Si les humains vivaient comme des chauves-souris…

Les chauves-souris sont des mammifères vraiment étonnants tant dans leur fonctionnement que dans leurs capacités d’adaptation. Des millions d’années d’évolution dans des écosystèmes divers et variés les ont amenés jusqu’à nos jours… avec des particularités plutôt originales dans leur besace. Et si nous avions dû faire ce que les chauves-souris ont fait pour nous adapter ?

Rédigé par Julien Hoffmann, le 31 Jul 2020, à 18 h 00 min

Des gueules parfois assez effrayantes, une mythologie fournie qui nous laisse beaucoup d’a priori, des poids allant de 2 g à 1,1 kg, mais surtout une batterie de compétences incroyables… Voici les chauves-souris, les seuls mammifères à pouvoir vraiment voler ! Mais posons-nous surtout la question ici de savoir si nous serions capables de faire ce qu’elles ont fait…

Si nous vivions comme elles :

Nous ne serions pas affectés par les effets de l’alcool

Les capacités de vols des Chiroptères n’ont d’égal que leur capacité à utiliser l’écholocation (une forme de radar intégré) pour trouver leurs proies ou définir leur environnement.

Mais quand on pense aux chauves-souris frugivores à qui il peut arriver de consommer des fruits fermentés contenant donc de l’éthanol, parle-t-on de chauves-souris « chauffardes » dans les airs ?

Voici une colonie de Artibeus jamaicensis qui ne craint pas l’alcoolisme © Melinda Fawver

Pas du tout… C’est le résultat d’une expérience sur espèces de chauves-souris frugivores. Ni le vol ni l’écholocation des animaux ne semblent affectés, mais le taux d’alcool dans le sang varie tout de même entre les espèces.

Nous n’aurions pas le problème de la pollution des pailles plastiques

Certaines chauves-souris se nourrissent non pas de fruits, de moustiques ou de sang, mais tout simplement de nectar. Encore que l’expression « tout simplement » n’est peut-être pas la plus pertinente dans ce cas précis.

En effet, à force de chercher du nectar dans les fleurs, une certaine espèce de chauve-souris (Lonchophylla robusta) a transformé sa langue en une sorte de paille lui permettant de passer du lapement à la succion. Une évolution totalement unique dans le monde animal !

Voir des chauves-souris s’essayer à jouer aux colibris à quelque chose d’un peu magique !

Lire aussi : Les chauves-souris vampires, des suceuses de sang, oui… mais altruistes

Nous pratiquerions fellation et cunnilingus

Au moins deux espèces de chauves-souris pratiquent régulièrement cunnilingus et fellation de manière séparée ou en même temps, ce qui n’est pas chose si courante dans le règne animal. « Normal, elles vivent à l’endroit et à l’envers », a-t-on entendu comme explication dans les couloirs de la rédaction… mais revenons à nos chauves-souris.

Car s’il est complexe, en l’état actuel de nos connaissances, de savoir exactement pourquoi ces espèces ont de telles pratiques, il semblerait cependant que cela permette aux mâles de prolonger l’acte sexuel de deux secondes en moyenne. Cela semble court, mais sur un acte qui dure habituellement entre 10 et 20 secondes, c’est long !

Un ‘renard volant’ frugivore… © Erik Zandboer

Le pourquoi du comment les femelles pratiqueraient la fellation est un mystère qui n’est pas encore élucidé.

Nous utiliserions les feuilles pour mieux chasser

Les chauves-souris sont équipées d’un système d’écholocation qui leur permet de détecter leurs proies par ondes sonores souvent totalement inaudibles pour l’être humain.

Le souci pour les chauves-souris, c’est qu’un très grand nombre d’espèces s’est en réalité adapté à ce type de chasse sonore en développant des batteries de défenses parfois impressionnantes. Comme par exemple le papillon Actias luna dont la forme des ailes reflète les sons de manière chaotique pour les chauves-souris.

Les chauves-souris ont à leur tour développé de nouvelles armes pour contrer ces adaptations à leurs armes initiales (on voit bien le cheminement sans fin de l’armement…) et en particulier contre les insectes qui se dissimulent sur les feuilles. Ceux-ci pensent passer inaperçus lors des balayages en écholocation, mais ils ont trouvé fort à faire avec une espèce de chauve-souris (Micronycteris microtis) qui utilise désormais la réflexion même de la feuille pour savoir si un insecte s’y trouve. Pour cela, l’animal réalise une écholocation entre 42 et 78 degrés ce qui lui permet de détecter plus de 80 % des insectes qui se croyaient dissimulés !

Illustration bannière : Les chauves-souris buveuses de sang ne sont pas particulièrement esthétiques, mais qu’elles sont intelligentes ! © belizar
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