Au Royaume-Uni, les écureuils sont porteurs de la lèpre

On pensait la maladie disparue d’Occident depuis des siècles. Pourtant, la lèpre existe encore et les écureuils du Royaume-Uni en sont porteurs. Explications

Rédigé par Maylis Choné, le 15 Nov 2016, à 11 h 05 min

C’est une étude parue dans la revue Science qui révèle cette découverte. Les écureuils du Royaume-Uni sont des réservoirs vivants du virus de la lèpre.

Les écureuils, porteurs mais pas forcément malades

Aucun humain n’a attrapé la lèpre depuis plusieurs siècles au Royaume-Uni. Pourtant, le virus n’a jamais été totalement éradiqué. Pour cause, il se cachait chez les écureuils roux. L’étude, menée par Anna Meredith de l’université d’Edimbourg, révèle que sur 110 écureuils analysés en Angleterre, Écosse et Irlande, les deux bactéries responsables de la lèpre, à savoir Mycobacterium leprae (celle du Moyen-Age) et Mycobacterium lepromatosis (découverte en 2008), ont été retrouvées. Neuf écureuils portaient la bactérie lepromatosis, et les 25 animaux venus de l’île de Brownsea portaient la bactérie leprae ! Les bactéries étaient présentes chez 21 % des animaux ne présentant pas de symptômes. 13 seulement souffraient des symptômes de la maladie.

lèpre, maladie infectieuse

Femme atteinte de lèpre © Tidarat Tiemjai Shutterstock

Plus étonnant, la souche découverte chez les écureuils de l’île de Brownsea est très similaire à celle retrouvée sur un squelette humain enterré à 70 kilomètres de là, il y a sept siècles ! Les scientifiques expliquent ainsi qu’un pathogène peut subsister dans un environnement bien longtemps après avoir été éradiqué chez l’être humain.

L’humain n’est pas menacé

Aujourd’hui, la lèpre chez l’Homme est présente dans des pays en voie de développement et touche environ 200.000 nouvelles personnes chaque année. Les principaux symptômes sont des lésions de la peau, une atteinte des nerfs périphériques et, par conséquent, une perte de sensation et des difformités visibles. La maladie peut-être soignée grâce à des antibiotiques, mais devient mortelle si elle ne l’est pas.

En revanche, en hémisphère nord, les hommes n’ont pas contracté le virus depuis des siècles, alors même qu’ils vivaient à proximité de ces écureuils. « Ce que nous cherchons à savoir maintenant, c’est : les écureuils ont-ils attrapé la lèpre transmise par les hommes (…), ou cela s’est-il passé dans l’autre sens ? Les humains ont-ils au départ été infectés par les écureuils ? », s’est interrogée Anna Meredith auprès de la BBC.

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