La poule noire, nouvelle arme contre le gaspillage ?

Rédigé par Eva Souto, le 22 Jan 2014, à 11 h 10 min

Aménager un poulailler dans un coin de son jardin semble être une alternative en vogue. Retour aux sources, façon de lutter contre la crise grâce à la production maison ou encore geste écologique, la pratique en séduit plus d’un. Et de plus en plus, la poule devient un véritable allié contre le gaspillage. Et si la poule noire pouvait réduire les déchets, tout en assurant la sauvegarde de son espèce ? Zoom sur cette poule pas comme les autres.

La poule noire d’Astarac Bigorre : un air d’antan

Poule noireImplantée depuis des siècles dans les basses-cours de la Gascogne, cette poule noire est issue de l’ancien type gaulois. Elle a connu sa notoriété dès le XIVème siècle, lorsqu’elle trouve les faveurs du Roi Henry IV.

A l’époque, et durant nombre d’années, elle constitue le plat traditionnel du dimanche : la poule au pot.

point-exclamatiionMais, l’intensification de l’agriculture à partir des années 1950 ainsi que l’apparition de souches hybrides lui sont fatales car elle s’accommode mal aux conditions d’élevage de claustration. Par chance, quelques passionnés réussissent à sauvegarder la race locale jusqu’à aujourd’hui.

fleche-suiteDepuis octobre 2003, la poule noire reçoit également le soutien de l’association La Poule Gasconne, composée d’amateurs et de professionnels.

Grâce à eux, la race trouve une nouvelle mise en lumière et une revalorisation de ses attraits. Ceci n’est peut-être pas étranger au choix fait par le syndicat mixte de Trigore. En effet, ce dernier a lancé en décembre 2013, l’opération « poule noire », une opération de réduction des déchets.

« L’opération poule noire » : une opération ambitieuse

Les expériences qui visent à réduire les déchets en utilisant une méthode on ne peut plus naturelle, j’ai nommé les poules, ne cessent de se développer. Mais celle-ci est originale.

Une phase test de 6 mois

Durant 6 mois, 80 foyers gersois volontaires vont utiliser des poules de Gascogne afin de réduire leurs déchets dits « de cuisine ».

L’objectif affiché par l’opération “Poule noire” ?

vegetable wasteDétourner l’ensemble des résidus de cuisine de la fameuse poubelle noire, à savoir l’équivalent de 16 tonnes de biodéchets exclus de l’enfouissement.

Le président du syndicat mixte du Gers, Francis Dupouey explique « L’initiative nous servira à quantifier les résidus fermenticides des foyers auscitains. Un foyer type en produit 200 kg par an. Les poules sont capables d’en absorber jusqu’à 100 dans le même laps de temps ».

Déchets de cuisine  :
Souvent nommés déchets organiques, les déchets alimentaires et de cuisine sont constitués : de restes de préparation, de repas crus ou cuisinés, d’aliments non consommés. Ils sont tous issus de la terre ou de la mer. Leur dégradation naturelle permet de produire un compost (sorte d’engrais naturel) pour fertiliser les sols.

Mise en place de l’expérimentation

Poules noiresLes candidats qui tentent l’expérience se voient remettre gracieusement un poulailler en kit à monter ainsi que deux petites protégées.

Durant 6 mois, ils devront tester les capacités des poules noires à réduire leurs déchets de cuisine. Il est évident que cette action viendra s’ajouter aux démarches déjà existantes, à savoir les actions de compostage et de lombricompostage, déjà présentes dans le département (dans le cadre du programme local de prévention des déchets mené par Trigone).

oeufs

En plus de cette action, les candidats pourront profiter des oeufs fraîchement
pondus par leurs poules : environ 1 oeuf tous les 2 jours !

L’expérimentation Poule noire mise sur le durable

Trigone GersPour l’expérimentation lancée par TRIGONE, le syndicat mixte s’est adjoint les services de Philippe Piton (restaurant Rive Droite à Villecomtal sur Arros) et Alain Brumont (Château Montus, Bouscassé), qui se sont associés au projet, ainsi que de l’association de la Poule Gasconne chargée de promouvoir les élevages.

