Chasse à la marmotte en Savoie : ‘au lieu de les chasser, on ferait mieux de les protéger’

La chasse à la marmotte, autorisée en Savoie, soulève des controverses. Si cette pratique est défendue par certains comme une nécessité face aux dégâts causés par l’animal, d’autres y voient un acte anachronique et dénoncent un manque de données sur son véritable impact.

Rédigé par Anton Kunin, le 19 Oct 2023, à 10 h 15 min
Chasse à la marmotte en Savoie : ‘au lieu de les chasser, on ferait mieux de les protéger’
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Six ONG se mobilisent pour faire suspendre l’arrêté préfectoral autorisant la chasse de la marmotte, arguant de l’impact sur la faune et remettant en question la justification des dégâts causés à l’agriculture.

Le dilemme de la chasse aux marmottes en Savoie

Depuis le 10 septembre et ce jusqu’au 11 novembre 2023, la marmotte est une cible en Savoie. Une autorisation renouvelée par la préfecture, malgré la vive opposition de diverses organisations. En effet, en 2022, plus d’un millier de ces rongeurs ont été tués sur le territoire français, dont 423 en Savoie. Un chiffre alarmant, d’autant plus que la marmotte est inscrite à l’annexe III de la Convention de Berne, visant à protéger la vie sauvage européenne.

Toutefois, cette chasse est justifiée par les autorités en raison des nuisances causées aux agriculteurs. Les marmottes, en creusant leurs terriers, peuvent blesser le bétail, endommager l’équipement agricole et perturber les systèmes d’irrigation. Mais pour Pauline Di Nicolantonio, présidente de l’association Justice Animaux Savoie (AJAS), cette chasse n’est plus que le vestige d’une tradition, devenue obsolète. Autrefois, chaque partie de la marmotte était utilisée – sa graisse, sa fourrure, sa chair – mais aujourd’hui, elle considère la pratique comme dépassée.

Chasse à la marmotte : les associations plaident pour une interdiction au niveau national

Outre les préoccupations éthiques, la chasse aux marmottes soulève des inquiétudes écologiques. Selon le GREC-SUD, le réchauffement climatique affecte déjà ces animaux, réduisant la taille de leurs portées en raison de la diminution de la couverture neigeuse. Cette pression supplémentaire pourrait compromettre davantage leur survie.

Face à cette situation, six ONG, dont l’ASPAS et Animal Cross, ont déposé un recours en référé devant le tribunal administratif de Grenoble. Elles contestent l’absence de données précises sur la population des marmottes et remettent en question l’ampleur réelle des dégâts qu’elles causeraient à l’agriculture. Les associations soulignent également que, bien que la chasse soit interdite dans certains départements français comme le Cantal et les Pyrénées-Orientales, l’absence d’une interdiction au niveau national permet à chaque préfecture de prendre une décision indépendante.

Cette polémique rappelle que, au-delà des traditions, la conservation de la faune et la prise en compte des préoccupations environnementales doivent être au coeur des décisions. Seul l’avenir dira si la marmotte sera épargnée ou si elle continuera à être la cible des chasseurs en Savoie.

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Journaliste de formation, Anton écrit des articles sur le changement climatique, la pollution, les énergies, les transports, ainsi que sur les animaux et la...

2 commentaires Donnez votre avis
  1. Pfff tout ça pour une chasse de subsistance de quelques bergers savoyards!

    Les lâchers de loups et les patous sont responsables de la mort de beaucoup plus de marmottes

    • Vos sources Pilet61, vos sources ?
      Il semble que vous ayez la science infuse

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