Qui sont les consommateurs responsables lecteurs de consoGlobe.com ?

Comment interagissent les consommateurs responsables ? Quelle est leur utilisation des réseaux sociaux ? Marie Haikel-Elsabeh est enseignante-chercheuse à l’École de Management Léonard de Vinci, à Paris, où elle est responsable du MBA en Digital Marketing Strategy. Dans ce cadre, elle a réalisé, en partenariat avec consoGlobe.com, une étude sur la consommation alimentaire responsable et les nouveaux consommateurs.

Rédigé par Stephen Boucher, le 19 Sep 2016, à 18 h 24 min

Vous avez été nombreux dans la communauté consoGlobe.com à participer et à répondre au questionnaire. Cette étude apporte un éclairage nouveau sur votre consommation alimentaire éco-responsable. La responsable de l’étude, Marie Haikel-Elsabeh, remercie les lecteurs de consoGlobe.com et précise : « nous avons réalisé une étude portant sur les profils de consommateurs responsables et comment ils réussissent à influencer les autres » en contribuant sur les réseaux sociaux.

Le consommateur responsable, un prescripteur du vivre-ensemble

Le consommateur responsable, consomme pour lui, mais aussi et surtout pour les autres. Votre vision de la consommation responsable est liée au vivre-ensemble, et à un ensemble de démarches pour préserver la planète, ces gestes du quotidien, contribuent à votre échelle à changer les mentalités :

Oui, je pense être une consommatrice responsable parce que d’abord j’ai conscience de l’impact de ma consommation sur la dégradation de la nature et la pollution et aussi des enjeux économiques qui en découlent, par exemple aider les agriculteurs plutôt que des actionnaires des multinationales. Cela signifie donc premièrement en prendre conscience, se renseigner sur les pollutions et dérives économiques pour faire des choix concrets et positifs.

On n’agit vraiment qu’en sachant le mal à éviter et le processus. Donc j’agis en achetant bio à 100 % pour commencer, ensuite en circuits courts AMAP bio à coté de chez moi, achat en magasin d’entrepôt bio, et je suis devenue végétarienne en glissant vers le végétalien. Bien sûr, tout mon mode de vie est revu, je marche dès que je le peux […], et surtout étant contre le nucléaire j’utilise très peu l’électricité, j’essaie de faire du covoiturage quand c’est possible et j’éduque mon fils à tout cela en lui expliquant pourquoi et les enjeux et réponds avec patience aux questions de mes proches sur mon mode de vie.

Le rôle de Facebook

La consommation responsable passe donc par une transmission de l’information et une sensibilisation de votre entourage. Au quotidien, vous sensibilisez et influencez vos proches, vos amis, et votre famille, hors ligne mais aussi en ligne en utilisant activement les réseaux sociaux comme Facebook pour partager de l’information : « sur Facebook uniquement, je suis abonnée à plusieurs pages qui publient des articles sur ce sujet, et quand les sujets sont pertinents je partage de l’information pour qu’elle soit visible dans mon réseau d’amis Facebook ».

Le réseau social Facebook est donc pour vous un important outil de sensibilisation qui vous permet de partager vos idées de recettes avec des produits bio et équitables, des informations sur les bons produits, sur l’agriculture écoresponsable, sur les AMAPs, etc. Vous partagez avec votre cercle le plus proche, de l’information sur une grande diversité de sujets.

Comment s’opère la diffusion des pratiques au travers des réseaux sociaux numériques

Un deuxième cercle, beaucoup plus large, est important pour vous. Il s’agit du public déjà sensibilisé, dont vous faites partie sur les réseaux sociaux : « Je suis membre de groupes Facebook sur l’alimentation végétarienne et végétalienne, je participe en répondant parfois à des questions ou en en posant. Je ne poste pas beaucoup de recettes. Pour le reste, je suis impliquée dans des circuits courts mais pas en ligne. »

réseaux sociaux consommation responsable

Votre partage d’information met en avant une expertise éclairée qui s’appuie sur votre propre pratique, vos achats alimentaires, une connaissance des bons produits.

Ceux qui participent, diffusent de l’information, et créent des contenus sur plusieurs réseaux sociaux sont les plus actifs et ont souvent une activité sur les réseaux sociaux en lien avec leur association, ou leurs groupes de discussion : « J’administre une page Facebook pour l’AMAP dont je suis référente. Je poste des infos pratiques et des idées de recettes pour les AMAPiens. Je sensibilise les non-adhérents qui suivent la page. Je partage les post des pages que j’aime en tant qu’AMAP »

Votre opinion : c’est aux citoyens de faire changer les choses

« Oui ! Je publie des photos sur Instagram et Facebook afin de sensibiliser mes amis et leur prouver que cela ne coûte pas plus cher de bien manger. Qu’il est important de soutenir l’agriculture française car elle nous est vitale ! Le monde agricole est en crise depuis des lustres et le gouvernement ne fait pas grand chose pour lui venir en aide ! […] L’État ne veut pas aider les agriculteurs ? OK, pas de problème, moi je ne mets plus les pieds dans les grandes surfaces et à partir de ce jour, je ne me nourris que de produits issus de ma région ! Je veux vraiment faire prendre conscience aux gens qu’il faut arrêter de se reposer sans cesse sur les politiciens. C’est par ces petits gestes que nous pouvons faire changer les choses ».

Pour les personnes les plus impliquées sur les réseaux sociaux, il est essentiel que ce soient les citoyens qui informent et qui fassent changer les lignes : « Oui, les gens découvrent qu’on peut s’alimenter autrement, certains critiquent ce mode de consommation mais j’estime qu’ils ont le droit d’avoir leur propre avis. Les consciences ne s’ouvrent que très lentement en suivant la route qu’on trace pour eux, pas facile d’être celui qui ouvre la route ! »

Ou encore : « C’est en montrant l’exemple qu’on attise la curiosité de nos proches et qu’ils s’intéressent à notre manière de consommer ».

C’est en utilisant activement les réseaux sociaux au travers du partage d’information déjà existante, l’écriture de posts sur des blogs ou des réseaux sociaux comme Facebook, et surtout en répondant à des questions spécifiques, que les consommateurs responsables réussissent à motiver et à sensibiliser les autres.

Les consommateurs responsables qui, comme vous, s’impliquent sur les réseaux sociaux, cherchent à le faire pour informer les autres, apporter une réflexion sur leurs propres pratiques écoresponsables, et sur leurs propres convictions sociales et politiques. Il s’agit pour vous, non seulement de sensibiliser vos proches, mais aussi un public plus large par rapport à un mode d’être, de bien-être, un mode de pensée, et surtout, une vision de la société et de son évolution.

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Actuellement Directeur général de consoGlobe et plus spécifiquement Directeur de la rédaction, Stephen Boucher est anciennement directeur de programme à...

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