Votre banque est-elle complice de la déforestation ?

Selon l’ONG Global Witness, des banques françaises ont accordé environ deux milliards d’euros de financement à des géants agroalimentaires contribuant activement à la déforestation.

Rédigé par Paul Malo, le 11 Feb 2020, à 11 h 00 min

Alors que l’opinion publique s’élève contre la déforestation et pour sauvegarder nos forêts tropicales, les banques françaises financent des entreprises accusées de favoriser la déforestation  : géants de l’élevage, industriels du caoutchouc… Et ce, en toute illégalité.

Des financements de banques françaises qui favorisent la déforestation

Il y a trois ans, une législation novatrice a été votée en France, obligeant les sociétés à identifier et à prévenir toute dégradation de l’environnement au sein de leur chaîne d’approvisionnement. Et pourtant, bien que ce soit illégal, des banques françaises continuent de financer des projets liés à la déforestation.

banques deforestation

Le poumon vert de la planète ©YL chayakorn

C’est ce que souligne une enquête de l’ONG Global Witness, selon laquelle des banques françaises ont fourni environ deux milliards d’euros à des entreprises agroalimentaires contribuant à la déforestation. Selon elle, BNP Paribas, le Crédit Agricole  et Natixis « ont toutes des politiques et des engagements dans les matières premières agricoles risquant de favoriser la déforestation ».

Des acteurs de la déforestation en Amazonie ou en Afrique

BNP Paribas a participé en 2019 à une émission de 500 millions de dollars d’obligations de transition pour le compte du géant brésilien de la viande de boeuf Marfrig, a découvert l’ONG. Or impossible d’affirmer que les fermes vendant à ses fournisseurs directs ne sont pas liées à la déforestation. La banque affirme au contraire que cette opération visait justement à réduire les problèmes de déforestation. Elle a également affirmé à Global Witness que tous ses clients en Amazonie « étaient certifiés ou engagés dans un processus de certification » afin de garantir des pratiques responsables.

Le Crédit Agricole serait quant à lui le principal financeur de Halcyon Agri, firme ayant pris le contrôle il y a deux ans d’une usine de caoutchouc au Cameroun, ayant fait raser 2.300 hectares de forêt entre 2016 et 2018.

Quant à Natixis, il a accordé 45 millions d’euros de ligne de crédit renouvelable au groupe agroalimentaire Olam International. Un groupe accusé en 2016 par le groupe de pression environnemental Mighty Earth d’avoir causé la déforestation de 20.000 hectares au Gabon pour créer une grande usine d’huile de palme.

On se demande souvent que faire, à notre échelle, pour limiter la déforestation : écrire à sa banque pour signaler son mécontentement ou opter pour une banque plus éthique sont des solutions pour ne pas être complices nous-aussi, de la destruction des forêts.

Illustration bannière : Déforestation – © Tarcisio Schnaider

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