Comment se préparer à l’augmentation des pics de chaleur urbains ?

La conférence mondiale de la Croix Rouge s’est penchée sur les bonnes réactions à avoir face aux pics de chaleurs urbains qui ne cessent de s’allonger et de se multiplier.

Rédigé par Paul Malo, le 20 Apr 2019, à 10 h 15 min

Elles sont de plus en plus fréquentes, intenses et prolongées. Comment faire face aux vagues de chaleur en milieu urbain ? C’était le thème phare abordé lors de la Conférence mondiale de la Croix-Rouge française à Cannes.

La multiplication des vagues de chaleur en milieu urbain au coeur des préoccupations

Pour réagir au mieux aux vagues de chaleur, les maîtres-mots sont prévention et action précoce, a estimé la Croix-Rouge française, lors de sa grande conférence mondiale, organisée à l’occasion des 100 ans de la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR), les 15 et 16 avril dernier.

Ville prises dans une vague de chaleur © Tom Wang

« Aujourd’hui, près d’un tiers de la population mondiale fait face à des pics de chaleur pendant au moins 20 jours par an. D’ici 2100 cette proportion pourrait grimper à 70 % de la population si rien n’est fait pour limiter le réchauffement climatique », souligne ainsi la FICR(1).

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27 façons différentes de mourir de chaleur

D’ici 2100, cette proportion pourrait grimper à 70 % de la population si rien n’est fait pour limiter le réchauffement climatique. « Nous avons identifié 27 manières de mourir liées à de forts pics de chaleur, qui trouvent leur origine dans cinq grands mécanismes physiologiques qui impactent sept organes vitaux, explique Camilo Mora, professeur à l’Université de Hawaii.

Comment réagir au mieux à ces vagues de chaleur et limiter autant que faire se peut la mortalité due à ces phénomènes ? C’est la question que s’est posée la Croix-Rouge française. Informer les populations sur les gestes à adopter, pour se prémunir des effets néfastes de ces pics, constituerait une première étape cruciale.

Les vagues de chaleur exacerbent les insuffisances cardio-vasculaires, provoquent insolations, déshydratations et maladies rénales, voire la mort, estime l’OMS.

On estime ainsi à de 2 % à 5 % l’augmentation du nombre de morts par degré Celsius de température supplémentaire. « En 1950, 751 millions de personnes vivaient en ville. Ce chiffre est aujourd’hui passé à 4,2 milliards d’individus. On comprend donc aisément l’ampleur du problème auquel les populations des zones urbanisées sont et seront confrontées, avec des pics de chaleur plus fréquents, qui durent plus longtemps », décrypte le Dr. Joy Shumake Guillemot, co-présidente du Global Heat Health Information Network de l’OMS

Les vagues de chaleur peuvent impacter sept organes vitaux de l’organisme. © Adam Gregor

Or, les conséquences des vagues de chaleur sur la santé sont plus nombreuses que l’on pourrait l’imaginer. D’abord, en affaiblissant les organismes, elles provoquent des maladies ou en aggravent certaines. Ensuite, les urbains sont particulièrement vulnérables à cause des « effets d’îlots de chaleur urbaine » conduisant à des températures plus élevées dans les centres urbains plutôt que dans les campagnes environnantes.

Enfin, les plus âgés, les enfants, les personnes atteintes de maladies chroniques, qui travaillent à l’extérieur, qui habitent dans des logements précaires et manquent d’accès aux infrastructures et services de base, sont plus sujets aux maladies liées à la chaleur.

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Quelles solutions pour faire face ?

Parmi les axes de réflexion pour lutter contre ces pics de chaleur : revégétaliser les villes. Si l’ombre procurée par les arbres diminue l’effet de canicule, la végétation permet également de purifier l’air. Une autre idée pour lutter contre les effets sanitaires des vagues de chaleur : mettre en place des dispositifs de rafraîchissement à destination des populations urbaines, sous forme de diffuseurs d’eau en spray installés sur la voie publique.

Cependant, cette solution s’avère coûteuse en eau et nécessite de développer des méthodes innovantes pour assurer une durabilité.

Pour Cheikh Kane, conseiller en politique de résilience au changement climatique du Centre climat de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, « une réponse au problème pourrait être de mettre les populations à l’abri, dans des dispositifs de rafraîchissement. Nous testons actuellement l’installation de tentes spécifiquement conçues pour intégrer un système réfrigéré, qui couvrent un très large périmètre, de la taille d’un village, pour protéger les personnes les plus vulnérables ».

Les jours de canicule, les fontaines sont toujours appréciées des enfants… mais aussi des adultes © Anna Nahabed

Au final, la conférence mondiale de la Croix Rouge estime que, pour réagir au mieux aux vagues de chaleur, les maîtres-mots sont prévention et action précoce. Informer les populations sur les gestes à adopter pour se prémunir des effets néfastes de ces pics constitue une première étape cruciale, pour limiter considérablement la mortalité due à ces phénomènes de forte chaleur.

Une application a ainsi été développée par les Global Disaster Preparedness Center et Global First Aid Reference Center de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. Baptisée L’Appli qui Sauve, cette application grand public a été pensée pour ceux qui souhaitent savoir réagir en situation de crise. Elle permet d’adopter les bons gestes quelles que soient les situations : accidents, catastrophes naturelles mais également périodes de canicule.

Pour en savoir plus sur L’Appli qui sauve, rendez-vous sur l’App Store ou sur Google Play. En France, plus de 500.000 utilisateurs l’ont déjà téléchargée gratuitement.

Illustration bannière : Femme buvant une bouteille d’eau en pleine canicule -© FocusStocker
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