La Grande barrière de corail déclassée du ‘patrimoine en péril’

Rédigé par Hugo Quinton, le 16 Jul 2015, à 16 h 21 min

Dans un communiqué, l’ONG WWF salue la décision de l’Unesco qui invite fortement l’Australie à rendre des comptes réguliers sur sa politique de protection de la Grande barrière de corail.

 La Grande barrière de corail menacée depuis de nombreuses années

La Grande barrière de corail subit depuis de nombreuses années de nombreuses menaces environnementales. Les coraux souffrent de maladies dont les principales causes sont la pollution et le réchauffement climatique actuel. Plusieurs espèces de coraux de la Grande barrière vivent actuellement à leur limite supérieure de tolérance à la température, on l’a d’ailleurs remarqué lors des étés 1998 et 2002.

Sous l’effet des eaux qui restent trop chaudes pendant trop longtemps, les coraux expulsent leur zooxanthelles responsables de la photosynthèse et perdent leurs couleurs, exposant leurs squelettes blancs et meurent peu après.

Depuis le 1er juillet 2004, la pêche est interdite dans un tiers de la Grande barrière de corail. Auparavant, seul 4 % de la superficie était concernés par l’interdiction de pêche.

WWF, qui a plusieurs fois invité les autorités australiennes à plus de vigilance, est cette fois allée plus loin. En effet, l’Australie aura le devoir de fournir un premier rapport sur les actions mises en place et les progrès enregistrés en décembre 2016, puis tous les 12 mois pendant les 3 années qui suivront. Les ONG environnementales se sont déclarées satisfaites de la pression que l’Unesco maintient sur l’Australie dans ce dossier.

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560.000 kilomètres carrés de la mer de corail australienne, soit plus du double de la surface actuelle, seront mieux protégés désormais contre la pêche et le trafic maritime, a annoncé le gouvernement fédéral australien le dimanche 17 mai.

L’Australie regorge de matières premières, surtout du charbon, exporté principalement vers l’Asie. La Grande barrière de corail souffre essentiellement du changement climatique et de la détérioration de la qualité de ses eaux, liée en partie aux activités agricoles. Pour être plus précis, en trente ans, la Grande barrière de corail a perdu plus de la moitié de ses coraux.

En février dernier, WWF a lancé une campagne The Great Barrier Reef Under Threat, pour demander aux décideurs de défendre le site des destructions liées à l’industrialisation sauvage. Aujourd’hui, plus de 540.000 personnes ont signées la pétition.

En parallèle de cette pétition, WWF a diffusé une vidéo présentant la Grande barrière de corail à dos de tortue, ce qui nous prouve bien la nécessité de préserver le plus grand récif corallien du monde.

Le corail en danger : une annonce qui tombe à point

L’Unesco s’apprêtait le mois prochain à mettre la grande barrière de corail sur la liste des sites « en danger ». Ce serait une réelle cause d’embarras pour le gouvernement autraslien. Le ministre des infrastructures australien déclare à son sujet : « La mer de corail est l’un des écosystèmes marins les plus particuliers et non modifié. Il est de notre responsabilité de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour protéger l’une des plus grandes ressources naturelles. »

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Les mesures prises avaient été proposées par le gouvernement australien en 2014. L’Organisation Maritime Internationale les a acceptées début juillet à Londres. Les navires commerciaux empruntant les lignes les plus fréquentées dans la mer de corail seront désormais obligés de recourir à un « pilote de barrière ». A terme, certaines zones seront interdites de trafic.

La décision intervient notamment après un accident impliquant un navire chinois transportant du carbon, en 2010, qui avait alerté l’opinion publique internationale.

Depuis le 1er juillet, la Grande barrière de corail n’est cependant plus placée sur la liste du patrimoine en péril, décision prise lors d’une réunion de Bonn, en Allemagne, regroupant les représentants des 21 pays membres du Comité du patrimoine mondial de l’Unesco. La décision était pour le moins attendue à Canberra.

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Un revirement de situation qui prête au questionnement. Comment expliquer la décision de l’Unesco, qui s’est montré très critique en 2014 ?

L’année dernière encore, nous ne savions pas clairement si nous allions obtenir une réponse à l’échelle du problème de la part de l’Australie.
Fanny Douvere - Responsable du programme maritime au Centre du patrimoine mondial de l'Unesco

Le pays a su être persuasif, en présentant en mars 2015 un plan à long terme, qui promet de réduire de 80 % d’ici à 2025 la pollution de l’eau provenant des terres agricoles. L’investissement total pour la Grande barrière de corail devrait s’élever à 2 milliards de dollars. Une réponse jugée très sérieuse par les membres du Centre du patrimoine mondial de l’Unesco.

Malgré cette décision, Canberra restera sous la surveillance de l’Unesco et devra rendre son premier rapport le 1er décembre 2016 et présenter son bilan des actions réalisées en 2020.

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