Les violences éducatives dénoncées dans une vidéo

Une nouvelle campagne contre les violences éducatives ordinaires a été lancée par la Fondation pour l’Enfance, afin de sensibiliser les parents et éviter la banalisation de ces violences ordinaires.

Rédigé par MEWJ79, le 18 Jan 2018, à 12 h 10 min

La Fondation pour l’Enfance explique, dans une nouvelle campagne, que « frapper son enfant, c’est le marquer pour longtemps » et appelle la France à légiférer sur la question.

Deux vidéos pour sensibiliser les parents aux violences éducatives

Une nouvelle campagne contre les violences éducatives ordinaires a été lancée mardi 16 janvier 2018 sur Internet et sera diffusée à la télévision à partir du 23 janvier, pour « sensibiliser les parents ».

Des phrases choc sont distillées : « Une fessée, ça ne peut pas faire de mal », « Mais qu’est-ce que j’ai fait pour avoir un fils pareil ? » La Fondation pour l’Enfance ne veut plus de ces attitudes surgissant sous le coup de l’exaspération. Ainsi, elle propose deux vidéos mettant en scène, sur une vieille ballade jazz, un jeune garçon dans l’une et une jeune fille dans l’autre, apeurés avant de recevoir des coups ou des insultes, puis toujours meurtris une fois devenus adultes.

« 90 % des parents sont bienveillants et pensent bien faire en reproduisant ce qu’ils ont vécu. Enfant, on intègre que si les parents frappent, c’est que c’est utile. Du coup, on le fera plus tard à notre tour. Parfois, on va même taper plus violemment, ce qui conduit à la maltraitance », explique le Dr Gilles Lazimi, coordinateur de la campagne, dans Le Parisien. « Il faut désormais se libérer de ces pratiques. Les études le prouvent : elles sont dangereuses et inefficaces », argumente le médecin. Et de conclure : « Il est temps que la France devienne le 54e pays à les interdire ».

Sensibiliser plutôt que banaliser

En effet, selon l’Observatoire de la violence éducative ordinaire (Oveo), « 85 % des parents français utilisent ces violences, 71 % disent donner une petite gifle et plus de 50 % commencent à frapper leur enfant avant l’âge de deux ans ». Et d’après la Fondation de l’Enfance, qui espère « inciter les pouvoirs publics à mieux prendre la mesure » de ces agissements, 53 pays, dont 23 pays européens, ont légiféré contre les violences éducatives ordinaires.

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En France, une proposition de loi visant à bannir les punitions corporelles envers les enfants a été censurée il y a un an pour des raisons de forme par le Conseil constitutionnel. Le Dr Gilles Lazimi témoigne aussi sur RTL, expliquant : « Le but, c’est de sensibiliser les parents sans les culpabiliser », poursuit-il, regrettant une « banalisation » des violences éducatives ordinaires « dans la société ».

© Amir Bajrich

En novembre, à l’Assemblée, la députée Maud Petit (MoDem) interpellait Marlène Schiappa, secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, à ce sujet. « Alors que les adultes sont protégés par la loi contre les violences, nos enfants ne le sont pas. Ils sont pourtant plus vulnérables… Une éducation sans coups, sans mots blessants, sans chantage, est possible et ne signifie aucunement l’avènement de l’enfant-roi. […] Une législation condamnant les violences éducatives ordinaires permettrait une prise de conscience importante. » Si le gouvernement a avoué ne pas vouloir légiférer prochainement, les parlementaires plancheraient sur une proposition de loi qui pourrait être déposée prochainement pour poser un interdit non pénalisant judiciairement.

Illustration bannière : Enfant battu © volkovslava
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Journaliste, je fais le grand écart entre football et littérature jeunesse.

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