Cosmétiques : l’Europe recule sur les substances dangereuses
Les substances classées CMR interdites dans les produits cosmétiques commercialisés dans l’Union Européenne ne sont pas prêtes de disparaître.

Le Parlement européen vient de voter un allongement des délais accordés aux industriels pour retirer les substances dangereuses du marché des cosmétiques après leur interdiction.
Des délais allongés
Le mercredi 29 avril, le Parlement européen a adopté le projet « Omnibus VI » visant à assouplir la réglementation sur les produits chimiques. Cette initiative, portée par la Commission européenne, vise à simplifier les démarches administratives pour les entreprises. Elle va également leur accorder davantage de temps pour retirer de la vente les cosmétiques contenant des substances jugées dangereuses.
Concrètement, le texte qui vient d’être voté prolonge significativement les délais accordés aux industriels. Alors qu’ils disposent actuellement de 18 mois pour reformuler leurs produits ou retirer une substance classée CMR (cancérogène, mutagène ou toxique pour la reproduction), le nouveau délai est fixé à environ deux ans et demi. Qui plus est avec la possibilité d’obtenir des dérogations pouvant aller de 30 à 75 mois.
À l’avantage de la parfumerie
Une autre disposition prévoyait initialement d’autoriser la présence de substances cancérogènes en fonction de leur mode d’application (que ce soit par voie orale ou par inhalation) pour les produits nécessitant une application cutanée. Cette mesure a toutefois été abandonnée en raison de la forte opposition des eurodéputés, qui ont tout de même maintenu certaines restrictions d’usage.
Les partisans de cet assouplissement défendent les intérêts économiques des entreprises. Ils soulignent les difficultés et les inquiétudes de l’industrie, notamment dans le secteur de la parfumerie, face à la classification potentielle de certains ingrédients couramment utilisés, tels que le paracymène ou l’acétophénone, ainsi que la lourdeur des procédures pour obtenir des dérogations.
Les ONG vent debout
En revanche, cette décision suscite une vive opposition de la part des ONG et de certains élus. À leurs yeux, faire passer l’argument économique avant la santé des citoyens est tout simplement inacceptable. Et ce d’autant plus que le processus de classification des substances par l’Union européenne prend déjà plusieurs années en amont.
Le texte adopté doit désormais faire l’objet de négociations entre les différentes institutions européennes avant de revenir devant le Parlement et le Conseil pour une validation définitive. De leur côté, les ONG continuent de dénoncer ce qu’elles considèrent comme une dérégulation excessive, qui revient à sacrifier la santé et la sécurité des consommateurs au profit exclusif de l’industrie cosmétique.
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