L’eau virtuelle, entre paix et conflit

Rédigé par Elwina, le 2 Apr 2009, à 16 h 17 min

Le concept d’ “eau virtuelle” a fait son apparition dans les années 1990 pour évaluer l’eau employée pour la production de nourriture et de toutes sortes de biens. En effet, même si l’eau n’est plus présente dans les produits, elle a tout de même été utilisée pour leur fabrication.

Ce que représente l’eau virtuelle

eau virtuelleL’eau virtuelle s’exprime généralement en litres d’eau par kilo. Si le boeuf est l’un des produits contenant le plus d’eau virtuelle (15 487 l/kg), d’autres viandes sont moins consommatrices : un kilo de porc par exemple contient 4856 litres d’eau virtuelle, et le poulet 3918. Le fromage, quant à lui “pèse” 4914 litres d’eau au kilo.

  • 15 % environ de l’eau utilisée dans le monde sont exportés sous forme d’eau virtuelle.

La consommation par personne de l’eau virtuelle contenue dans notre alimentation varie selon le type de régime alimentaire. Ainsi, un régime de survie nécessite 1m3 d’eau par jour, contre 2,6m3/jour pour un régime végétarien et plus de 5m3 pour un régime carné de type américain…

Exemples de contenu en eau virtuelle de produits de consommation :

  • 10 litres= 1 feuille de papier A4
  • 30 litres= 1 tasse de thé
  • 50 litres= 1 orange
  • 140 litres= 1 tasse de café
  • 200 litres= 1 oeuf
  • 1000 litres= 1 litre de lait
  • 1500 litres= 1 kg de sucre de canne
  • 2700 litres= 1 tee-shirt en coton
  • 1 kg de boeuf   15 500 litres d’eau virtuelle
  • 1 kg de fromage   5 000 litres d’eau virtuelle
  • 1 kg de coton   5 260 litres d’eau virtuelle
  • 5 804 litres d’eau sont nécessaires pour cuisiner un simple “wonton” chinois.
  • 1 kg de poulet 3 900
  • 1 chandail de coton 2 700

Ces chiffres sont surprenants, surtout dans un contexte où la crise alimentaire sévit dans les pays les plus pauvres.

eau virtuelle dans le mondeSachant que le contrôle de l’or bleu est lié à de nombreux conflits armés, la géopolitique de l’eau n’a rien à envier à celle de l’or noir. En effet, les besoins toujours croissants en eau font de son accès un enjeu économique et politique.

La vallée du Jourdain, par exemple, est une des zones hydro-conflictuelles du Moyen-Orient constatées par François Boëdec, enseignant à la Faculté des Sciences sociales et économiques (FASSE) de l’Institut catholique de Paris.

Une deuxième source de conflit concerne les vallées du Tigre et de l’Euphrate (Turquie-Syrie-Irak) et une troisième le bassin du Nil (Egypte-Ethiopie-Soudan).

  • Le plateau tibétain est une impressionnante réserve hydraulique. Le Fleuve jaune, le Yang Tsé, le Mékong, l’Indus et le Brahmapoutre y prennent leur source.

Trois milliards de personnes et l’équilibre écologique de leur milieu dépendent de ce réservoir d’eau. Ils dépendent du pouvoir politique chinois. Or, Pékin envisage d’ici 2020 de réaliser 15 % de sa consommation énergétique grâce aux énergies renouvelables dont l’hydro-électricité

Contrôler les régimes alimentaires, en particulier dans les pays développés, contribuerait à utiliser les ressources disponibles de manière plus judicieuse.

Avec le commerce des cultures vivrières ou de toute autre marchandise, il existe un flux virtuel de l’eau entre les pays producteurs et exportateurs et les pays qui consomment et importent ces marchandises.

Un pays confronté à des pénuries d’eau va plutôt importer des marchandises dont la production requiert beaucoup d’eau au lieu de produire ces marchandises à l’intérieur de ses frontières.

L’opération se traduit par de véritables économies d’eau, elle permet au pays non seulement d’atténuer la pression sur ses ressources en eau, mais également d’épargner ses ressources disponibles en vue de les utiliser à d’autres fins.

Par ailleurs, sur le plan international, le commerce de l’eau virtuelle a des implications géopolitiques : il provoque des dépendances entres les pays. Le commerce de l’eau virtuelle peut être considéré, donc, soit comme un stimulant en faveur de la coopération et de la paix, soit comme la raison d’un conflit potentiel…

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1 commentaire Donnez votre avis
  1. Bonjour,

    Je voudrais vous faire part de la parution d’une application pour IPhone que j’ai développée sur le concept d’eau virtuelle et d’empreinte en eau.

    WaterAflamed est une application pour IPhone permettant à chacun de mesurer son empreinte en eau.  

    On s’apercevra que l’Européen moyen a un niveau de vie qui requiert environ 2 millions de litres d’eau par an et que les secteurs les plus gourmands ne sont pas toujours les plus évidents !

    30% du prix de vente sera reversé à des ONG œuvrant pour l’accès à l’eau potable dans le monde.

    La première version anglophone inclue les données scientifiques de 12 pays réparties sur les domaine industriels, agriculture et domestiques. D’autres versions suivront avec les publications.
    Les données proviennent essentiellement du Water Footprint Network mené par le professeur Hoekstra (http://waterfootprintnetwork.org)

    L’utilisateur rentre sa consommation hebdomadaire puis visualise sur un graphique et/ou en détail son emprunte par secteur ou article. Chaque article possède une fiche d’information expliquant le calcul ou apportant des conseils pour réduire son impact écologique.

    Pour télécharger WaterAflamed ou  voir des copies d’écran:
    http://itunes.apple.com/fr/app/water-aflamed-water-footprint/id408976536?mt=8

    Cordialement,

    Cyril Jarnot

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