Amsterdam encombrée par des bouchons … de vélos !

Rédigé par Jean-Marie, le 29 Sep 2013, à 10 h 17 min

Amsterdam a la réputation flatteuse d’être la capitale mondiale du vélo. Sans doute une position envieuse et pleine d’avantages. Pourtant, le vélo a pris une telle place dans la ville, qu’on commence à rencontrer des inconvénients qu’on croyait réservés à l’automobile.

Plus de vélos que d’habitants à Amsterdam

amsterdam-velo Sans doute la ville la plus pratiquante de vélo au monde, Amsterdam compte environ 880 000 vélo pour 800 000 habitants.

A Amsterdam, il est fréquent qu’une personne possède plus d’un vélo :

> par exemple un vélo « cargo », plus lourd, pour faire les courses et un vélo plus léger pour les déplacements quotidiens.

> 32 % des trajets sont effectués à vélo
> 22 % des trajets sont faits en voiture
> Amsterdam co
mpte plus de vélos que d’habitants et 4 fois plus que de voitures !
> 490 000 personnes (contre 340 000 en 1992) prennent leur vélo tous les jours et parcourent 2 millions de kilomètres sur 400 kilomètres de pistes cyclables.

> Nombre de vélos vendus aux Pays-Bas

Vélos, voitures, les taxis, tramways et piétons : cohabitation délicate

Mais aujourd’hui, la ville rencontre des problèmes (de luxe) tels que des embouteillages de vélos et le manque de place de parking pour tous ces deux-roues. « Les pistes cyclables les plus utilisées sont trop petites pour le flux grandissant de cyclistes », reconnait le conseil municipal. Il y aurait-il trop de vélos ?

velos-amsterdamFlickr/CC BY-SA 2.0
Les scooters qui dépassent fréquemment les 20 km/h autorisés gênent les vélos

Pas trop vélos mais …

Ce serait absurde de dire qu’il y a trop de vélos. Mais il faut reconnaître que ce sont les infrastructures qui n’ont pas suivi l’essor du cycle. Car circuler à vélo n’a pas toujours été si populaire à Amsterdam. Depuis le début des années 1990, la popularité du vélo s’est accrue de 40 %. Les équipements n’ont pas suivi malgré un effort de construction notable. Aujourd’hui, il faudrait un peu moins de vélo certes, mais surtout plus de garages à vélo, y compris souterrains, des racks à vélo, des files de circulation réservées plus nombreuses, …

L’immense et désormais célèbre parking de la gare centrale d’Amsterdam est complètement saturé malgré ses 10 000 places sur 3 étages. En octobre 2008 déjà, la mairie d’Amsterdam avait calculé son taux d’occupation : 136 %.

parking-velo-amsterdamUn parking à vélos d’Amsterdam     Flickr/CC BY 2.0

Résultat, le parking sauvage est inévitable. Et la Police sévit en enlevant les bicyclettes, créant des tensions avec les cyclistes : Environ 50 000 vélos, considérés comme gênants pour le passage ou immobiles trop longtemps à la même place, sont ainsi enlevés chaque année des rues d’Amsterdam. Autre souci les vols qui sont favorisés par la multitude de vélos présents dans ces immenses parkings.

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Jean-Marie Boucher est le fondateur de consoGlobe en 2005 avec le service de troc entre particuliers digitroc. Rapidement, il convertit ses proches et sa...

9 commentaires Donnez votre avis
  1. Savez vous qu’il existe des visites guidées a velo dans Amsterdam?

  2. Les infrastructures n’ont pas suivi…???
    Bah oui, comme en son temps avec l’expansion de l’automobile. Et cela est voulu. Comme ça, une fois que les gens se sont bien équipé, on peut les pruner joyeusement pour différents prétextes, parfois très imaginatifs.
    Reste que je constate toujours une différence dramatique de traitement entre des cyclistes toujours plus indisciplinés et des automobilistes toujours plus brimés et taxés.
    Une conception « Hollandaise » du respect des choix personnels et de l’équité, sans doute…

  3. 1) piste à contre-sens dans une rue:
    – quelle bêtise ! c’est du suicide garanti !
    Ils viennent de mettre des piste cyclable à contre-sens dans ma commue dans une rue ou un camionnette à du mal a passer !
    2) La conduite à vélo (et à moto) :
    – Messieurs, Mesdames ; veuillez respecter le code de la route, si vous ne voulez pas ne pas avoir d’accidents !
    Il devrait y avoir un permis pour conduire un deux roues

