Pollution : de nombreux enfants guyanais contaminés au plomb

Une étude parue mi janvier, a permis de réaliser l’ampleur de l’intoxication au plomb et au mercure des populations guyanaises et plus particulièrement les enfants. L’activité des orpailleurs est une des causes de ce problème sanitaire.

Rédigé par Maylis Choné, le 2 Feb 2018, à 11 h 45 min

L’étude publiée mi-janvier 2018 permet de mieux saisir l’ampleur du problème. De nombreux enfants guyanais sont atteints de saturnisme à cause de la présence de plomb dans leur environnement et leur alimentation. Alors que le orpailleurs ont profité de l’instabilité dans le département d’outre-Mer pour multiplier les sites d’or clandestins,va-t-on vers un scandale sanitaire ?

Des taux de plomb trop élevés chez les enfants guyanais

Ils ont moins de six ans et leur organisme présente des taux de plomb anormalement élevés. Rappelons avant tout que le seuil de saturnisme est atteint dès 50 µg par litre de sang. En Guyane, 14,4 % des enfants dépassent les 100 µg/L. Une étude menée par le Cire (Cellule interrégionale d’épidémiologie), intitulée Guyaplomb, a permis de suivre 600 enfants pendant deux ans, entre 2015 et 2017.

© kakteen

On connaît désormais l’ampleur du problème : « La proportion d’enfants en Guyane au-dessus de la norme est aux alentours de 20 % » explique le rapport. Une autre étude, menée par le Centre hospitalier de l’Ouest Guyanais (CHOG) en 2017 et concernant 531 femmes enceintes, révèle que 25 % d’entre elles ont une plombémie hors norme.

L’intoxication au mercure menace la santé publique

« Depuis plusieurs décennies, l’utilisation du mercure élémentaire dans les activités d’orpaillage, en Guyane, a entraîné une contamination importante et répétée de l’environnement » détaille la HAS (Haute autorité de santé) dans un document à destination du corps médical.

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En effet, le mercure se répand dans les rivières de la région du Haut Maroni, contamine les poissons consommés par les populations locales. Grâce à une étude épidémiologique menée sur 300 femmes enceintes et jeunes enfants, on sait que « 87 % des femmes présentent un risque au niveau foetal » – autrement dit l’enfant qu’elles portent peut présenter de graves malformations. Les enfants suivis sont contaminés à plus 5 µg/l – seuil à ne pas dépasser selon l’OMS.

Illustration bannière : L’orpaillage est l’une des causes de la contamination des enfants ©  kakteen
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