Aide à la personne : le ‘congé proche aidant’ indemnisé entre en vigueur

C’est le 1er octobre 2020 qu’entre en vigueur le congé proche aidant. Les personnes qui accompagnent au quotidien un proche dépendant pourront s’arrêter de travailler et toucher une allocation.

Rédigé par Anton Kunin, le 30 Sep 2020, à 11 h 47 min

Que vous soyez salarié ou demandeur d’emploi, si vous vous occupez d’un proche dépendant, vous avez désormais le droit de prendre un « congé proche aidant », pour une indemnisation allant de 43 à 52 euros par jour.

Un congé indemnisé d’un an maximum pour les aidants familiaux

Aujourd’hui en France, entre 8 et 11 millions de personnes accompagnent au quotidien un proche dépendant, soit en raison de son âge, soit en raison d’un handicap.
Parmi ces aidants, près de 47 % exercent un emploi. Afin de leur permettre de s’occuper pleinement de leur proche, lorsqu’ils n’arrivent pas à concilier ce rôle d’aidant avec leur emploi, ou bien s’ils souhaitent se consacrer entièrement à l’assistance à cette personne tout simplement, les pouvoirs publics ont créé un « congé proche aidant ».

À compter du 1er octobre 2020, les aidants pourront s’arrêter de travailler pendant 3 mois, voire plus. (Toujours est-il que sur l’ensemble de la carrière, la durée d’un congé proche aidant ne peut pas dépasser un an).
Pendant ce congé ils seront indemnisés à hauteur de 43,83 euros par jour pour les personnes vivant en couple et 52,08 euros par jour pour une personne seule.

Au sens de la loi, est considéré comme aidant celui qui aide au quotidien une personne en perte d’autonomie d’une particulière gravité ou présentant un handicap. La personne aidée peut être soit :

  • la personne avec qui l’aidant vit en couple,
  • son ascendant,
  • son descendant,
  • l’enfant dont il assume la charge (au sens des prestations familiales) ou son collatéral jusqu’au 4e degré (frère, soeur, tante, oncle, cousin(e) germain(e), neveu, nièce…),
  • l’ascendant, le descendant ou le collatéral jusqu’au 4e degré de la personne avec laquelle le salarié vit en couple,
  • une personne âgée ou handicapée avec laquelle il réside ou avec laquelle il entretient des liens étroits et stables, à qui il vient en aide de manière régulière et fréquente.

À noter que l’aidant doit intervenir à titre non professionnel.

Lire aussi : Fait-on assez pour rendre les lieux publics accessibles aux personnes en situation de handicap ?

Être aidant, c’est gagner moins mais avoir davantage de dépenses

Si la France a fait le choix d’indemniser les proches aidants, c’est parce que ce rôle rime souvent avec précarité (passage au travail à temps partiel pour avoir le temps de s’occuper de son proche).

Selon une enquête réalisée par Opinionway pour le compte de Carac, une mutuelle d’épargne indépendante, auprès de 1.022 aidants familiaux âgés de 40 à 75 ans, les aidants consacrent 16 heures par semaine en moyenne à l’accompagnement de leur proche dépendant(1).
75 % des aidants déclarent que leur mission a un impact sur leur vie professionnelle.

congé proche aidant

83 % des actifs aidants adaptent leur temps de travail pour pouvoir exercer leur rôle d’aidant © Halfpoint

Être proche aidant implique en plus des dépenses. Selon la même enquête, 66 % des aidants familiaux prennent en charge financièrement des frais à hauteur de 2.049 euros par an en moyenne. Ces aidants qui prennent en charge des frais dépensent :

  • 458 euros par an en moyenne en frais de transport,
  • 552 euros par an pour l’achat de matériel (lit médicalisé, fauteuil de confort, chaise percée…),
  • 843 euros par an pour l’aménagement du domicile de la personne aidée,
  • 339 euros par an en reste à charge en médicaments et pour l’achat de produits médicaux non remboursés
  • 1.303 euros par an pour le paiement d’une aide professionnelle (aide ménagère, auxiliaire de vie…)

À noter que seuls 2 aidants sur 10 déclarent s’être préparés financièrement à l’avance pour assurer leur mission d’aidant.

Illustration bannière : En France, 11 millions de personnes sont considérées comme aidant familial d’une personne âgée, en majorité des femmes © TierneyMJ
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Journaliste de formation, Anton écrit des articles sur le changement climatique, la pollution, les énergies, les transports, ainsi que sur les animaux et la...

2 commentaires Donnez votre avis
  1. Depuis 20 ans je m’occupe à plein temps de ma mère âgée et lourdement handicapée, ce qui me préoccupe ce ne sont pas les congés mais plutôt ma retraite qui devrait s’élever entre 225 € (à 62 ans) et 701 € (à 67 ans)autrement dit moins que le minimum vieillesse. En résumé une personne qui n’a jamais cotisée à une caisse de retraite pourra toucher plus que moi dès 65 ans. Même si j’aurais droit à une compensation du minimum vieillesse je trouve ce système injuste et aberrant pour ne pas dire révoltant.

  2. Enfin une bonne nouvelle . Merci Anton Kunin pour l’article .

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