Hubert Reeves alerte sur la disparition des vers de terre

Lors d’un atelier pour enfants au Museum de sciences naturelles de Bruxelles, le célèbre astrophysicien québécois Hubert Reeves a déclaré que la disparition des vers de terre était un problème aussi important que le réchauffement climatique.

Rédigé par Anton Kunin, le 28 Feb 2018, à 11 h 40 min

La venue d’Hubert Reeves à Bruxelles était dédiée à la sortie de sa bande dessinée sur la biodiversité. Lors de son atelier, il a tenu à souligner le rôle fondamental des vers de terre pour la flore.

Les vers de terre, des créatures fort utiles

Si vous avez des agriculteurs ou jardiniers parmi vos connaissances, vous avez sans doute entendu dire qu’en une dizaine d’années, la totalité de la couche arable du sol passe dans le tube digestif des vers de terre. Et ce n’est pas une exagération !

Ces créatures, qui vivent dans la couche supérieure de la terre (entre 15 et 30 centimètres de profondeur), passent leurs journées à creuser des galeries. Bien qu’ils n’aient pas de tête, les vers de terre ont une bouche, et leur tube digestif court sur toute la longueur de leur corps. En se déplaçant, ils ingèrent donc de la matière organique (feuilles et branches en décomposition), et le produit de leur métabolisme sert d’engrais. En d’autres mots, si un sol est fertile, c’est grâce aux vers de terre.

ver de terre

Les vers de terres bossent gratis © Claus Mikosch

Mais le rôle des vers de terre ne s’arrête pas là. En creusant la terre, ils créent des cavités où pénètre l’eau lors de pluies, avant d’être absorbée dans des couches inférieures du sol. Et rassurez-vous : ce processus est sans danger pour les vers de terre, qui ont la particularité de pouvoir survivre étant submergés.

Le nombre de vers de terre présents dans le sol diminue à la vitesse Grand V

Sachez que si des flaques d’eau se forment sur un sol non artificialisé, c’est parce que ce sol n’est pas suffisamment travaillé par les vers de terre. Cela se passe souvent dans les champs, que les vers de terre quittent en fuyant les pesticides dont sont remplis ces sols. La même chose se passe sur d’anciens sites industriels infestés de métaux lourds… Sans parler des villes où les bâtiments et le goudron ne permettent pas aux vers de terre de sortir à la surface.

La disparition des vers de terre se passe à un rythme effréné : en 1950, on comptait 2 tonnes de verres à l’hectare. Aujourd’hui, on n’en compte plus que 200 kg ! L’appel d’Hubert Reeves d’opérer un retour à l’équilibre qui existait encore au milieu du siècle dernier est donc comme jamais d’actualité.

Illustration bannière : ver de terre – © Vinicius Tupinamba
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Journaliste de formation, Anton écrit des articles sur le changement climatique, la pollution, les énergies, les transports, ainsi que sur les animaux et la...

1 commentaire Donnez votre avis
  1. Dans l’article sur les vers de terre, il est erroné d’avancer que les vers quittent les champs à cause des pesticides. Les flaques d’eau qui jonchent certains champs sont une conséquence de la compaction causée par le travail du sol. À chaque labour, la structure du sol est anéantie et la population des vers s’effondre.
    La seule façon de préserver les populations de vers de terre est un système de culture sans travail du sol, ce qu’on appelle le semis direct. Chez moi, il n’y a eu aucun travail de sol depuis 25 ans. Malgré le fait que nous appliquons des herbicides, nous pouvons compter de 400 à 900 vers par mètre carré. C’est le meilleur indicateur d’une activité biologique forte. La productivité est excellente.
    Vos lecteurs seront heureux de l’apprendre…

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