Charge mentale et violence : les femmes épuisées à la sortie du confinement

Pendant le confinement, les femmes ont dû relever un défi de taille : travailler, faire tourner la maison et assurer l’enseignement des enfants… tout à la fois. Aujourd’hui, un certain nombre d’entre elles sont au bord de l’épuisement, il est donc temps de changer les mentalités pour faire cesser les inégalités.

Rédigé par Audrey Lallement, le 16 May 2020, à 11 h 40 min
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Revalorisation des salaires des métiers liés au soin, allongement du congé paternité, lutte contre les violences conjugales… Telles sont les pistes à explorer pour sortir de cette crise et permettre aux femmes de s’en relever indemnes.

Le confinement a exacerbé les inégalités

La crise sanitaire aura réveillé la wonderwoman qui dort en chaque femme. Assurer l’école à distance, tout en télétravaillant sans laisser tomber les tâches ménagères et domestiques ; tel est le défi qu’elles ont dû relever pendant le confinement. Ces deux mois de repli familial n’auront en effet pas permis une nouvelle répartition des tâches au sein du foyer.

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Deux salarié.e.s sur cinq peuvent se permettre d'être en télétravail sur l'ensemble des emplois. Certain.e.s continuent de travailler et on en parlera demain. Des témoignages comme celui-ci, j'en ai eu une vingtaine… En deux jours. Après la stupéfaction et le "on est une équipe", une autre routine se met en place. Celle où on doit jongler entre son travail qui continue, celle où on doit intégrer les enfants, qui ne sont pas autonomes, celle où doit accepter de ne pas sortir pour sauver des vies. Et on peut arriver à une distribution des rôles qui ne nous allaient pas et qui ne nous vont toujours pas. La faute des entreprises ou de la fonction publique qui tente de dire que TOUT EST NORMAL, et demande autant de travail, malgré les enfants à la maison, malgré les angoisses ? La faute à celui qui ne veut rien changer, qui se rend compte que les enfants, c'est un vrai travail ? La crise va durer. La crise fait ressortir très fortement les inégalités. Et si pendant la crise on s'interrogeait sur nos modèles de couples ? Sur l'inégalité acceptable que nous avons accepté ? Beaucoup ont accepté d'en faire plus en pensant que leur travail avait moins de valeur, était moins important. Et maintenant ? On en pense quoi ? #taspensea #chargementale

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Selon la philosophe et féministe Camille Froidevaux-Metterie, les hommes n’ont pas pris leur part de travail et plusieurs enquêtes récentes « semblent indiquer que cette prise de conscience n’a pas vraiment eu lieu ». Autrement dit, cette période inédite liée au Covid-19 n’a pas effacé les inégalités hommes-femmes au sein même du foyer, elle les a, au contraire, révélées.

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Mieux reconnaître les professions du « care »

Cette inégalité entre les hommes et les femmes existe aussi au travail. Pour preuve, la différence de salaire entre les deux sexes. Pour la professeure en sciences politiques, la crise a « mis en lumière les métiers très majoritairement exercés par des femmes que sont les métiers du ‘care’ [le soin aux autres], infirmières ou auxiliaires de vie, ou encore les métiers de service, caissières ou agentes d’entretien, mais aussi les métiers de l’éducation », lit-on dans Le Monde(1).

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Infirmière et aide-soignante, métiers très féminisés, qui ont joué un rôle majeur durant la crise sanitaire © jevelin

Les professions majoritairement féminines se sont révélées vitales ces deux derniers mois et restent cependant « peu considérées socialement et mal rémunérées ».
La raison de ces salaires si bas ? Les femmes seraient « câblées » pour s’occuper des autres et « il n’y aurait donc pas lieu de rémunérer outre mesure des compétences conçues comme innées ». Pour qu’un début de reconnaissance puisse se faire, il faudrait donc qu’en plus des primes annoncées par le gouvernement, les salaires soient rehaussés.

Un « agenda féministe de sortie de crise »

Outre une augmentation de la charge mentale, déjà importante chez les femmes avant le confinement, cette période a aussi été difficile dans la mesure où elle a provoqué une hausse des violences conjugales et intrafamiliales.
Interviewée le 14 mai sur RTL, Marlène Schiappa, secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, a annoncé une augmentation de 36 % des signalements effectués auprès des forces de l’ordre.

Selon Camille Froidevaux-Metterie, « de nombreuses femmes vont sortir du confinement dans un état de total épuisement » rapporte Le Monde. C’est pourquoi elle préconise l’adoption d’un « agenda féministe de sortie de crise ». Pour ce faire, elle propose une revalorisation des métiers du « care » et l’allongement du congé paternité qui permettrait de réduire les inégalités en redonnant aux pères toute leur place dans la famille.

Illustration bannière : sur les réseaux sociaux, les témoignages de femmes à bout se multiplient © YAKOBCHUK VIACHESLAV
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1 commentaire Donnez votre avis
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