Indonésie : le pays s’engage dans la lutte contre les nuages de pollution

L’Indonésie a rejoint l’Association des Nations d’Asie du Sud-Est (Asean) pour lutter contre les nuages de pollution transfrontalière. Un grand pas puisque l’Indonésie était le dernier des 10 pays de l’Asean à ne pas l’avoir encore ratifié. Zoom sur cette initiative.

Rédigé par Eva Souto, le 25 Oct 2014, à 15 h 18 min

L’Indonésie est-elle en train de suffoquer ?

Chaque année, à la même période, l’île de Singapour étouffe sous une épaisse fumée provenant de l’île indonésienne de Sumatra. Là-bas, la culture sur brûlis est encore largement pratiquée. L’année dernière, le problème a même atteint des proportions jamais vues depuis 15 ans.

En 1997 et en 1998, des incendies similaires avaient échappé à tout contrôle. Conséquence ? Le ciel d’une partie de l’Asie du Sud-Est avait été obscurci pendant des mois, provoquant de nombreuses perturbations. Notamment sur la santé publique et sur le trafic aérien, allant jusqu’à causer des pertes économiques estimées à quelques 9,3 milliards de dollars.

Indonésie : l’indice de pollution de Singapour atteint 400 en 2013

En 2013, l’indice de pollution enregistré dans le ciel de Singapour atteignait les 400. Un record historique et dangereux.

Ce pic avait poussé Jakarta à recourir aux moyens extrêmes tels que l’ensemencement de nuages dans l’espoir de faire tomber une pluie providentielle.

© CC, SpLoT

© CC, SpLoT

Mais ce triste record n’est pas sans conséquence. Comme le soulignait l’agence gouvernementale de la qualité de l’air, cela « peut représenter une menace pour la vie des malades et des personnes âgées ». A noter que tout indice supérieur à 300 est considéré comme dangereux pour la santé.

Indonésie : des reliques du passé dans les nuages

Le Sud-Est asiatique est recouvert, de manière plus ou moins continue, par un nuage de pollution de 3 kilomètres d’épaisseur.

Ces derniers comprennent des particules en suspension, suies, aérosols et composés chimiques qui persistent à cause des activités humaines (feux de forêts, combustion des déchets agricoles, carburants fossiles des véhicules, rejets des millions de fourneaux brûlant du bois notamment etc.).

Ciel clair à Singapour, une rareté

Ciel clair à Singapour, une rareté

Une étude de 2002 publiée par le Programme pour l’environnement des Nations Unies (PNUE) indiquait que cette pollution diminuait de 10 à 15 % la luminosité reçue à la surface de la terre.

L’étude pointait également du doigt une mort prématurée d’une centaine de milliers de personnes due à cette pollution. Alors, souhaitons que la promulgation de loi et l’engagement dans une lutte plus active contre les nuages de pollution puisse sortir l’Indonésie de l’impasse dans laquelle elle se trouve. Et vous, qu’en pensez-vous ? Pour vous, est-il déjà trop tard ?

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Eva est passionnée d’écriture. Elle est sensible aux sujets de société, et en particulier, à ceux qui touchent au développement durable, au commerce...

2 commentaires Donnez votre avis
  1. Ma fille et sa famille (époux, 2 enfants en bas âge) vivent dans le sud de Kalimantan (partie indonésienne de Bornéo) à Banjarmasin et subissent cette pollution au quotidien. C’est là qu’elle enseigne l’anglais mais s’inquiètent pour leur santé, en particulier celle des petites de 1 et 3 ans. Ils étaient avant dans le sud-est de Sulawesi, moins pollué, mais sans emploi!

  2. Les deux premières photos illustrant « la lutte contre la pollution en Indonésie » sont mal choisies. Il s’agit ici de prises de vue du mont Brono, volcan actif, et d’une accumulation de nuages de condensation dans la caldeira du volcan : phénomènes naturels … Par ailleurs, la circulation intense de véhicules ne bénéficiant pas de technologies modernes et les feux sont des plaies qu’il faut combattre. Il n’est jamais trop tard pour agir. Merci pour vos articles.

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