Le poulailler de 3 m2 prévu dans le kit aux foyers témoins est lui aussi dans une démarche durable puisqu’il est conçu et réalisé en France et le bois issu des forêts vosgiennes ou jurassiennes de pins Douglas, résistant et naturellement imputrescible.

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Eva est passionnée d’écriture. Elle est sensible aux sujets de société, et en particulier, à ceux qui touchent au développement durable, au commerce...

18 commentaires Donnez votre avis
  1. Bonjour,
    Je serai presque prêt à prendre une de ces poules magiques dans mon appart’ parisien, mais pas sûr que la colloc’ se passe très bien…
    pour d’autres solutions recyclage, je vous conseille ce site qui permet de savoir en un clic si un déchet est recyclable ou pas et où le jeter: http://www.lesjoyeuxrecycleurs.com/memento-recyclage-accueil

  2. Allons !! ne soyons pas racistes…toutes les poules pondent, peu importe leur couleur…par contre faudra quand même penser au blé, avoine et autre maïs…car le pain dur et la salade ne font pas l’oeuf !
    et, il faut quand même penser à la “fin de vie” plutôt à la fin de ponte..et on en fait quoi de la poupoule chancelante ? Hein ? (pas encore de maisons de retraite pour vieilles ..poules) ben on fait appel à la voisine (moi en l’occurence) pour la faire passer de vie à trépas pour qu’elle finisse en poule au pot…

  3. swag de poule

  4. bravo les gascons, j’aimerais que ça se fasse dans toute la France !

  5. A noter qu’il existe des poules de toutes les régions ou presque.

  6. Mon pôvre Duma76, je te trouve bien peu confiant envers tes semblables!!!! Ce genre d’initiative ne peut être que positif dans le fait qu’il rapproche le consommateur de la source de nourriture universelle: la nature et les animaux domestiques. Si le but à atteindre et de sortir de la dépendance alimentaire industrielle, il n’y a qu’en “reconnectant” les gens à des gestes simples comme donner à manger à ses poules et ramasser les fientes de ces dernières pour les mettre sur le compost (et oui Brigitte on peut aussi faire du compost avec de la merde.)
    La solution est de retourner à la terre plutôt que de confier la culture de nos aliments à des champions du productivisme qui à force d’engrais chimique ont tué leur terre et qui se sont tellement éloigné de leur métier qu’ils sont incapables de faire pousser une salade!
    Quand à la salmonelle à moins de vraiment être un gros dégueulasse qui ne lave pas les mains après les avoir trempées dans la fiente, ou qui garde ses oeufs 2 mois avant de les manger je pense que vous ne courrez aucun risque! Il me semble plus dangereux pour la santé de :
    – Continuer à surprotéger nos enfants des bactéries environnantes, les études actuelles démontrent d’ailleurs que le manque d’exposition de nos bambins n’a fait qu’augmenter le taux d’allergies respiratoires et alimentaires et à induit une fragilité immunitaire.
    – Se nourrir de produits transformés dont les seules vitamines contenues ont été rajoutée en poudre car les naturelles n’ont pas survécues à la cuisson à très haute température.
    – continuer d’ingérer malgré nous: conservateurs, colorants, épaississants, stabilisants, émulsifiants, huiles hydrogénées, etc….
    – d’accepter les fermetures de cantines municipale ou les cantinières travaillent les produits elles même enfin je veux dire “cuisinent”. tout cela parce que le service d’hygiène à préconisé 50000€ de travaux de mise aux normes (normes dictées par quelque lobby industriel n’ayant pour but que de prendre des marchés)
    vous êtes vous déjà empoisonné en faisant à manger dans votre cuisine qui est loin d’être aux normes?
    Est-il meilleur d’acheter des plateaux à des sociétés type SODEXO qui servent de la bouffe industrielle insipide à nos gosses? Ah ça !!! pas de risque de trouver des bactéries!!! ni de vitamines, ni de gout non plus dans leurs plateaux infâmes.
    – C’est valable pour nos hôpitaux et nos mouroirs (pardon je veux parler de nos maisons de retraite) comment peut on espérer soigner des gens ou les maintenir en vie en leur faisant manger de la merde. La nourriture saine n’est elle pas le premier médicament!!!!!
    Ca fait 10 ans que j’ai des poules, que je mange leurs oeufs, que je vais bien, je me sers de mon compost pour faire pousser mes légumes, ces derniers qui ne sont ni emballés, ni cirés, ni lavés, ni traités chimiquement, ont plutôt pas mal de gout et de vitamines, j’envoi régulièrement mes enfants les chercher, comme ça ils savent d’ou vient ce qu’il y aura dans leur assiette au repas et ils se retrouvent pas comme des nuls à pas savoir ce qu’est un navet ou une courge.
    Je suis née au centre ville d’une grande ville et y ai vécu pendant 19ans, aujourd’hui je fais pousser mes légumes, j’élève mes poules et je les soigne seule avec des huiles essentielles (pas besoin de véto.) (chose interdite maintenant depuis qu’un lobby pharmaceutique a fait voter une loi au parlement européen interdisant l’utilisation des huiles essentielles dans l’élevage. C’est moins dangereux d’utiliser des médicaments chimiques bourrés de contre-indications dont on a rarement plus de 30 ans de recul sur leur utilisation, plutôt que des médicaments naturels dont la science médicale existe depuis plus de 3000 ans)
    Enfin bref….
    Avant je courrai beaucoup, je stressai énormément, je dépensais ce que je gagnais en plus dans les transport les locations d’habitation chères en ville et tout un tas d’objets inutiles.
    Maintenant je VIS.

