Coronavirus : on va manquer de bras pour assurer les récoltes

En l’absence de saisonniers venus de l’étranger pour participer aux récoltes, le monde agricole réfléchit à faire appel aux demandeurs d’emploi, aux salariés en chômage partiel et même aux étudiants.

Rédigé par Paul Malo, le 23 Mar 2020, à 10 h 10 min

Conséquence directe de l’épidémie en cours : le manque de main-d’oeuvre saisonnière pour récolter fruits et légumes.

Pas de main d’oeuvre venue de l’étranger cette année !

Comment faire pour assurer les récoltes quand on ne dispose de personne, ou presque, pour les effectuer ? Du fait de la fermeture des frontières et du confinement entraîné par l’épidémie de coronavirus, c’est en effet toute l’Europe agricole qui manque de bras pour récolter fruits et légumes.

récoltes main d'oeuvre

C’est bientôt la saison des fraises… Mais qui va les ramasser ? © Julia Zavalishina

Espagne, Portugal, Pologne, Afrique… D’ordinaire, sur les 70.000 à 80.000 personnes que la main d’oeuvre saisonnière représente, de mars à mai, un bon quart vient en effet de l’étranger. Or, comme le signale la FNSEA (Fédération Nationale des Syndicats d’Exploitants Agricoles), aucun saisonnier étranger ne pourra cette fois rejoindre l’Hexagone, coronavirus et confinement obligent.

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Assouplir les règles en France

Conséquence directe : l’agriculture manque de bras, ce qui fait planer une véritable menace sur la récolte d’asperges, de fraises, d’endives, de tomates. L’alimentation constituant une priorité absolue, la FNSEA estime que cela pourrait justifier des demandes d’assouplissements administratifs afin de trouver de la main d’oeuvre pour le secteur agricole et éviter une future pénurie alimentaire.

À qui faire appel ? Selon la commission Emploi de la FNSEA, à situation exceptionnelle, mobilisation exceptionnelle : il serait envisagé de faire appel aux demandeurs d’emploi, aux salariés en chômage partiel et même à la main d’oeuvre étudiante pour assurer les récoltes. La fédération agricole attend des réponses ministérielles d’ici au 24 mars prochain, notamment quant à l’assouplissement de la durée maximale du travail à 60 heures par semaine ou à la  défiscalisation des heures supplémentaires.

Certaines collectes de lait sont déjà perturbées © Photoagriculture / Shutterstock

Des denrées vont être perdues

Certains agriculteurs éprouvent d’ailleurs déjà des difficultés à écouler leurs produits. C’est déjà le cas du lait par exemple qui avec la fermeture des cantines et restaurants d’entreprises voit la demande réduite.

En sera-t-il de même pour les fraises, les asperges ou encore les cerises dont les récoltes risquent d’être précoces cette année ?

Illustration bannière : La saison des asperges va commencer – © barmalini

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