La consommation locale fait son trou

Rédigé par Flor, le 19 Feb 2014, à 9 h 46 min

Une des facettes de la nouvelle consommation, outre sa dimension collaborative ou respectueuse de l’environnement, est son tropisme local. De plus en plus de consommateurs sont attentifs à l’origine des produits et en France, la tendance se confirme nettement : la consommation locale s’installe durablement.

Les Français et la consommation locale en 2014

consommation localeSelon un sondage Ipsos de janvier 2014, 50 % des Français ressentent « souvent » le sentiment de ne plus trop savoir ce qu’ils mangent.

  • Les consommateurs français accordent désormais autant d’importance au label agriculture bio  (8 %) qu’au « made in France » (7 %).

47 % ont le sentiment qu’il est difficile de se procurer des produits alimentaires sur lesquels ils se sentent entièrement rassurés.

  • Plus d’un tiers des consommateurs avoue aller plus qu’avant chercher des informations sur internet sur des produits alimentaires avant de les acheter (39 %).
  • *Près de 8 Français sur 10 disent chercher plus qu’il y a 5 ans à connaître l’origine d’un produit alimentaire avant de l’acheter (77 %). 34 % affirment même le faire « beaucoup plus souvent »

La recherche de produits locaux ET bio

consommation locale81 % ont aussi de plus en plus tendance à privilégier l’achat de produits alimentaires « made in France » (35 % le font même « beaucoup plus souvent »).

Le circuit-court rassure

D’ailleurs, l’origine et la proximité géographique du produit sont les critères qui les rassurent le plus. Ils citent d’abord le fait qu’il soit directement vendu par le producteur (23 %), devant l’existence de labels et d’appellations officiels (16 %).

 

Manger local : une demande du consommateur 

Des études empiriques sur le comportement d’achat révèlent un grand intérêt pour les denrées alimentaires locales. Au Royaume-Uni, 70 % des habitants préfèrent acheter local, près de 50 % veulent acheter plus de produits locaux à l’avenir. D’après le Natural Marketing Institute, 71 % des consommateurs français et 47 % des consommateurs espagnols et britanniques affirment qu’acheter local est important.

L’enquête Eurostat 2007 souligne des différences significatives entre les pays de l’UE quant à l’essor de la vente directe. 15 % des exploitations vendent plus de 50 % de leur production directement aux consommateurs. Le pourcentage des exploitations de ce type est compris entre près de 25 % en Grèce et à peine 0,1 % en Espagne. Les petites exploitations sont plus représentées dans les circuits courts alimentaires.

En France, le dernier recensement agricole (2010) a été analysé en 2012 par Agreste. On apprend qu’un producteur sur cinq vend une partie de sa production en circuit court. En terme de chiffres d’affaires, la vente à la ferme est la pratique la plus porteuse. Les producteurs de légumes et de miel sont les plus engagés dans ce type de distribution (les produits animaux, plus contraignants en terme de transformation et de conservation, sont plus rarement commercialisés en circuits courts). On saisit aussi de fortes disparités régionales. Les régions productrices, où beaucoup d’exploitants sont présents sur un produit, assurent traditionnellement une commercialisation en filière longue. Tous produits confondus, c’est assez logiquement dans les îles, en Corse et dans les départements d’Outre-Mer, que cette commercialisation est la plus ancrée.*

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Rêvant de voyages aux quatre coins du monde, je me consacre actuellement à l'alimentation et aux sciences sociales. Je m'intéresse en particulier aux...

2 commentaires Donnez votre avis
  1. Le printemps est l’occasion de visiter les exploitations agricoles et partir à la rencontre des producteurs pour comprendre leur métier. Plusieurs initiatives à souligner en avril et mai 2015 :
    RÉSEAU BIENVENUE A LA FERME : « Printemps à la ferme » les 18 et 19 avril
    RÉSEAU CIVAM : « De ferme en ferme » les 25 et 26 avril
    RÉSEAU LA RUCHE QUI DIT OUI : « Portes Ouvertes » du 18 au 25 mai
    Tous les détails sur http://www.drive-fermiers.fr/programme-danimations-dans-les-circuits-courts/

  2. C’est une bonne nouvelle que les gens prennent conscience petit à petit de l’intérêt de consommer local !

    Pour l’alimentation, cela reste assez aisé, même dans nos supermarchés (notamment pour les fruits et légumes).
    Par contre pour les produits manufacturés c’est souvent un véritable défi de se procurer des produits made in France dans certains secteurs (notamment le textile).

    Certaines initiatives commencent à émerger (le 1er moteur de recherche du made in France prefrance.fr et son équivalent dans le genre annuaire le-bottin-du-mif.fr/) et lèvent petit à petit certains obstacles. L’ère du numérique a parfois du bon 🙂

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