Café : pourquoi cette boisson devient dangereuse en pleine canicule

Cette canicule historique force à repenser nos rituels quotidiens, à commencer par la consommation de café, que les autorités sanitaires déconseillent formellement.

Rédigé par , le 24 Jun 2026, à 9 h 44 min
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Le 23 juin 2026, la France enregistrait 336 records de chaleur en une seule journée. Parmi eux, 131 records absolus, dont 44,3 °C à Pissos dans les Landes, nouveau record régional d’Aquitaine. Ces épisodes marquent une rupture dans nos modes de vie et nous obligent à repenser nos rituels quotidiens, du café du matin aux nuits sans sommeil. Car si les autorités sanitaires multiplient les recommandations, l’une d’elles surprend : limiter fortement sa consommation de café. Une habitude anodine qui, sous 40 °C, peut se transformer en piège physiologique.

Un été 2026 hors norme : quand les records battus deviennent la norme

L’épisode caniculaire qui frappe la France depuis le jeudi précédant le 23 juin 2026 a déjà fait au moins cinq victimes directes : trois personnes âgées en Gironde et deux enfants dans le Vaucluse. Selon les données de Météo-France, l’indicateur thermique national a atteint 29,8 °C le 23 juin à 17 heures, dépassant les 29,4 °C de 2003 et 2019, précédents records de la journée la plus chaude jamais enregistrée en France. (1)

336 records en une journée : les chiffres de l’extrême

Le bilan du 23 juin 2026 dépasse l’entendement : 58 départements placés en vigilance rouge canicule, 31 autres en alerte orange. Les températures ont dépassé de 15 à 20 degrés les normales saisonnières, avec des températures ressenties comprises entre 40 et 48 °C, particulièrement dans le Sud-Ouest. Les nuits tropicales s’enchaînent, avec des températures minimales nocturnes oscillant entre 23 et 28 °C de mercredi à jeudi. De quoi empêcher tout repos réellement réparateur.

« Aujourd’hui, l’hôpital tient le coup et la canicule n’a pas encore de retentissement sur les hôpitaux », déclarait Stéphanie Rist, ministre de la Santé, le 23 juin. Mais la ministre appelait déjà à « continuer les mesures de préventions, que sont le fait de rester le plus possible à l’abri, éviter le sport en plein soleil et bien s’hydrater et s’alimenter ». Une vigilance qui s’étend désormais aux boissons chaudes.

Pourquoi les canicules s’intensifient et s’allongent

Daniel Gagnon, professeur associé à l’Université de Montréal, explique qu’« un âge avancé, à partir de 65 ans, est associé à une réduction de la capacité du corps à perdre de la chaleur, ce qui peut réduire notre tolérance aux températures très élevées ». Le corps peine alors « à perdre de la chaleur via la transpiration ou la vasodilatation, c’est-à-dire l’élargissement des vaisseaux sanguins de la peau ». Or, la caféine peut interférer avec ces mécanismes.

Le café n’est pas un allié en temps de canicule

Santé publique France martèle un message sans équivoque : « Ces boissons favorisent la déshydratation ». L’organisme précise que « le corps peut perdre jusqu’à 1,5 litre de sueur par heure, même sans faire d’effort en période de forte chaleur ». La caféine, en activant le système rénal, peut accentuer ce phénomène diurétique au pire moment. L’ANSES ajoute qu’en période de chaleur, la caféine diminue les capacités de thermorégulation, ce qui empêche le corps de se refroidir correctement. (2)

Le Dr Gérald Kierzek, médecin urgentiste et directeur médical de Doctissimo, recommande de revoir à la baisse le seuil fixé par l’EFSA et de compenser chaque tasse de café par un grand verre d’eau. L’Autorité européenne de sécurité des aliments fixe habituellement la dose quotidienne maximale à 400 mg de caféine pour un adulte en bonne santé. Cela représente environ 2 expressos ou 2,5 tasses de café filtre. Mais aucun seuil spécifique pour les périodes de chaleur n’a été défini.

Café : bon ou mauvais pour la santé ?

Les alternatives rafraîchissantes qui émergent : du marché à la culture

Face à la canicule, les comportements évoluent rapidement. En Lot-et-Garonne, les marchands de glaces constatent un afflux inédit. Brandon, artisan glacier, témoigne : « On ne peut plus sortir sans s’hydrater constamment ». Son innovation ? Des glaces au basilic citronné ou des milkshakes à base de glace pilée. Ces alternatives séduisent une clientèle en quête de fraîcheur. (3)

La chicorée, alternative durable au café, gagne également du terrain. Sans caféine, cette boisson permet de conserver le rituel d’une boisson chaude matinale sans compromettre l’hydratation. Une transition douce vers des habitudes plus adaptées aux étés extrêmes. (4)

Hydratation durable : vers des boissons moins impactantes

L’eau reste la référence absolue. Santé publique France rappelle que lorsque nous transpirons, nous perdons de l’eau et des sels minéraux. Cela peut provoquer une déshydratation, surtout chez les personnes fragiles. Il est donc essentiel de boire régulièrement, même sans sensation de soif.

Mais la question dépasse la santé individuelle. La production de café génère une empreinte carbone significative, tandis que les prix du café augmentent sous l’effet du dérèglement climatique. Repenser sa consommation devient donc un double enjeu : sanitaire et environnemental. (5)

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