Allocation forfaitaire de télétravail : à combien avez-vous droit en 2026 ?

Télétravail : en 2026, vous pourriez toucher jusqu’à 72,60 € par mois… encore faut-il connaître vos droits.

Rédigé par , le 13 Jan 2026, à 10 h 08 min
Allocation forfaitaire de télétravail : à combien avez-vous droit en 2026 ?
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Montants exonérés, conditions de versement, rôle des accords collectifs et articulation avec les frais réels : le cadre juridique du télétravail fixe clairement ce que l’employeur doit assumer et ce à quoi les salariés peuvent prétendre.

Télétravail : d’une manière ou d’une autre, l’employeur est tenu de rembourser les frais réellement engagés

Le télétravail s’est durablement installé dans l’organisation du travail et pose une question centrale en droit du travail : celle de la prise en charge des frais supportés par les salariés qui exercent leur activité depuis leur domicile. En principe, un salarié en télétravail ne doit pas assumer des dépenses professionnelles à la place de son employeur. Le droit est clair : dès lors que des frais sont engagés pour les besoins de l’exécution du contrat, l’employeur doit les prendre en charge. Cette obligation concerne notamment les coûts liés à l’usage du domicile à des fins professionnelles, comme l’électricité, le chauffage ou l’abonnement internet, mais aussi les dépenses de matériel et de fournitures indispensables à l’activité. Le télétravail n’ouvre toutefois pas automatiquement droit à une indemnité spécifique, sauf si un accord collectif ou une charte d’entreprise le prévoit expressément. En revanche, le remboursement des frais réellement engagés reste une obligation légale, indépendamment du cadre conventionnel.

Pour simplifier cette prise en charge, l’employeur peut recourir à une allocation forfaitaire de télétravail. Cette solution permet de compenser les frais sans exiger de justificatifs, dans des limites fixées par l’administration. En 2026, en l’absence d’accord collectif, cette allocation peut atteindre 2,70 euros par jour de télétravail, dans la limite mensuelle de 59,40 euros, ou 11 euros par mois pour un salarié télétravaillant une journée par semaine. Lorsque le télétravail est encadré par une convention collective ou un accord de groupe, les plafonds exonérés sont relevés à 3,30 euros par jour, avec un maximum mensuel de 72,60 euros, ou à 13,20 euros par mois pour une journée hebdomadaire. Tant que ces montants ne sont pas dépassés, ils sont exonérés de cotisations sociales, ce qui en fait un outil attractif pour les entreprises comme pour les salariés.

En télétravail, les frais professionnels continuent d’être remboursés

Au-delà de ces allocations, le télétravail continue d’ouvrir droit au remboursement intégral des frais professionnels engagés sur justificatifs, dès lors qu’ils sont nécessaires à l’activité. Cela concerne par exemple l’achat d’un équipement informatique spécifique, des dépenses de téléphonie professionnelle ou encore l’adaptation ergonomique d’un espace de travail à domicile. Ces remboursements ne constituent ni un avantage en nature ni un complément de salaire, à condition qu’ils correspondent à des dépenses réelles et justifiées. L’allocation forfaitaire ne remplace donc pas le remboursement au réel, mais coexiste avec lui, chaque dispositif répondant à des situations différentes selon la nature des frais engagés.

Enfin, il convient de distinguer clairement les règles sociales de celles applicables à l’impôt sur le revenu. Du point de vue fiscal, un salarié en télétravail peut également opter pour la déduction des frais réels lors de sa déclaration, dans des plafonds proches de ceux retenus pour les allocations forfaitaires, sans avoir à produire de justificatifs. Ce choix dépend toutefois de la situation individuelle du salarié et de l’importance des frais engagés. Vous l’aurez compris : le télétravail repose donc sur un équilibre juridique : il n’impose pas systématiquement une indemnité spécifique, mais garantit que les salariés ne supportent pas seuls les coûts liés à l’exécution de leur travail à distance, qu’ils soient compensés par une allocation ou remboursés sur justificatifs.

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Journaliste de formation, Anton écrit des articles sur le changement climatique, la pollution, les énergies, les transports, ainsi que sur les animaux et la...

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