De peur que Trump ne les fasse taire, des scientifiques font fuiter leur rapport alarmant sur le climat

Aux États-Unis, des scientifiques viennent de divulguer leur rapport sur le climat, par peur que Donald Trump ne garde leurs conclusions secrètes.

Rédigé par Anton Kunin, le 9 Aug 2017, à 11 h 00 min

Des scientifiques issus de 13 agences gouvernementales américaines viennent de soumettre à Donald Trump leur rapport sur le climat, qui contredit la thèse du Président selon laquelle la contribution des activités humaines au changement climatique ne serait pas prouvée et que notre capacité à prédire l’évolution du climat serait limitée.

Le changement climatique est attribuable « à plus de 50 % » aux activités humaines

Le rapport officiel des États-Unis sur le climat a été publié sur une bibliothèque en ligne en janvier 2017, mais est resté inaperçu avant que le New York Times ne le republie. À en croire ce document, même si l’humanité cessait immédiatement d’émettre des gaz à effet de serre, la température moyenne sur la planète Terre augmenterait tout de même de 0,3 degré d’ici la fin du siècle. Et compte tenu des émissions réelles, cette hausse devrait s’établir à 2 degrés. Selon les auteurs du rapport, toute augmentation des températures, même faible, se traduit par des courants marins plus chauds, des tempêtes de plus grande intensité et une désintégration précipitée des coraux.

changement climatique

La fonte des glaces, une conséquence du changement climatique©Bernhard Staehli

Selon les auteurs du rapport, des avancées majeures se sont opérées dans notre compréhension du changement climatique depuis la dernière Évaluation nationale du climat en 2014. Il est aujourd’hui « extrêmement probable » que la hausse des températures observée depuis 1951 soit attribuée « à plus de 50 % » aux activités humaines.

Le rapport a peu de chances d’être accepté par l’Agence de protection de l’environnement

À la lecture de ce rapport, on apprend que les nuits fraîches sont devenues moins fréquentes aux États-Unis depuis 1960 et que le nombre des jours chauds dans l’année a augmenté. Il en a été de même pour l’intensité des vagues de chaleur. Quasiment tout le territoire américain est touché. D’ici la fin du siècle, les températures pourraient augmenter de 2,8 à 4,8 degrés, en fonction de l’intensité de la pollution.

L’Agence de protection de l’environnement doit maintenant donner son approbation (ou pas) à ce rapport avant le 18 août 2017. Scott Pruitt, son directeur climatosceptique, a déjà déclaré qu’il n’y avait pas de lien entre le niveau de CO2 dans l’atmosphère et le réchauffement climatique. Il est probable que l’administration Trump enterre le rapport, et c’est pourquoi les scientifiques l’ont volontairement fait « fuiter » avant sa divulgation officielle.

Illustration bannière : Trump – © Evan El-Amin Shutterstock
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Journaliste de formation, Anton écrit des articles sur le changement climatique, la pollution, les énergies, les transports, ainsi que sur les animaux et la...

1 commentaire Donnez votre avis
  1. Je rappelle qu’entre 2015 et 2016 c’est 1,2°C. Et cette année est aussi une année record comme toutes les autres qui vont suivre jusqu’en 2030! D’ici à disons 2025 nous vérons nos premiers ouragans! Les records de chaleur c’est pour le début car nous alons passer dans un climat subtropical, a priori comme selui que l’on a en floride actuèlement. La monter des eaux va faire disparaitre les climats continentaux. Il ne faut pas oublier que les EXPERTS qui chuchote à l’oreille DU FOU (qui ne sait pas lire ni écrire) FONT PARTIE DES RESPONSABLES. Et si je disait à un type qui ne comprend rien que l’on risque de prendre 0,2°C, mais stratégiquement c’est mieux que de dire qu’il n’y a rien, que ça n’èxiste pas.

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