaux à des sociétés type SODEXO qui servent de la bouffe industrielle insipide à nos gosses? Ah ça !!! pas de risque de trouver des bactéries!!! ni de vitamines, ni de gout non plus dans leurs plateaux infâmes.
    – C’est valable pour nos hôpitaux et nos mouroirs (pardon je veux parler de nos maisons de retraite) comment peut on espérer soigner des gens ou les maintenir en vie en leur faisant manger de la merde. La nourriture saine n’est elle pas le premier médicament!!!!!
    Ca fait 10 ans que j’ai des poules, que je mange leurs oeufs, que je vais bien, je me sers de mon compost pour faire pousser mes légumes, ces derniers qui ne sont ni emballés, ni cirés, ni lavés, ni traités chimiquement, ont plutôt pas mal de gout et de vitamines, j’envoi régulièrement mes enfants les chercher, comme ça ils savent d’ou vient ce qu’il y aura dans leur assiette au repas et ils se retrouvent pas comme des nuls à pas savoir ce qu’est un navet ou une courge.
    Je suis née au centre ville d’une grande ville et y ai vécu pendant 19ans, aujourd’hui je fais pousser mes légumes, j’élève mes poules et je les soigne seule avec des huiles essentielles (pas besoin de véto.) (chose interdite maintenant depuis qu’un lobby pharmaceutique a fait voter une loi au parlement européen interdisant l’utilisation des huiles essentielles dans l’élevage. C’est moins dangereux d’utiliser des médicaments chimiques bourrés de contre-indications dont on a rarement plus de 30 ans de recul sur leur utilisation, plutôt que des médicaments naturels dont la science médicale existe depuis plus de 3000 ans)
    Enfin bref….
    Avant je courrai beaucoup, je stressai énormément, je dépensais ce que je gagnais en plus dans les transport les locations d’habitation chères en ville et tout un tas d’objets inutiles.
    Maintenant je VIS.

    • Bien sûr, Carinette, vous êtes dans le vrai, vous vivez sainement et vous aimez vos bêtes. DUMA voulait insister (je pense avoir compris son message en ce sens) sur l’irresponsabilité de certaines personnes qui risquent de se retrouver avec des poules et vont s’en occuper le premier mois, puis les délaisser ou les abandonner au moment des vacances (comme les chiens et chats). Sur le fond, nous sommes tous d’accord pour éviter la bouffe industrielle, etc…
      Heu, pour la merde dans le compost, j’étais au courant ! j’y mets même les crottes de mon chien, ( en petite quantité…)

    • 100% d’accord !!!

    • Carinette 74, je dis : BRAVO !
      J’ai vécu en Bretagne, dans la campagne, et j’ai eu des bons légumes de mon jardin, de délicieux oeufs de mes poules (et on avait un compost du tonnerre…qui redonnait de super-légumes, dont les supers épluchures allaient à nos super-poules qui nous donnaient de supers oeufs, et le cycle recommençait !).
      Mon fils aîné a une santé en béton et Dieu sait qu’il a traîné dans la terre pendant des heures : Haaaaaa, les « microbes » qu’il y a là !!!! Hé bien justement, ça l’a rendu costaud, de bien manger, d’être à l’air dehors, de courir dans la nature et de ne pas être en milieu aseptisé.
      Mes autres enfants ont eu un cadre moins idyllique, mais pour autant, j’ai fait attention à leur alimentation. Nous n’avons plus la chance d’avoir un jardin productif, de la bonne terre et de bons légumes, mais j’ai une amie qui cultive en bio non loin de chez moi et je cours la voir pour pallier à mon manque de jardin ! J’ai hâte que la situation puisse se régulariser, car on vit bien, et bien différemment quand on est directement en rapport avec les légumes qu’on cultive, les poules qu’on nourrit etc…..
      Et détail insignifiant pour certains, mais important pour moi : mon Dieu qu’on a de belles fleurs quand on fait du bon compost !!!! 🙂 🙂 🙂

  7. Je crois qu’il faut leur donner aussi du blé pour avoir de bons oeufs !!

    • Moi mes poules sont 14 pour 5 400m2 de terrain et elles mangent les dechets, du blé et raffolent d’orge aplati et de coquillettes