    • 1)le contre sens en vélo se passe plutôt bien selon moi; ça fait moins peur de croiser une voiture qu’on voit arriver que de se faire doubler par elle. En plus, on est dans le bon sens des portières, si une s’ouvre, on se la prend plus doucement…
      2)il devrait y avoir un permis pour utiliser les double négations… 😉

  4. ce sujet est intéressant, il serait bon que ces observations se complètent aussi des observations sur les problèmes généraux des cycles car ça fait partie d’un tout.
    Eh oui ! Il y a beaucoup d’incohérences. On demande aux gens d’êtres moins polluants mais on ne leur en donne pas les moyens en n’organisant pas les choses dans le bon sens. Pire, quand ce sont des « pionniers » on les mets dans des situations de vulnérabilité et de danger. Je pense, effectivement, qu’on en prend le pli en France :
    Pistes cyclables trop rares, rebondissantes (trous, déformations, descentes et montées de trottoirs, plaques d’égouts…). Ces pistes cyclables se terminent très souvent au milieu d’un trottoir, contournent les routes en envoyant (par exemple) les gens à l’ouest alors qu’ils se dirigent à l’est (on oublie que le vélo peut être, effectivement, un objet de loisirs, mais ici, en l’occurrence, c’est avant tout un objet utile et offrant une réponse à bien des problèmes). On arrête les cyclistes dans les côtes (en oubliant qu’ils fournissent une énergie conséquente à leur avancée, ben oui, ça n’est plus le pied droit qui se muscle !), sans compter qu’un vélo cargo est particulièrement lourd et, pourtant, permet, entre autres, de véhiculer des enfants à l’école, ce qui peut s’avérer être, pour l’instant, la meilleure réponse aux encombrements et pollutions (principalement sonores et atmosphériques). On crée des virages entre deux trottoirs pour éviter une route (je ne vous raconte pas avec un vélo cargo chargé !). On met un «cédez le passage» devant une route (remplie d’eau par temps de pluie au niveau de la «station», le trou, d’ailleurs, faisant basculer le vélo cargo ou la remorque), ce «cédez le passage» étant complètement incohérent puisque les automobilistes en ont un aussi pour laisser passer des véhicules venant de gauche : total, comme ils s’en foutent (car ils sont prioritaires par rapport aux cyclistes), ils s’avancent même s’il ne peuvent pas passer, clouant ainsi les pauvres deux roues, en sachant que de toute façon au niveau de la rapidité de démarrage ces derniers seront très largement en position délicate…
    Pour ce qui est du stationnement du cycle, je n’ai pas encore trouvé de grosses difficultés. J’ai tout de même le sentiment que les choses sont plutôt faites de façon à ce que les «vélibs» prennent une bonne part de place, qu’ainsi, donc, le côté avantageux économiquement (ça rapporte) pour la ville soit en principal objectif (on ne doit pas payer assez d’impôts). Il est vrai donc que nous risquons de nous retrouver bientôt dans des impasses si rien n’est fait en symbiose avec l’évolution des besoins de société, de sa santé et du respect de l’environnement !

  5. Je suis bien d’accord avec Bérangère, nos gouvernants, de tous bords, n’envisagent pas d’offrir aux gens qui souhaiteraient circuler à vélo des infrastructures les mettant à l’abri des « prédateurs » que sont certains automobilistes. En effet, une partie d’entre eux n’ont absolument pas conscience d’avoir entre les mains un véhicule qui peut donner la mort ! C’est dingue !!! Et ils conduisent et se croient tout permis !!! Personnellement, j’ai deux vélos, mais je n’ose pas sortir avec car j’ai peur !!!

    • ALors deux trois petites astuces :
      – le casque bien sûr, mais je ne devrais même pas à avoir à le dire(c’est plus simple de se recoiffer que de se remettre d’un trauma crânien)
      – le gilet fluo
      – un « air zoom » : Ce sont des avertisseurs sonores à air comprimé : garanti, les automobilistes vous entendent !
      – des relight ou tout système (sans pile) de flash sur roue, ca aide à la bonne visualisation de jour comme de nuit

      Ceci dit, c’est sur que les pouvoir public devrait plus prendre en considération les réseaux de pistes/voies cyclistes

      Et bonne route

  6. on a de la marge… ceci dit, c’est une bonne leçon .
    Il ne sufit pas de penser « vélo » il faut vraiment que les collectivités se penchent sur nos infrastructures.Des km de pistes cyclables protégées, à double sens…quel rêve pour mobilityurban.fr

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