Abattoir d’Alès : L214 épingle l’État pour dysfonctionnement de la justice

Le procès du directeur de l’abattoir d’Alès s’ouvrira le 11 février 2019. Seul prévenu dans cette affaire , il n’est poursuivi que pour trois infractions et risque trois amendes de 750 euros maximum. Trop peu au goût de l’association L214 qui porte plainte contre l’État.

Rédigé par MEWJ79, le 6 Feb 2019, à 10 h 15 min

L’association L214, qui avait filmé en 2015 des images chocs en caméra cachée dans l’abattoir d’Alès, dénonce aujourd’hui un dysfonctionnement judiciaire et porte plainte contre l’État.

L214 porte plainte contre l’État pour dysfonctionnement de la justice

Tout comme l’État a été poursuivi pour inaction climatique, il est attaqué cette fois par une association de défense des animaux pour dysfonctionnement judiciaire. L214, qui avait tourné des images chocs dans l’abattoir à Alès, porte donc plainte contre l’État(1). 

Pour rappel, la vidéo, tournée en caméra cachée, avait dénoncé les dysfonctionnements de cet abattoir, en octobre 2015. On y voit des animaux maltraités et de nombreuses violences. Mais si ces images avaient suscité de vives réactions dans les médias et l’opinion publique, peu de conséquences ont été constatées depuis trois ans.

Le directeur de l’abattoir, seul prévenu, n’encourt que des amendes

Ainsi, le 11 février 2019, comparaîtra devant le juge le seul directeur de l’abattoir. Pire pour l’association, ce dernier ne risque que trois amendes de 750 euros au maximum. En effet, alors que 175 infractions ont été relevées, l’homme n’est poursuivi que pour trois d’entre elles, pour « installations et équipements non conformes ».

Au final, l’association est donc choquée qu’aucune poursuite ne concerne la souffrance animale. Dans un communiqué, elle dénonce : « Tous les ‘mauvais traitements’ relevés par l’enquête ont quant à eux été écartés : pourtant répétés à de nombreuses reprises, les absences de contrôle de l’inconscience des animaux, les saignées tardives et les cisaillements de la gorge ne seront pas jugés. »

La vidéo de L214 avait déclenché un scandale en octobre 2015 © GERARD BOTTNO / Shutterstock

Autre grief de l’association : Le parquet ne leur aurait transmis le dossier pénal que « trois mois après la prescription des 172 autres infractions, nous empêchant de les poursuivre par citation directe », précise le communiqué qui dénonce un déni de justice.

Et de conclure : « l’absence de poursuite de 172 infractions identifiées par l’enquête judiciaire constitue une faute lourde ». Les combats à mener pour la cause animale sont encore bien nombreux et les animaux continuent de souffrir dans les abattoirs de France et d’ailleurs !

Illustration bannière : Carcasses bovines dans un abattoir – © Food and Photo
Références :
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Journaliste, je fais le grand écart entre football et littérature jeunesse.

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