    • Bien sûr, Carinette, vous êtes dans le vrai, vous vivez sainement et vous aimez vos bêtes. DUMA voulait insister (je pense avoir compris son message en ce sens) sur l’irresponsabilité de certaines personnes qui risquent de se retrouver avec des poules et vont s’en occuper le premier mois, puis les délaisser ou les abandonner au moment des vacances (comme les chiens et chats). Sur le fond, nous sommes tous d’accord pour éviter la bouffe industrielle, etc…
      Heu, pour la merde dans le compost, j’étais au courant ! j’y mets même les crottes de mon chien, ( en petite quantité…)

    • 100% d’accord !!!

    • Carinette 74, je dis : BRAVO !
      J’ai vécu en Bretagne, dans la campagne, et j’ai eu des bons légumes de mon jardin, de délicieux oeufs de mes poules (et on avait un compost du tonnerre…qui redonnait de super-légumes, dont les supers épluchures allaient à nos super-poules qui nous donnaient de supers oeufs, et le cycle recommençait !).
      Mon fils aîné a une santé en béton et Dieu sait qu’il a traîné dans la terre pendant des heures : Haaaaaa, les “microbes” qu’il y a là !!!! Hé bien justement, ça l’a rendu costaud, de bien manger, d’être à l’air dehors, de courir dans la nature et de ne pas être en milieu aseptisé.
      Mes autres enfants ont eu un cadre moins idyllique, mais pour autant, j’ai fait attention à leur alimentation. Nous n’avons plus la chance d’avoir un jardin productif, de la bonne terre et de bons légumes, mais j’ai une amie qui cultive en bio non loin de chez moi et je cours la voir pour pallier à mon manque de jardin ! J’ai hâte que la situation puisse se régulariser, car on vit bien, et bien différemment quand on est directement en rapport avec les légumes qu’on cultive, les poules qu’on nourrit etc…..
      Et détail insignifiant pour certains, mais important pour moi : mon Dieu qu’on a de belles fleurs quand on fait du bon compost !!!! 🙂 🙂 🙂

  7. Je crois qu’il faut leur donner aussi du blé pour avoir de bons oeufs !!

    • Moi mes poules sont 14 pour 5 400m2 de terrain et elles mangent les dechets, du blé et raffolent d’orge aplati et de coquillettes

  8. Faut-il leur donner du blé pour avoir de bons oeufs ?

  9. La présente expérimentation a lieu dans le Gers, et auprès de familles qui sont volontaires: un département rural donc, et où on connait quand même un peu le fonctionnement des poulaillers. Je connais moi-même des personnes participant à cette expérimentation, si vous voulez leur poser des questions ils vous apprendront certainement pas mal de choses.
    Le compostage et tout à fait réalisable en parallèle du poulailler, il suffit de donner aux poules ce qu’elles préfèrent, et de mettre le reste au compost.
    Nous avons de l’espace, les poules ne resteront pas dans leur 3 m² toute la journée: ne prenez pas les gens volontaires pour des irresponsables ou des ignorants.
    Je mange les œufs de mes poules depuis près de 20 ans, je n’ai jamais eu la salmonellose.

