Canicule : des gènes pour mieux la supporter ?
Pourquoi tout le monde ne supporter pas les vagues de fortes chaleurs de la même manière ? La science s’est penchée sur le sujet.

Nous ne sommes pas tous égaux devant la canicule. Face aux vagues de chaleur et aux changement climatique, les êtres humains réagissent de manière très inégale.
Une interaction complexe
Ainsi, alors que certaines personnes traversent les vagues de chaleur sans encombre, d’autres vont très rapidement souffrir de fatigue extrême ou de malaises. Pour expliquer ces différences, la science a étudié une multitude de mécanismes biologiques où s’entremêlent l’âge, la condition physique, l’environnement et, de plus en plus, la piste de la génétique. L’hypothèse de l’influence génétique n’est pas à écarter.
En effet, selon un rapport de la PHG Foundation de l’Université de Cambridge, notre patrimoine génétique joue probablement un rôle dans notre tolérance à la chaleur, même si son impact exact reste difficile à mesurer. Les chercheurs s’accordent à dire que notre réponse biologique face aux températures extrêmes est le fruit d’une interaction complexe entre nos gènes et nos fonctions physiologiques, bien que la part de la génétique demeure encore à approfondir.
Des capteurs sensoriels cellulaires
Parmi les pistes génétiques explorées par la recherche, le gène TRPV1 retient particulièrement l’attention. Ce gène code un récepteur présent sur nos neurones sensoriels, qui s’active aussi bien lors d’une forte hausse de température que lors de la consommation de piment. Une étude de 2025 suggère que TRPV1 participe à la régulation thermique du corps, bien que son influence directe sur notre capacité à supporter une canicule ne soit pas encore pleinement démontrée.
Une autre piste prometteuse et plus documentée concerne les protéines de choc thermique, appelées Heat Shock Proteins (HSP). Véritables boucliers cellulaires, ces protéines sont produites en masse par l’organisme lorsque la température corporelle s’élève afin de protéger et réparer les cellules endommagées par le stress thermique. Les scientifiques tentent aujourd’hui de comprendre si les variations de production de ces protéines d’une personne à l’autre expliquent nos différences de résistance.

La force de l’acclimatation
Au-delà de l’ADN, l’acclimatation demeure le facteur de tolérance le mieux prouvé par la science. En effet, après quelques jours d’exposition à de fortes chaleurs, le corps s’adapte activement : il augmente son volume sanguin, transpire plus rapidement et retient mieux son sodium. Ce mécanisme d’auto-défense explique pourquoi les populations habitant dans des zones chaudes ou habituées aux températures élevées résistent bien mieux que les autres.
Enfin, la santé générale et l’âge jouent un rôle déterminant dans la thermorégulation. Le grand âge, l’obésité, le diabète, les maladies cardiovasculaires ou la prise de certains traitements réduisent l’efficacité des mécanismes de refroidissement du corps, augmentant le risque de complications. Au final, la génétique n’est qu’une pièce d’un grand puzzle ; mieux l’associer aux autres facteurs permettra, à l’avenir, de mieux repérer les personnes vulnérables et d’affiner les plans de prévention.
Pour mieux traverser les épisodes de fortes chaleurs : découvrez pourquoi la canicule affecte aussi la santé mentale, quels sont les aliments à privilégier quand il fait chaud et ce que révèlent les records de chaleur enregistrés en France en mai 2026.
A lire absolument






























