La biodiversité négligée

Ours polaire, tigre du Bengale, panda, baleine, lémuriens… ces figures emblématiques de la biodiversité nous touchent beaucoup et nous sommes sensibles à leur cause.

Cependant, derrière ces espèces charismatiques se cachent d’autres espèces, méconnues et elles aussi très menacées : elles font partie de ce qu’on appelle la biodiversité négligée.

Rédigé par Elise, le 25 Aug 2012, à 16 h 01 min

Virus, bactéries, micro-invertébrés, insectes… La plupart des espèces présentent sur Terre ont une taille inférieure à 5mm. Ces espèces représentent  95 % de la biodiversité et jouent un rôle fondamental dans l’équilibre des écosystèmes. Pourtant, on parle peu de ces espèces, qui sont parmi les plus menacées de la planète.

Pourquoi  biodiversité « négligée » ?

Peu de personnes s’intéressent à cette biodiversité, inexplorée et difficilement explorable. Le poids de ces espèces dans les actions de conservation est quasi ridicule. Le grand public et les scientifiques s’intéressent plus aux mammifères et aux oiseaux, espèces à forte valeur émotionnelle.

D’ailleurs, les associations pour la protection de l’environnement l’ont bien compris et ne se privent pas d’utiliser le capital sympathie et la fascination que suscitent le tigre ou encore l’orang-outan.

C’est un fait : sauver un tigre majestueux vend plus de rêves que sauver des insectes parfois nuisibles et dont on comprend rarement l’intérêt pourtant capital à la biodiversité. Parfois, pour un beau papillon par exemple, une petite action de conservation peut être engagée, mais c’est plutôt rare.

Conséquences de la négligence de ces espèces

L’emphase exercée sur les espèces charismatiques occulte la préservation d’espèces moins nobles, mais souvent  plus indispensables aux grands équilibres naturels.

L’exemple des insectes

Présents dans tous les milieux naturels en dehors des mers, les insectes dominent le monde vivant par leur nombre. Ils représentent environ les deux tiers des espèces animales vivantes ; leur nombre est généralement évalué entre 3 et 30 millions et  chaque année, de nouvelles espèces sont décrites.

Les vertébrés sont quinze fois moins nombreux qu’eux, et les mammifères englobent seulement 4 500 espèces.

Sans insectes, rien ne peut exister ! Leur présence et survie sont essentielles pour la vie sur Terre, grâce à la multitude d’interactions  qu’ils exercent  avec la nature : pollinisation des plantes, nettoyage de la nature (bois mort, cadavres…).

La disparition des insectes aurait un impact écologique irréversible sur le fonctionnement de la Terre, beaucoup plus que la disparition d’une espèce de mammifère.

Alors certes, continuons les actions que nous avons engagées pour la sauvegarde des espèces emblématiques, mais n’oublions pas non plus toutes ces petites bêtes et micro organismes…  indispensables à notre survie et à celle de notre planète.

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Convaincue et passionnée par le développement durable, consommer responsable est une attitude que j'adopte au quotidien. J'essaye de convertir le plus de...

6 commentaires Donnez votre avis
  1. Bonjour à tous, chez moi il y a des herbes et des arbres en quantité de toutes sorte qui nourrissent par leur activité leur pérennité celle de toute ces vies ailées, bondissantes, rampantes, acrobates et plus ou moins immobiles, elles se mangent toutes les unes les autres et il y a un merveilleux équilibre, il aura fallut environ 15 ans de ma vie pour que cette vie s’installe avec au départ une prairie naturelle pauvre, c’est devenu selon les visiteurs un simple paradis témoin d’une biodiversité à conserver, j’ajoute, il y a une ruche et deux essaims dans des têtards de frêne, tout va bien, la vie est belle en ce lieu.

  2. Bravo Élise pour ce nouveau plaidoyer pour la Nature, en effet je remarque que la chose essentielle a été dite en termes d’insectes indispensables à notre survie.
    En ces temps où l’on estime que l’homme commence à vivre à crédit des ressources naturelles de notre belle planète bleue, nos méthodes agraires allant vers le « produire toujours plus » et la monoculture poursuivent la destruction de la biodiversité et principalement celle des pollinisateurs dont l’abeille (qui, avec les abeilles solitaires, représentent 80% des pollinisateurs), de qui nous dépendons pourtant pour notre alimentation.
    Soutenez l’abeille et demandez à vos députés d’intervenir pour que notre Abeille Mellifère ne soit plus classée « domestique » (car elle ne l’est pas) afin qu’elle puisse enfin être protégée par la loi et, de fait contribuera aussi à la protection des autres pollinisateurs et des autres insectes en général.
    Pour ceux qui croyaient que l’abeille était protégée par la loi, il va falloir penser différemment……..!
    Merci pour ce que chacun fera.

  3. Oui il faut respecter la nature dans toute sa diversité, que deviendrait l’oiseau sans insectes et tant d’autres interactions dont nous sommes
    pas conscients la plupart du temps.
    Aujourd’hui on ne sait plus regarder la nature et s’émerveiller et pourtant nous avons encore tant à apprendre et à découvrir.

  4. malheureusement les insectes font peur à de nombreuses personnes qui en les voyant n’hésitent pas à les éliminer. Certes l’activité humaine peu respectueuse de l’environnement y contribue également. Mais si déja on pouvait apprendre aux hommes dans leurs vies personnels à ne pas éliminer très fréquement les insectes qu’ils voient cela serait un bon début.

  5. Voici un article beaucoup plus consistant que l’on pourrait le penser de prime abord : l’apparemment négligeable est pourtant fondamental.
    Considérer la vie et non plus l’espèce élargit la conscience.
    En terme d’application concrète cela réclame un esprit de partage et d’attention. Harmoniser les relations avec les insectes et autres formes infimes de vie ne réclame pas leur destruction, mais d’user de dissuasion lorsque nous nous trouvons en divergence d’intérêt.
    Lorsque au soir, en été, les mouches attirées par nos artificielles lumières envahissent le logis, reconnaissant notre responsabilité, nous pouvons, avant de nous coucher, éteindre un moment toute lumière intérieure afin qu’elles retournent profiter de leur courte vie dans la liberté d’un espace plus naturel. En journée, nous les observons, après quelques tours de visite, se coller à la vitre d’une fenêtre restée fermée. Il est aisé de leur ouvrir et de les accompagner vers la liberté par le souffle ou un linge. Comme vous l’aurez probablement compris, je pratique cela au quotidien, et je le recommande, car cela offre bien de la joie de participer à la sauvegarde du vivant : un excellent moyen de se faire du bien en faisant du bien à autrui.

  6. Il faut y penser, aux insectes et aux micro-organismes.Ne serait-ce que dans le jardin:il s’agit de leur laisser à manger sous les haies ou dans l’herbe, par exemple… de ne pas nettoyer son jardin comme on désinfecte ses toilettes ou de ne pas transformer sa pelouse en moquette!De plus, en agissant ainsi, on s’épargne du travail…Tout le monde y gagne…Oui, mais il y a malheureusement tant de maniaques…

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