Les Lindell, la famille qui divisa par 5 sa production de CO2 en 6 mois

Rédigé par Paul Boucher, le 27 Apr 2015, à 12 h 29 min

En 2010 trois entreprises suédoises – A-hus, créateur de maisons basse consommation, Vattenfall, producteur d’électricité, et l’entreprise automobile Volvo – lancent un défi : trouver une famille qui accepterait de diviser ses émissions de CO2 par cinq en moins d’un an. Ce « One Tonne Life Project » visait à passer des 7,3 tonnes de CO2 émises en un an par une famille suédoise moyenne, à 1,5 tonnes. Les Lindell, parents et enfants, ont relevé le défi, et montrent encore aujourd’hui que le changement est à portée de nos techniques et savoir-faire actuels.

La famille Lindell, des Européens comme vous et moi

Nils, 52 ans, consultant en management, bon vivant, amateur de voile et de ski. Sa femme, Alicia, 51 ans, directrice adjointe d’école maternelle, aimant la Zumba, la voile, la lecture, la déco, les voyages. Leur fille Hannah, 16 ans à l’époque, élève de terminale, qui aime lire, voir ses amis, cuisiner, faire du sport, et le fils, Jonathan, 13 ans, collégien, amateur de skateboard et de musique. Ils habitaient un pavillon classique des années 1970, 200 m2, chauffée par pompe de chaleur et possédaient deux voitures essence d’une dizaine d’années. Un mode de vie ordinaire donc,

La réduction des émissions de CO2 est à notre portée

lindell-reduire-production-co2-04

Pour arriver à relever le défi de diviser par 5 leurs émissions, deux approches interdépendantes ont été suivies : une technologie de pointe et un changement de style de vie. « Ce projet montrera », imaginait à l’époque Torbjörn Wahlbord, responsable chez Vattenfall, « en quoi consiste une vie sobre en énergie. Nous pensons, qu’avec une bonne technologie et un style de vie approprié, sans sacrifier à la qualité de vie, il est possible de réduire considérablement son impact carbone. La technologie existe déjà : ce n’est pas de la science-fiction ! » (1)

Chaque partenaire industriel devait donc fournir un élément clé pour le projet : une maison « passive », voire productrice d’énergie pour A-hus  ; une voiture entièrement électrique pour Volvo ; et pour Vattenfall, de l’électricité issue d’une source « verte », en l’occurrence de l’énergie hydraulique, abondante en Suède.

La technologie existe déjà : ce n’est pas de la science-fiction !
Torbjörn Wahlbord, responsable chez Vattenfall

Calculer son « empreinte carbone » pour mieux la réduire

lindell-reduire-production-co2-03Les partenaires de l’université technologique de Chalmers ont utilisé deux méthodes pour calculer l’empreinte carbone des Lindell : l’analyse de cycle de vie et l’analyse entrée-sortie. La première consiste à calculer les émissions de CO2 pour l’ensemble des produits consommés par la famille : nourriture, vêtements, chauffage, transport, etc. Par exemple, si vous mangez un kilo de viande rouge, on va calculer tout ce qui est entré dans la production de cette viande : le tracteur, la nourriture des animaux, etc.

Cependant, cette méthode ne couvre pas tout. Il y a aussi plein de petites activités annexes qu’il faut prendre en considération, par exemple le fait de se déplacer pour chercher le kilo de viande. Ça c’est l’analyse entrée-sortie. On a aussi calculé la durée de vie de certains objets et distribué l’émission sur plusieurs mois ou années, selon le produit : deux ans pour un vêtement, 15 ans pour une voiture, etc. Il faut aussi considérer que nous vivons dans une société qui consomme et qui produit, et donc notre indice d’émission est aussi fonction de l’ensemble de nos concitoyens. Ce n’est pas simple !

Page suivante : Changer son style, mais pas son niveau de vie : émissions de CO2 divisées par cinq

Pour vous c'est un clic, pour nous c'est beaucoup !
consoGlobe vous recommande aussi...



Professeur d’université à la retraite, Paul aime observer le monde moderne et ses évolutions. Il s’intéresse tout particulièrement à l’économie...

Aucun commentaire, soyez le premier à réagir ! Donnez votre avis

Moi aussi je donne mon avis