Le diesel retarde le développement des foetus

Quelques jours après le rapport accablant sur les taux d’émissions de polluants par les véhicules diesel, une étude franco-néerlandaise montrent que les nano-particules de diesel ralentissent la grossesse des mammifères et modifient le métabolisme des femelles sur plusieurs générations.

Rédigé par Valérie Dewerte, le 3 Aug 2016, à 12 h 45 min

Cette étude de l’INRA, menée conjointement avec des scientifiques néerlandais, pourrait faire du bruit si… nous n’étions pas en plein été. Comme ce n’est pas un hasard si le rapport commandé par Ségolène Royal sur le contrôle des émissions des moteurs diesel a été publié vendredi 29 juillet : pour passer inaperçu.

Les effets des nano-particules du diesel sur la

L’étude dont il est question ici a été publiée dans une revue scientifique de référence(1). Elle devrait donc faire autorité. Elle révèle que des lapines attendant des lapereaux, exposées deux heures par jour, pendant quasiment toute la gestation (25 jours sur 31), à de l’air vicié provenant de moteurs diesel équipés de filtres à particules, avaient des placentas nettement moins développés et vascularisés que ceux des lapines du groupe test.

Plus inquiétant encore : les nano-particules de diesel, qui ne sont pas stoppées par les filtres à particules des automobiles, même celles obéissant à la toute récente norme Euro 6, se retrouvaient dans le sang des lapereaux. Autrement dit, la légende de la protection de la barrière placentaire s’effondre. Les mères lapines (dont le métabolisme et la grossesse est très proche de ceux d’un autre mammifère qui nous préoccupe, l’homme) transmettent malgré elles les nano-particules qu’elles ont respirées.

Nano-particules de diesel : pas de réglementation

Les lapereaux nés de mères exposées à l’air pollué ont des tours de tête de 4 % inférieurs aux lapereaux nés de mères non-exposées. Mais surtout, ils connaissent une croissance différente pendant la gestation, ralentie au milieu, accélérée à la fin. D’autre part, les lapereaux femelles, qui une fois adultes, donnent à leur tour naissance, connaissent des gestations légèrement différentes par rapport à la norme, notamment en matière d’échanges d’acides gras avec leurs bébés.

Le problème soulevé ici, c’est que les nano-particules ne font l’objet d’aucune réglementation, faute de moyen connu pour les arrêter.

Photo de bannière : Le diesel, dangereux pour développement du foetus © Roman Sorkin – Shutterstock
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