  10. Sous le fallacieux prétexte “écologique”, on enferme des malheureux volatiles dans des espaces confinés où elles n’ont plus que de la terre à gratter… C’est une fausse bonne idée. Un poule a besoin d’au moins 20m² pour trouver son complément alimentaire. Enfin, si le bien être animal préoccupe un minimum les détenteurs de gallinacés !!!

  11. en campagne c.est sur ailleurs pas certain

  12. Absolument pour, la solution est bien orchestrée et fait de cette action une petite révolution des moeurs en matière d’alimentation…
    Nous nous devons de ne pas gaspiller les aliments si précieux pour certains pays du monde…qui s’emploient à le faire de cette manière…depuis des siècles. Nous nous devons de favoriser le local afin que nos énergies se reconcentrent sur un futur essentiel et profitable à tous et les fermes en font partie…comme au temps jadis où personne ne s’en plaignait pas mais tout au contraire que l’on spoliait pour établir des règles qui n’avaient plus rien à voir avec une échelle humaine… Nous nous devons de contenter les consommateurs qui payent un lourd tribut pour manger du meilleur. Oui pour des tas de raisons je suis pour cette idée qui me conduira à nouveau dans les campagnes où j’aimais tant aller déguster les petits plats locaux. La petite maison dans la prairie est le rêve de beaucoup pas celui seulement d’héritiers de la terre nous y avons droit et je remercie les personnes à l’origine de cette action pour tous les amoureux de la terre qui voudraient se lancer…

  13. Entièrement d’accord avec Dumas76. Je rajouterai un autre aspect : si on donne les déchets de cuisine aux poules, on ne peut plus faire de compostage avec !!!

  14. Absolument contre cette “initiative”. La poule, au même titre qu’un chien ou un chat, est un être vivant, sensible. Combien de ces pauves bêtes vont mourir en quelques mois parce que les gens ne savent pas s’en occuper. Il ne suffit pas de leur donner à manger nos poubelles, il faut leur faire un logis adapté, l’entretenir, nettoyer et changer régulièrement l’eau, la paille. Il faut les rentrer tous les soirs, 365 jours sur 365, vérifier que le poulailler est bien fermé, sinon adieu la poule, il faut leur donner à manger et à boire tous les jours. Il faut enlever les oeufs tous les jours. Si la poule est une bonne pondeuse c’est un oeuf par jour, 7 par semaine, 365 par an : allez vous manger autant d’oeufs ou allez vous les jeter ? Attention aussi à la santé des poules. Elles peuvent être malades, il faudra les faire soigner. combien vont se dire, bof ce n’est qu’une poule et en plus on m’en donne gratuitement ! Les oeufs frais, c’est sensible du point de vue sanitaire. Si le poulailler n’est pas propre, ils peuvent être contaminés par la salmonelle, intoxication alimentaire dangereuse pour les enfants, personnes âgées, femmes enceintes. Encore une idée de bureaucrate qui ne connaît rien à rien. Mais çà fait bien surtout en période d’élection : on est écolo on donne des poules ! On ferait mieux d’apprendre aux enfants et aux parents à finir leur assiette, à ne pas servir de trop grosses portions, quitte à repasser le plat, à réutiliser les restes dans d’autres plats (hâchis, terrines,) exiger des grandes enseignes de grande distribution l’arrêt les promos par la quantité : Combien y a t il de familles qui vont manger les 24 ou les 36 yaourts dans le délai limite de consommation, encore que cela ne risque rien avec ces derniers si on dépasse la date de quelques jours, les bactéries ne savent lire !

Moi aussi je donne mon avis