Déchets jetés sur la voie publique : hausse conséquente des amendes

Comment éviter que des masques qui mettent plus de quatre siècles à se désagréger finissent dans la nature ? Le gouvernement a tranché : en multipliant l’amende par deux.

Rédigé par Paul Malo, le 8 Jun 2020, à 10 h 10 min

Est-ce que ce sera suffisant pour faire cesser une nouvelle pollution née de la lutte contre le Covid-19 ? L’amende infligée va bientôt doubler pour celles et ceux qui jettent leur masque ou leurs gants (mais aussi leurs mégots et autre détritus) par terre.

Déchets abandonnés dans la nature : une amende qui passe de 68 à 135 euros

Il est des gestes qui méritent d’être punis à la hauteur de leur inconséquence. Dommage collatéral de la lutte contre le coronavirus : bon nombre de gants et de masques usagés finissent sur le sol, dans la rue, dans les cours d’eau, et donc dans la mer. C’est pourquoi la secrétaire d’État auprès de la Transition écologique et solidaire, Brune Poirson, vient d’annoncer un « durcissement des sanctions pour tous les abandons de déchets sur la voie publique ».

C’est dans le cadre d’une collecte de déchets en plastique sur une plage de Gironde avec l’association Surfrider, que Brune Poirson a annoncé ces nouveaux tarifs majorés. L’amende s’élevait jusque-là à 68 euros avec une majoration jusqu’à 180 euros en cas d’oubli ou de non-paiement dans les délais. Elle s’élèvera désormais à 135 euros et pourra aller jusqu’à 375 euros. Elle pourrait même aller jusqu’à 750 euros si un procès-verbal est établi par la police et transmis au tribunal.

Lire aussi : La réduction des déchets, victime collatérale du coronavirus ?

Un décret proposé dans quelques jours

Comme l’a souligné la secrétaire d’État lors de son annonce, « bien se débarrasser de ses déchets potentiellement infectieux en les jetant à la poubelle, c’est aussi lutter contre la propagation du virus ». Non seulement ces gestes d’incivilité, encore plus inacceptables dans le monde d’après, polluent l’environnement, mais ils mettent aussi potentiellement en danger les agents de nettoiement chargés de nettoyer les rues.

Ces nouveaux tarifs d’amendes devraient faire l’objet d’un projet de décret dans les prochains jours, faisant passer le dépôt de déchets dans la nature ou sur la voie publique d’une contravention de 3e classe à une contravention de 4e classe. Une fois le Conseil d’État saisi, la décision pourrait entrer en vigueur dans les semaines suivantes.
En parallèle, une campagne d’affichage est lancée avec l’association Gestes propres, l’association des maires de France et l’entreprise Citeo, à l’occasion de la journée mondiale de l’océan, le lundi 8 juin.

Une mise en oeuvre qui semble compliquée

Flore Berlingen, directrice de Zero Waste France,  interrogée par Franceinfo se félicite à moitié : « augmenter les amendes est dissuasif » mais elle s’inquiète que  les communes ne sont pas forcément été « dotées de moyens supplémentaires pour pouvoir appliquer ces amendes ».

Pour elle, il faut surtout s’attaquer au problème des objets à usage unique et du plastique jetable qui font leur grand retour, les industriels profitant de l’épidémie de Covid-19 pour vanter leurs prétendues qualités « hygiéniques ». Le gouvernement doit donc envoyer un message plus fort en rappelant que des alternatives existent !

Illustration bannière : La crise sanitaire a accentué le problème des déchets © Guillem de Balanzo
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