Heurté par un OFNI, un skipper du Vendée Globe déplore : ‘La mer n’est pas propre’

Un container ou un cétacé ? Pollution ou phénomène naturel ? Les OFNI (Objet Flottant Non Identifié) auront eu raison des voiliers – et du moral – de deux skippers du Vendée Globe après en avoir ralenti plus d’un.

Rédigé par Emma, le 21 Jan 2017, à 7 h 10 min

Thomas Ruyant, touché en dernier après Vincent Riou, rapporte à son retour en France que l’état de la mer n’est pas bon.

Les OFNI se répandent en mer

Huitième après 44 jours de course sur le Vendée Globe 2016, Thomas Ruyant était très bien parti avec son Souffle du Nord (Projet Imagine), pour sa première participation à la course mythique. Mais la mer en a décidé autrement.

« Je ne sais pas par quoi j’ai été touché. C’était en pleine nuit, je dormais. Le choc a été tel que j’ai été projeté hors de la couchette », raconte le skipper Nordiste lors d’une conférence de presse au Conseil Général des Hauts-de-France, le 12 janvier 2017. Son voilier filait à une vitesse de 20 noeuds à ce moment-là et il avoue en avoir encore des frissons à l’évoquer.

Les dégâts sont considérables sur la coque avant, presque défoncée. Ému aux larmes, la voix chavirée par l’émotion au cours d’une vidéo avec son équipe le soir-même de l’avarie, le Nordiste a du déclarer forfait. Incapable d’abandonner en mer son bateau pourtant gravement avarié, il réussit l’exploit de l’amener jusqu’au port le plus proche, à Bluff, en Nouvelle-Zélande, à trois jours de mer.

Thomas Ruyant raconte sa rencontre avec un OFNI sur Thalassa (entre les minutes 1:00 et 3:30)

Des chocs à répétition dans l’Atlantique Sud

Un mois plus tôt, le 19 novembre, Alex Thompson alors en tête de course en plein Atlantique Sud, prévenait ses confrères qu’il venait de percuter un OFNI, pour Objet Flottant Non Identifié. L’un de ses foils est endommagé, mais il peut continuer. C’est le premier d’une série noire concentré sur quelques jours. Le 20, c’est au tour de Vincent Riou qui doit abandonner pour cause de quille endommagée. Quelques jours plus tard, c’est Vincent Josse qui est ralenti par un choc qui occasionne des dégâts sur son safran.

Tous parlent de « chocs » plus ou moins violents selon la vitesse du bateau et l’emplacement de la collision. L’autre point commun de ces expériences est la non identification de l’objet qui a causé le choc.

Des OFNI issus de la pollution ?

Sous l’OFNI, se cachent donc deux possibilités : « Il peut s’agir soit d’un conteneur, soit un animal marin. Je ne sais pas si on va arriver à le savoir », explique Thomas Ruyant. Alain Gautier, vainqueur du Vendée Globe en 1993 et consultant sécurité de l’épreuve, va plus loin dans une interview au Point.fr publiée le 23 novembre 2016 : « Le plus souvent quand on en touche un, on ne le voit pas. Il est donc difficile de savoir de quoi il s’agit. Cela peut être des animaux marins (ce qui serait arrivé à Vincent Riou), des bouées, des billes de bois ou des containers rejetés par des cargos. Si certains containers s’enfoncent dans la mer, d’autres peuvent flotter entre deux eaux. »

OFNI, containers, cargo

Les containers peuvent se détacher et flotter entre deux eaux © wissanu sirapatShutterstock

Dans le même article, Roland Jourdain, qui a participé deux fois à la course, va plus loin et fait remarquer le phénomène est nouveau dans l’Atlantique Sud par rapport à l’Atlantique Nord où il était courant et connu. Il l’explique par l’augmentation du trafic maritime entre l’Amérique et du Sud et l’Afrique, où il raconte avoir trouvé des bâches en plastique sur son chemin. Des plastiques que Thomas Ruyant raconte lui aussi avoir aperçu comme une couverture sur l’eau lors d’une mer d’huile le long des côtes du Portugal pendant une autre course il y a quelques années déjà. Un phénomène qui le préoccupe de plus en plus, affirme-t-il.

Quand la pollution est un danger

La piste des containers semble donc être corroborée par les marins du Vendée Globe. Elle dénote l’augmentation de la pollution des mers du globe par les pertes de chargements des porte-containers. Avec pour autre conséquence d’être une source de danger potentiel important pour les navigateurs.

Au-delà des exploits technologiques, physiques et psychologiques des marins d’exceptions comme Thomas Ruyant et ses confrères, le Vendée Globe aura aussi permis de pointer du doigt, encore une fois de plus, la propagation de la pollution des océans et du danger de plus en plus important qu’elle représente – au moins pour les hommes. À quand une course de ramassage de containers ?

Illustration bannière : Souffle du Nord – © Eric HOUDAS (CC BY-SA 4.0) via Wikimedia Commons
Pour vous c'est un clic, pour nous c'est beaucoup !
consoGlobe vous recommande aussi...



Découvrez tous mes conseils nutrition et diététique pour une alimentation plus saine au quotidien

1 commentaire Donnez votre avis
  1. Ouais… il me font doucement rigoler les « vendesglobiens » à parler d’écologie avec leur bateau en carbone bourré d’électronique… je serais curieux de connaitre l’impact sur l’écologie de la construction et la préparation de leurs bateaux et du coup… du Vendée globe dans son intégralité !

Moi aussi je donne mon avis