Pollution : L’UE va-t-elle interdire la quasi-totalité des micro-plastiques ?

On le sait bien à présent : le plastique est une véritable plaie pour l’environnement. L’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) propose d’imposer une restriction quasi-totale sur les micro-plastiques utilisés intentionnellement.

Rédigé par Paul Malo, le 31 Jan 2019, à 10 h 10 min

Une bonne nouvelle pour la nature : l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) propose d’imposer une restriction quasi-totale sur les micro-plastiques utilisés intentionnellement.

Micro-plastiques : 75.000 à 300.000 tonnes de déchets par an

Les micro-plastiques sont une véritable plaie pour l’environnement. Ces minuscules fragments d’un diamètre inférieur à 5 millimètres résistent à la biodégradation et se retrouvent dans la nature ou dans l’estomac des animaux. Raison de plus pour se réjouir du rapport publié mercredi 30 Janvier 2019 par l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA)(1).

Micro-plastiques en suspension dans la mer Méditerranée © Dirk Wahn

En effet, celle-ci préconise ni plus ni moins d’interdire la quasi-totalité des micro-plastiques utilisés intentionnellement dans de nombreux produits du quotidien. Ces micro-plastiques « intentionnels » sont en effet largement utilisés dans les engrais, les cosmétiques, les détergents, les peintures et même, le matériel médical.

« L’UE est la première à s’attaquer à tous les micro-plastiques intentionnellement ajoutés dans les produits, et pas seulement les micro-perles utilisées dans les cosmétiques », se réjouit Karmenu Vella, commissaire européen à l’Environnement, dans un communiqué. Si la majeure partie de ces micro-plastiques provient de la fragmentation de déchets plastiques, à commencer par les pneus, une part « non négligeable » provient de particules utilisées sciemment par différentes industries.

Ainsi, selon les estimations de la Commission, 75.000 à 300.000 tonnes de micro-plastiques se retrouvent dans la nature chaque année au sein de l’UE.

Une réduction des déchets de 85 à 95 %

Si « les effets potentiels sur la santé humaine ne sont toujours pas bien compris », selon l’agence, ces micro-déchets peuvent, du fait de leur taille, être « facilement ingérés et ainsi entrer dans la chaîne alimentaire ». Les restrictions proposées par l’ECHA permettraient de réduire le volume de micro-plastiques libérés dans l’environnement de l’Union d’ « environ 400.000 tonnes au cours des vingt prochaines années ». Soit l’équivalent d’environ 85 à 95 % de la diffusion de micro-plastiques ajoutés volontairement, si aucune restriction n’était mise en place.

© Orakunya

« La persistance et le potentiel d’effets néfastes ou de bioaccumulation des micro-plastiques sont préoccupants, souligne l’ECHA. Une fois libérés, ils peuvent être pratiquement impossibles à éliminer. Actuellement, il n’est pas possible de déterminer l’impact d’une telle exposition à long terme sur l’environnement ».

Reste maintenant à faire entrer cette proposition dans les faits. En effet, ce rapport, réalisé à la demande de la Commission européenne, ne constitue qu’une première étape vers un texte législatif qui devrait être publié au printemps 2020.

Illustration bannière : Micro-plastiques dans un récipient – © MikeDotta
Références :
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