Carinne Coisman nous parle de son film – Permaculture la voie de l’autonomie

Dans leur film, Permaculture – La voie de l’autonomie, Carinne Coisman et Julien Lenoir sont partis autour du monde à la rencontre de pionniers qui cherchent à reconquérir leur autonomie. La réalisatrice a accepté de répondre à nos questions…

Rédigé par consoGlobe, le 17 Jun 2019, à 18 h 00 min

Que diriez-vous de parcourir le monde aux côtés de deux jeunes gens curieux, à la rencontre de personnes dont le mode de vie, différent du nôtre, est une source d’inspiration. De voir comment on parvient à être plus résilient en appliquant des méthodes ancestrales mises au goût du jour… Ne manquez pas Permaculture – La voie de l’autonomie, un film documentaire qui offre une approche différente du quotidien, plus réfléchie, sensée et enrichissante !

Quelques questions à Carinne Coisman à l’occasion de la sortie du documentaire Permaculture, la voie de l’autonomie

Nous avons parlé avec Carinne Coisman, co-réalisatrice avec Julien Lenoir de Permaculture – La voie de l’autonomie, quelques jours avant la sortie du film documentaire.

consoGlobe – Comment êtes-vous venus à vous intéresser à la permaculture ?

Carinne Coisman : Julien Lenoir et moi sommes tous deux sensibles à l’environnement, et participions activement à une association de sensibilisation auprès du jeune public… Très vite, nous nous sommes demandés comment mettre en pratique différentes idées que ce soit pour la construction, l’habillement, l’alimentation, l’énergie, le vivre ensemble, pour répondre aux urgences actuelles.

La permaculture se fonde sur 3 piliers : prendre soin des hommes, prendre soin de la terre et produire et partager équitablement les ressources. Un concept philosophique qui à nos yeux correspond le mieux pour trouver une certaine forme d’autonomie, à l’aide de systèmes naturels et résilients.

En Inde, en Mongolie, mais aussi en France, on peut rencontrer des personnes qui veulent tendre vers l’autonomie, s’affranchir des énergies fossiles, etc., en faisant preuve de sobriété, de créativité et de solidarité.

consoGlobe – Quel cheminement personnel vous a amené à poursuivre ce projet de film documentaire ?

Carinne Coisman : L’idée du voyage était déjà en nous, le désir de se confronter à d’autres quotidiens, découvrir d’autres cultures et remettre en question certaines habitudes dans nos vies, comme notre manière de consommer ou d’utiliser notre temps.

Julien est éducateur à l’environnement et moi réalisatrice, c’est donc tout naturellement que nous avons décidé d’allier nos talents, non seulement pour vivre une belle aventure humaine, mais aussi pour faire un film de notre voyage.

 

Pas tous les jours facile de faire évoluer son style de vie, mais une chose est sûre, je ne reviendrai jamais en arrière

 

consoGlobe – Cette aventure a-t-elle réussi à faire évoluer vos convictions ?

Carinne Coisman : Elle nous a renforcé dans l’idée qu’il ne pouvait pas y avoir de retour en arrière possible pour nous, que ce soit dans nos modes de consommer, de bouger, de vivre en règle générale.

Mais au retour, nous avons bien senti que la situation en France ne permet pas de mettre facilement en oeuvre des initiatives entre les lois et les difficultés d’accès à la propriété par exemple. On reste avec l’impression d’un carcan dans lequel on est enfermé par rapport aux pays où il y a moins de réglementations administratives…

J’aimerai créer un lieu autour de la permaculture, mais seule ça me parait infaisable en France… Ce qui ne m’empêche pas de faire des petits gestes au quotidien, ils ne sont pas inutiles, loin de là !

consoGlobe – Comment percevez-vous la permaculture à présent ?

Carinne Coisman : Nous sommes partis avec une vision qui restait un peu vague de ce qu’est la permaculture. Nous savions qu’il s’agissait de méthodes de cultures et de bon sens paysan, mais comprenions déjà que ce concept était beaucoup plus vaste : elle s’axe autour d’une recherche du rapport humain, d’une meilleure qualité de vie et d’esthétisme.

On a découvert de véritables plateformes d’échange entre personnes venues du monde entier vers ces lieux communautaires vivants. C’est au cours de notre formation en Inde que nous avons eu la surprise de découvrir la dimension humaine.

Permaculture en Mongolie – Capture d’écran du film

Loin de nos modes de vie sédentaires, on trouve, avec ce qu’on appelle la permaculture humaine qui est un terme que je n’aime pas trop, des occasions de recréer du lien, de mettre les gens et leurs talents en rapport ! Ça nous a conforté dans l’idée que ce mode de vie est réalisable, et c’est tellement rassurant de se dire que ce n’est pas impossible à réaliser (même si ce n’est pas forcément facile) !

consoGlobe – Pensez-vous qu’un changement de paradigme est possible dans nos sociétés ?

Carinne Coisman : Je reste assez pessimiste quand à l’avènement de grands changements rapidement ! On constate que malgré la prise de conscience des problèmes, peu d’actions parviennent à voir le jour. Citoyens, associations, collectifs s’engagent mais la volonté politique de faire avancer les choses n’est pas au rendez-vous !

On peut prendre l’exemple de Maxime de Rostolan, le fondateur de Fermes d’Avenir que nous voyons dans le film, qui dit être arrivé au bout du projet car même si on arrive à convaincre les citoyens et législateurs, il y a toujours une institution (en l’occurrence ici, le Conseil Constitutionnel) qui bloque les décisions. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a rien à faire et qu’il faut désespérer, Maxime a à présent fondé La Bascule, un collectif de lobbying citoyen qui veut devenir un instrument de pression sur le monde politique et institutionnel.

consoGlobe – Revenons un peu au film : on est captivé en le regardant par la diversité des initiatives et la créativité des intervenants… Comment les avez-vous choisis ?

Carinne Coisman : Par internet au fur et à mesure de notre avancée… Cela peut paraître surprenant, mais lors de nos préparatifs, nous avons constaté que nous ne trouvions que des acteurs à l’origine de gros projets, un peu éloignés de notre idée première.

Nous avons donc fait le pari de vivre cette aventure en profitant des opportunités et des rencontres faites sur le terrain. En utilisant des applis de wwoofing mais surtout Helpx, un réseau mondial fondé sur un principe « gagnant-gagnant » qui consiste à mettre en relation des « hosts » qu’ils s’agissent d’entreprises, de fermes ou de particuliers en demande de main-d’oeuvre à moindre coût avec des « helpers », des voyageurs qui souhaitent donner de leur temps en échange du gîte et du couvert… Au fil du temps, cette appli est devenue notre outil de prédilection.

Nous avons également pu profiter de l’expérience et des connaissances des personnes rencontrées sur notre parcours pour trouver des perles rares !

consoGlobe – À quelques jours de la sortie du film, comment vous sentez-vous ?

Carinne Coisman : Tout d’abord heureuse d’être allée au bout de cette belle aventure, mais aussi impatiente de voir l’accueil qui sera réservé au film.

En effet, il est difficile de lancer un petit film comme Permaculture – La voie de l’autonomie, et nous avons eu la chance de trouver un distributeur tel que Jupiter Films. Nous espérons qu’il aura son petit succès dans les salles du pays et d’ailleurs !

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