Cadmium : une bombe sanitaire dans nos assiettes

Dans sa nouvelle étude, l’Agence de sécurité sanitaire propose des pistes pour réduire notre exposition quotidienne au cadmium.

Rédigé par , le 26 Mar 2026, à 9 h 22 min
Cadmium : une bombe sanitaire dans nos assiettes
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Après avoir pointé sa présence dans les aliments pour enfants, le chocolat ou encore la vaisselle ancienne, une nouvelle étude de l’Anses révèle l’ampleur de l’exposition des Français au cadmium, un métal lourd classé « cancérogène certain » pour l’humain par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC). Et les chiffres inquiètent : loin d’être marginale, cette contamination touche aujourd’hui une part importante de la population.

Invisible, inodore, le cadmium s’infiltre dans nos sols… puis dans nos assiettes. Et contrairement à d’autres polluants, il s’accumule dans l’organisme au fil du temps, augmentant les risques pour la santé.

Un seuil bien trop élevé

Comment réduire l’exposition des Français au cadmium, ce poison omniprésent ? Ce métal lourd contamine les sols agricoles, puis se retrouve dans les aliments que nous consommons quotidiennement. Face à ce constat, l’Anses propose plusieurs pistes concrètes.

L’agence préconise notamment « l’application dès que possible de valeurs limites plus strictes en cadmium pour les matières fertilisantes ». Dès 2019, elle recommandait déjà d’abaisser les apports à deux grammes par hectare et par an, soit 20 milligrammes par kilo. Pourtant, la France reste aujourd’hui sur un seuil de 90 mg/kg, bien au-dessus des recommandations scientifiques.

Une contamination massive en France

L’alimentation constitue la principale source d’exposition au cadmium. Et les chiffres sont sans appel : 47 % des adultes et près d’un enfant sur cinq dépassent le seuil critique. Un niveau d’exposition trois à quatre fois supérieur à celui observé chez nos voisins européens.

Les aliments les plus concernés ? Les céréales (riz, blé), les pommes de terre, certains légumes, mais aussi le chocolat. Autant de produits du quotidien qui contribuent à une exposition chronique.

Pâques : attention au chocolat contaminé ?

  • Le cacao est une source connue d’exposition au cadmium
  • Certains chocolats peuvent dépasser les seuils recommandés
  • Les enfants sont particulièrement exposés en période de fêtes

Mieux vaut varier les plaisirs et éviter la surconsommation.

Des risques bien réels pour la santé

Le cadmium est classé comme substance cancérogène, mutagène et toxique. Une exposition prolongée peut entraîner des atteintes rénales, une fragilisation des os (ostéoporose), ainsi que des troubles du développement chez l’enfant.

Sa particularité : il s’accumule dans l’organisme, notamment dans les reins et le foie. Même à faible dose, mais répétée, il peut devenir dangereux sur le long terme.

le cadmium est suspecté de jouer un rôle dans l’accroissement majeur et extrêmement préoccupant de l’incidence du cancer du pancréas..
expliqueSanté Publique France (SPF)

Agriculture : le coeur du problème

L’origine principale du cadmium dans notre alimentation se trouve dans les engrais phosphatés utilisés en agriculture. Ces derniers, souvent importés, contiennent naturellement ce métal lourd.

Même l’agriculture biologique n’est pas totalement épargnée. Résultat : les sols s’enrichissent progressivement en cadmium, qui est ensuite absorbé par les plantes.

L’Anses appelle donc à une transformation des pratiques agricoles : recours à des engrais moins contaminés, diversification des sources, ou encore développement de techniques de « décadmiation ».

Comment réduire son exposition au quotidien ?

À l’échelle individuelle, quelques réflexes simples peuvent déjà limiter les risques. Il est conseillé de varier son alimentation, en évitant de consommer trop régulièrement les mêmes céréales. Les légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots) sont par exemple moins contaminées que le riz ou le blé.

Autre point clé : privilégier une alimentation diversifiée permet de diluer l’exposition. Enfin, limiter la consommation de certains produits comme le chocolat chez les enfants peut aussi être pertinent.

Vaisselle ancienne : une autre source cachée de cadmium

  • Les assiettes et plats anciens peuvent contenir du plomb et du cadmium
  • Ces métaux lourds peuvent migrer dans les aliments, surtout s’ils sont acides
  • Le risque est plus élevé avec les pièces fabriquées avant les années 1950

Comme nous le rappelions dans cet article, ces substances étaient utilisées dans les émaux pour obtenir des couleurs vives. Résultat : elles peuvent aujourd’hui contaminer votre alimentation sans que vous le sachiez.

Un problème d’autant plus préoccupant que l’alimentation constitue déjà la principale source d’exposition au cadmium.

Un enjeu de santé publique encore sous-estimé

Malgré les alertes répétées, le cadmium reste un sujet encore trop peu connu du grand public. Pourtant, il s’agit d’un véritable enjeu de santé publique, lié à nos modes de production agricole et à notre alimentation quotidienne.

Réduire l’exposition nécessitera des décisions politiques fortes… mais aussi une prise de conscience collective.

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