  8. Faut-il leur donner du blé pour avoir de bons oeufs ?

  9. La présente expérimentation a lieu dans le Gers, et auprès de familles qui sont volontaires: un département rural donc, et où on connait quand même un peu le fonctionnement des poulaillers. Je connais moi-même des personnes participant à cette expérimentation, si vous voulez leur poser des questions ils vous apprendront certainement pas mal de choses.
    Le compostage et tout à fait réalisable en parallèle du poulailler, il suffit de donner aux poules ce qu’elles préfèrent, et de mettre le reste au compost.
    Nous avons de l’espace, les poules ne resteront pas dans leur 3 m² toute la journée: ne prenez pas les gens volontaires pour des irresponsables ou des ignorants.
    Je mange les œufs de mes poules depuis près de 20 ans, je n’ai jamais eu la salmonellose.

  10. Sous le fallacieux prétexte « écologique », on enferme des malheureux volatiles dans des espaces confinés où elles n’ont plus que de la terre à gratter… C’est une fausse bonne idée. Un poule a besoin d’au moins 20m² pour trouver son complément alimentaire. Enfin, si le bien être animal préoccupe un minimum les détenteurs de gallinacés !!!

  11. en campagne c.est sur ailleurs pas certain

  12. Absolument pour, la solution est bien orchestrée et fait de cette action une petite révolution des moeurs en matière d’alimentation…
    Nous nous devons de ne pas gaspiller les aliments si précieux pour certains pays du monde…qui s’emploient à le faire de cette manière…depuis des siècles. Nous nous devons de favoriser le local afin que nos énergies se reconcentrent sur un futur essentiel et profitable à tous et les fermes en font partie…comme au temps jadis où personne ne s’en plaignait pas mais tout au contraire que l’on spoliait pour établir des règles qui n’avaient plus rien à voir avec une échelle humaine… Nous nous devons de contenter les consommateurs qui payent un lourd tribut pour manger du meilleur. Oui pour des tas de raisons je suis pour cette idée qui me conduira à nouveau dans les campagnes où j’aimais tant aller déguster les petits plats locaux. La petite maison dans la prairie est le rêve de beaucoup pas celui seulement d’héritiers de la terre nous y avons droit et je remercie les personnes à l’origine de cette action pour tous les amoureux de la terre qui voudraient se lancer…

  13. Entièrement d’accord avec Dumas76. Je rajouterai un autre aspect : si on donne les déchets de cuisine aux poules, on ne peut plus faire de compostage avec !!!

  14. Absolument contre cette « initiative ». La poule, au même titre qu’un chien ou un chat, est un être vivant, sensible. Combien de ces pauves bêtes vont mourir en quelques mois parce que les gens ne savent pas s’en occuper. Il ne suffit pas de leur donner à manger nos poubelles, il faut leur faire un logis adapté, l’entretenir, nettoyer et changer régulièrement l’eau, la paille. Il faut les rentrer tous les soirs, 365 jours sur 365, vérifier que le poulailler est bien fermé, sinon adieu la poule, il faut leur donner à manger et à boire tous les jours. Il faut enlever les oeufs tous les jours. Si la poule est une bonne pondeuse c’est un oeuf par jour, 7 par semaine, 365 par an : allez vous manger autant d’oeufs ou allez vous les jeter ? Attention aussi à la santé des poules. Elles peuvent être malades, il faudra les faire soigner. combien vont se dire, bof ce n’est qu’une poule et en plus on m’en donne gratuitement ! Les oeufs frais, c’est sensible du point de vue sanitaire. Si le poulailler n’est pas propre, ils peuvent être contaminés par la salmonelle, intoxication alimentaire dangereuse pour les enfants, personnes âgées, femmes enceintes. Encore une idée de bureaucrate qui ne connaît rien à rien. Mais çà fait bien surtout en période d’élection : on est écolo on donne des poules ! On ferait mieux d’apprendre aux enfants et aux parents à finir leur assiette, à ne pas servir de trop grosses portions, quitte à repasser le plat, à réutiliser les restes dans d’autres plats (hâchis, terrines,) exiger des grandes enseignes de grande distribution l’arrêt les promos par la quantité : Combien y a t il de familles qui vont manger les 24 ou les 36 yaourts dans le délai limite de consommation, encore que cela ne risque rien avec ces derniers si on dépasse la date de quelques jours, les bactéries ne savent lire !

Moi aussi je donne mon avis