Elle peut mesurer 5 mètres et provoquer de graves brûlures : alerte sur cette plante interdite en France

Longtemps associée à l’ex-URSS, la berce de Sosnowski, classée espèce invasive, gagne progressivement du terrain en Europe.

Rédigé par , le 22 Jun 2026, à 10 h 30 min
Elle peut mesurer 5 mètres et provoquer de graves brûlures : alerte sur cette plante interdite en France
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Cette plante géante, spectaculaire par sa taille, attire parfois la curiosité des jardiniers. Pourtant, elle figure parmi les espèces végétales les plus problématiques en raison de sa capacité de colonisation rapide et des risques qu’elle présente pour la santé humaine. En France, son introduction et sa dissémination sont strictement encadrées par la loi.

Comment reconnaître la berce de Sosnowski, cette plante géante et envahissante ?

La berce de Sosnowski (Heracleum sosnowskyi) appartient à la famille des Apiacées, comme la carotte, le fenouil ou encore le persil. Originaire du Caucase, elle a été largement cultivée dans plusieurs régions de l’Union soviétique à partir du milieu du XXe siècle comme plante fourragère en raison de sa croissance exceptionnelle.

Son principal signe distinctif réside dans ses dimensions impressionnantes. Cette plante peut atteindre entre 3 et 5 mètres de hauteur. Sa tige creuse, souvent tachetée de pourpre, peut dépasser 10 centimètres de diamètre. Ses feuilles profondément découpées atteignent parfois plus d’un mètre de longueur.

La floraison constitue également un élément d’identification important. La plante produit de vastes ombelles blanches pouvant mesurer jusqu’à 80 centimètres de diamètre. De loin, elle peut rappeler la berce commune, espèce indigène beaucoup plus modeste, ou encore la très connue berce du Caucase. Cette ressemblance complique parfois les opérations d’identification sur le terrain.

Chaque individu est capable de produire plusieurs dizaines de milliers de graines. Cette caractéristique explique sa remarquable capacité à coloniser les bords de routes, les friches, les talus ou encore certaines zones humides. Une fois installée, elle forme rapidement des peuplements denses qui empêchent le développement de nombreuses espèces végétales locales.

La berce de Sosnowski, une plante dangereuse pour la santé

L’intérêt porté à cette plante ne tient pas seulement à son caractère invasif. Sa sève contient également des substances photosensibilisantes appelées furanocoumarines. Lorsque cette sève entre en contact avec la peau puis est exposée aux rayons ultraviolets du soleil, elle peut provoquer des brûlures parfois sévères. Les autorités sanitaires russes ainsi que plusieurs organismes spécialisés dans la lutte contre les espèces invasives signalent régulièrement des lésions comparables à des brûlures du deuxième degré.

Le risque est particulièrement élevé pendant les périodes chaudes et ensoleillées. Les symptômes n’apparaissent pas toujours immédiatement. Des rougeurs, des cloques et une hypersensibilité cutanée peuvent se manifester plusieurs heures après l’exposition. Cette dangerosité explique pourquoi les botanistes recommandent d’éviter toute manipulation sans équipement adapté. Les enfants sont particulièrement vulnérables, la plante pouvant être perçue comme inoffensive en raison de son apparence spectaculaire.

Au-delà des conséquences sanitaires, la berce de Sosnowski modifie profondément les écosystèmes qu’elle colonise. En monopolisant l’espace et la lumière, elle réduit la diversité végétale locale et perturbe les équilibres écologiques existants. Selon les définitions officielles des espèces exotiques envahissantes reprises par les services de l’État, une espèce invasive est précisément une espèce introduite hors de son aire naturelle dont la propagation entraîne des impacts écologiques, économiques ou sanitaires négatifs.

Berce de Sosnowski : cette plante géante est interdite

Berce de Sosnowski : elle peut dépasser plusieurs mètres de haut, produire des milliers de graines et brûler la peau au soleil.

Quelle présence de la berce de Sosnowski en France ?

La berce de Sosnowski demeure beaucoup moins répandue en France que certaines autres plantes invasives bien connues comme la renouée du Japon ou l’herbe de la pampa. Néanmoins, plusieurs spécialistes de la flore invasive considèrent que son implantation mérite une surveillance attentive. Les échanges horticoles internationaux ont favorisé l’introduction de nombreuses espèces exotiques au cours des dernières décennies. Certaines d’entre elles ont ensuite trouvé des conditions favorables à leur développement.

La confusion avec la berce du Caucase complique parfois le suivi de la situation. Les deux espèces présentent des caractéristiques morphologiques très proches et des effets sanitaires comparables. Dans les deux cas, les gestionnaires d’espaces naturels surveillent leur progression afin d’éviter leur installation durable dans les milieux sensibles.

Le changement climatique pourraient également favoriser l’expansion de certaines espèces exotiques envahissantes dans des zones où elles étaient auparavant peu présentes. Les spécialistes de la biodiversité considèrent aujourd’hui les espèces invasives comme l’une des principales menaces pesant sur les écosystèmes naturels européens.

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Berce de Sosnowski : quelles sanctions prévoit la loi française ?

En France, la réglementation relative aux espèces exotiques envahissantes repose sur plusieurs textes nationaux et européens. Le règlement européen de 2014 sur les espèces exotiques envahissantes interdit notamment l’introduction, la détention, le transport, la commercialisation ou encore la dissémination dans l’environnement des espèces concernées. Ces mesures visent à limiter les impacts sur la biodiversité, les activités économiques et la santé publique.

La loi française sur la biodiversité de 2016 a renforcé ce dispositif. Les articles L.411-5 et L.411-6 du Code de l’environnement prévoient différentes interdictions concernant certaines espèces végétales invasives. Selon les services du ministère de la Transition écologique et plusieurs directions régionales de l’environnement, il peut être interdit d’introduire une espèce dans le milieu naturel, mais aussi de la détenir, de la transporter, de l’échanger ou de la vendre.

Les sanctions peuvent être particulièrement lourdes en cas d’infraction. Les atteintes aux dispositions relatives aux espèces exotiques envahissantes peuvent être punies de peines allant jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 150.000 euros d’amende dans les cas les plus graves prévus par le Code de l’environnement.

Pour les jardiniers amateurs, le message des autorités est clair : avant d’introduire une plante peu commune dans un jardin, il est indispensable de vérifier son statut réglementaire. Une espèce spectaculaire sur le plan ornemental peut parfois devenir un véritable problème écologique, sanitaire et juridique.

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Journaliste de formation, Anton écrit des articles sur le changement climatique, la pollution, les énergies, les transports, ainsi que sur les animaux et la...

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