Crustacés : une empreinte carbone très importante

Les émissions de CO2 induites par la pêche aux crustacés dépassent largement celles occasionnées par la pêche de poissons, nous apprend une nouvelle étude.

Rédigé par Anton Kunin, le 6 Apr 2018, à 11 h 40 min

L’engouement actuel pour les fruits de mer a un revers, préviennent les chercheurs. Leur pêche occasionne des émissions de gaz à effet de serre à des niveaux qu’on n’observe pas lors de la pêche aux poissons.

Fruits de mer : la demande a explosé depuis 1990

Crevettes, crabes, homards… : toutes ces créatures sont certes très bonnes pour les papilles raffinées, en revanche leur empreinte carbone est moins réjouissante. Il faut savoir que la demande mondiale pour les fruits de mer n’a cessé d’augmenter depuis le début des années 1990, au fur et à mesure que la classe moyenne émergeait et qu’un nombre croissant de consommateurs ont remplacé certaines portions de poisson dans leur assiette par des portions de crustacés.

fruits de mers et crustacés

Plateau de fruits de mer © Kitaeva Tatiana

Selon les calculs de sept chercheurs, qui ont publié les résultats de leurs travaux dans la revue Nature Climate Change, les crustacés ne comptent que pour 6 % de l’ensemble des produits aquatiques pêchés, en revanche les gaz à effet de serre que leur pêche occasionne représentent un cinquième de l’ensemble.

La demande mondiale évolue vers des aliments à forte intensité carbone

En 2011, la pêche a été responsable de la consommation de 40 milliards de litres de carburant et a généré 179 millions de tonnes de gaz à effet de serre, soit 4 % des gaz à effet de serre induits par la production alimentaire… qui est à son tour responsable d’un quart des émissions de CO2.

Les chercheurs notent aussi que le volume de gaz à effet de serre émis a augmenté de 28 % entre 1990 et 2011, alors même que la production alimentaire n’a augmenté que de 21 %. L’explication de ce phénomène est notamment à chercher dans le fait que notre consommation alimentaire a évolué, et la production de ces nouvelles denrées induisent une consommation plus importante de CO2. Cela se vérifie d’ailleurs avec les fruits de mer, puisque la flotte utilisée pour les pêcher en Asie du Sud-Est, leur région de culture, émet plus de CO2 que celle utilisée pour la pêche de poissons dans les pays développés.

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Illustration bannière : Homard – © Chuckstock
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Journaliste de formation, Anton écrit des articles sur le changement climatique, la pollution, les énergies, les transports, ainsi que sur les animaux et la...

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