La réduction des déchets, victime collatérale du coronavirus ?

Retour en force du plastique, de l’usage unique, recours au tout jetable… Impossible de penser le déconfinement que nous vivons sans se poser la question de notre dépendance au jetable.

Rédigé par Paul Malo, le 30 May 2020, à 8 h 00 min

Peut-on se protéger de la pandémie sans nuire à l’environnement ? Le recours massif au plastique et au jetable pose question.

Un recours réflexe au jetable, loin des visées de réduction des déchets

Des emballages à usage unique à tout va, des panneaux de Plexiglas devant les caisses des magasins, des millions de lingettes désinfectantes et de masques jetables, des bouteilles d’eau distribuées dans les bureaux… Clairement, si la population comme les entreprises font tout pour se prémunir contre le Covid-19, la protection de l’environnement, elle, va rapidement en pâtir.

environnement covid-19 pollution

Les volontés de sortir du tout-jetable exprimées il y a encore quelques mois semblent être oubliées © Fevziie

En ces temps de confinement, « le recours massif au jetable ne doit pas être l’unique proposition », alerte l’association Zero Waste France(1)

Au-delà de simplement dénoncer le recours au tout jetable, quels gestes mettre en place pour l’éviter, à quelles alternatives faire appel ? Côté gestes barrières, rien n’empêche de réserver l’usage de masques jetables aux cas les plus extrêmes, et de se contenter de porter des masques lavables respectant les normes établies par l’Afnor.

De même, le gel hydroalcoolique ne s’utilise qu’en cas d’absence d’eau et de savon. Quant aux récipients à gel dans les commerces et lieux publics, eux aussi doivent pouvoir être réutilisables voire consignés.

Lire aussi : Comment passer au zéro déchet lorsqu’on n’a pas beaucoup d’argent ?

Jetable et propre ne sont pas synonymes

« Nous appelons à débattre de l’impact environnemental des mesures prises dans le cadre du déconfinement », appelle Zero Waste France.
En effet, « le recours au jetable, dans l’urgence du début de la crise sanitaire, semble se transformer en une nouvelle normalité, sans que la question des alternatives possibles soit posée. (…) Nous avons le sentiment que ce recours massif au jetable dans le cadre du déconfinement se fait par réflexe, et par défaut ».

Pour l’association, « tout comme il est impensable de mettre sur pied un plan de sauvetage économique qui ne prendrait pas en compte la nécessaire transition écologique, il est absurde de penser le déconfinement sans s’autoriser à imaginer d’autres protocoles, d’autres modalités d’organisation qui ne reposeraient pas uniquement sur notre dépendance au jetable ».

Des bâches devant les caisses des magasins aux masques de protection, le plastique est devenu omniprésent dans notre quotidien face à l’épidémie actuelle © InkheartX

En effet, rappelle à juste titre Zero Waste France, « faut-il rappeler, qu’en général, une surface peut être rendue propre sans qu’il soit nécessaire de passer par de l’usage unique ? Que ‘jetable’ et ‘propre’ ne sont pas des synonymes, qu’il s’agit d’une construction savamment entretenue par des décennies de marketing, notamment en ce qui concerne le plastique ? Une construction qui fait l’impasse sur les impacts sanitaires immédiats (pour les populations qui subissent les pollutions et les risques liés à sa production) et de long terme (par les risques induits par sa dissémination dans l’environnement et dans notre chaîne alimentaire) du tout-plastique. »

Bien gérer les déchets inévitables

Et si l’on ne peut garder le cap du zéro déchet, comment, a minima, veiller à ne pas jeter tout et n’importe quoi n’importe où ?
Déjà, masques et gants usagés se retrouvent dans la nature, les rivières et la mer… Comment les jeter proprement et de façon à ne pas nuire plus encore à l’environnement ? Jetez vos masques, gants et mouchoirs dans un sac poubelle à part, séparé et bien fermé, et conservé 24 h de côté, de façon à protéger également les éboueurs de toute contamination au Covid-19.

Utilisez autant que possible des masques réutilisables (après lavage consciencieux bien-sûr) © Apple_Mac

Tout récemment, Laurent Lombard, fondateur de l’association Opération Mer Propre, a filmé masques chirurgicaux et gants en mer Méditerranée. « Sachant que plus de deux milliards de masques jetables ont été commandés, bientôt il risque d’y avoir plus de masques que de méduses dans les eaux de la Méditerranée », s’inquiète-t-il.
Évidemment, ce n’est pas en mer ou par terre que masques et gants doivent finir : en effet, de tels déchets mettront extrêmement longtemps à se décomposer : il faut compter 400 à 450 ans pour un masque !

Comme si nous devions encore aujourd’hui gérer les déchets datant du Moyen-Age…

Illustration bannière : En plus des plastiques ‘habituels’, va-t-on laisser masques, gants et matériel médical commencer à se répandre dans la nature ? – © Ball-Ammarit KN
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1 commentaire Donnez votre avis
  1. Vu que je n’achète pratiquement rien d’emballé, que du vrac, je n’ai pas plus de déchets qu’avant, même pendant le confinement.
    Je n’avais pas sorti ma poubelle depuis presque trois mois !

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