Probable accident nucléaire russe : 14 pays européens sous un nuage radioactif

Dès le 29 septembre 2017, 14 pays européens, dont la France, ont enregistré la présence dans l’air ambiant d’un élément radioactif, le ruthénium 106. Sa source se situerait en Russie.

Rédigé par Anton Kunin, le 13 Nov 2017, à 12 h 00 min

La présence dans l’air de pays européens, de ruthénium 106, un élément radioactif résultant de la fission nucléaire du plutonium, de l’uranium et de thorium, inquiète les autorités. À tel point que l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a demandé à l’ensemble des pays membres de communiquer les résultats de leurs mesures.

Pendant 17 jours, un « nuage radioactif » aurait plané dans le ciel français

En France, l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), qui dispose d’une quarantaine de stations de mesure d’aérosols par filtration d’air, a relevé la présence dans l’air de ruthénium 106 entre le 27 septembre et le 13 octobre 2017. Le niveau le plus élevé (de 46 microbecquerels par mètre cube d’air) a été mesuré à Nice, entre le 2 et le 9 octobre 2017. Depuis, sa concentration a diminué au point de ne plus être enregistrable. Mais des interrogations sur l’origine de ces émanations persistent et le doute perdure sur un pays en particulier : la Russie.

accident nucléaire

carte représentant l’origine plausible du rejet

De l’autre côté de la frontière, les préoccupations concernant la salubrité de l’air ambiant ne sont pas vues d’un bon oeil. « Nous ne confirmons ni des sursauts du niveau de radiation ni des fuites. Les mesures sont réalisées en continu. […] Et si des demandes d’informations sur le fonctionnement de nos établissements sensibles sont formulées, il pourra s’agir d’espionnage industriel », assène Evgeny Savchenko, le ministre de la sécurité de la région de Tchéliabinsk.

Ruthénium 106 : une installation nucléaire russe en cause ?

Si le fonctionnaire est à tel point soucieux d’éviter tout risque d’espionnage industriel, c’est que sur son territoire se situe Ozersk, une de ces villes fermées où la Russie possède des installations nucléaires dont une usine de recyclage de combustible nucléaire usagé.

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Selon Nadezhda Kutepova, l’ancienne présidente d’un fond environnemental à Ozersk, accusée d’espionnage par les autorités russes et réfugiée en France depuis 2016, des « essais de sirènes » ont été réalisés dans la ville les 25 et 26 septembre 2017, rapporte le journal russe Kommersant. D’après la militante, non seulement la date de ces essais (pourtant réguliers) était inhabituelle, mais cette fois-ci ils ont été annoncés par l’usine traitant les déchets et non par le ministère des Sinistres, comme c’est le cas habituellement.

Par ailleurs, leur date coïncide étrangement avec l’arrivée à Ozersk par voie ferrée, le 22 septembre 2017, d’un convoi de combustible nucléaire usagé. C’était la première fois que l’usine d’Ozersk réceptionnait un combustible de ce type. L’arrivée de ce convoi était l’occasion de tester un nouveau type de conteneur et un nouveau quai de déchargement, avant des essais dans l’enceinte même de l’usine de recyclage.

Illustration bannière : Y a de la radioactivité dans l’air ! – © Anan Kaewkhammul
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Journaliste de formation, Anton écrit des articles sur le changement climatique, la pollution, les énergies, les transports, ainsi que sur les animaux et la...

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  1. rawr

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