BNP Paribas interpellé par des ONG sur les énergies fossiles

Des défenseurs de l’environnement clament leur indignation face à BNP Paribas qui ne respecterait pas ses engagements environnementaux.

Rédigé par Anton Kunin, le 3 Mar 2017, à 11 h 40 min

Une banque engagée pour les énergies renouvelables ? C’est en tout cas l’image qu’a souhaité renvoyer BNP Paribas à la suite de la COP21. Le groupe a alors fait évoluer sa politique environnementale en s’interdisant de financer ou d’avoir un mandat de conseil dans des projets liés aux énergies fossiles. Un engagement peu respecté, estiment trois ONG.

BNP Paribas est partie prenante de la construction du plus grand terminal méthanier

La raison de la colère des ONG ? Le mandat de conseil que Bank of the West, filiale américaine de BNP Paribas, détient depuis août 2015, dans le projet de terminal méthanier au Texas. Les militants rappellent que la banque s’est elle-même interdite de participer à des projets d’exploitation des énergies fossiles. Le terminal, qui devrait servir à exporter du gaz liquéfié, traiterait notamment du gaz naturel issu de la fracturation hydraulique. Construit à Port of Brownsville, tout près de la frontière mexicaine, il coûterait 2 milliards de dollars et serait la plus grande installation de ce type aux États-Unis.

« Il s’agit d’un élément d’infrastructure lié à l’énergie fossile destructive, situé dans une partie du Golfe du Mexique qui n’était jusque-là pas touchée », a déclaré Jason Opeña Disterhoft de l’ONG Rainforest Action Network, au journal The Guardian. Les militants rappellent que cette plage du Texas est un endroit populaire qui attire les vacanciers venant de tout le pays pour profiter de ses paysages encore épargnés par l’industrie.

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Le Texas, berceau de la fracturation hydraulique

Le terminal méthanier est stratégiquement situé dans un port du Texas : cet État est très actif dans l’exploitation du gaz de schiste. Un gazoduc transporte ensuite les produits vers le terminal, où ils sont liquéfiés et ainsi préparés à l’export. En tout, 110 terminaux de ce type existent aux États-Unis, et 12 autres, appelés à travailler pour l’export, sont en projet. 19 autres terminaux ont déjà reçu l’aval des autorités.

Les ONG rappellent qu’afin de limiter à 2°C la hausse des températures, 80 % des réserves de pétrole et de gaz doivent se maintenir dans la lithosphère. Quant à BNP Paribas, les militants lui rappellent son engagement à multiplier par deux ses financements des énergies renouvelables d’ici 2020, ainsi que sa décision « de ne plus financer de projets de centrales à charbon » et de « ne plus prendre de mandat de conseil, à l’achat ou à la vente, pour un actif charbon, quel que soit le pays ».

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Journaliste de formation, Anton écrit des articles sur le changement climatique, la pollution, les énergies, les transports, ainsi que sur les animaux et la...

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