Complémentaires santé des communes : qui sont les bénéficiaires et à quel prix ?
En France, un nombre croissant de communes propose désormais à leurs habitants des complémentaires santé à tarifs préférentiels. Mais à qui s’adressent vraiment ces offres locales ? Derrière les promesses de solidarité et d’économie, ces dispositifs ciblent des publics bien précis, souvent exclus des mutuelles traditionnelles.

Sur fond de hausse continue des cotisations et d’inégalités persistantes d’accès aux soins, les complémentaires santés proposées par les communes ambitionnent de corriger le tir. Elles se multiplient à travers le pays, séduisant de plus en plus d’adhérents. Mais ces dispositifs sont-ils vraiment universels, ou ciblent-ils une frange bien définie de la population ?
Des offres pensées pour ceux exclus du système classique
À la différence des complémentaires santé collectives imposées par les entreprises depuis le 1ᵉʳ janvier 2016, les dispositifs lancés par les communes s’adressent avant tout à ceux que le système standard ignore. Il s’agit des retraités, des indépendants, des chômeurs ou encore des agents publics non couverts. Cette population, bien souvent laissée pour compte, se voit ici proposer une couverture à des conditions d’adhésion simplifiées et sans barrières médicales.
D’après le Monde, « environ 4 % des Français âgés de plus de 15 ans ne disposent pas de complémentaire santé ». Ce chiffre grimpe jusqu’à 12 % « chez les 10 % les plus pauvres », selon la Drees (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques). Dans ce contexte, les communes prennent le relais, avec une offre conçue pour « les habitants sans distinction d’âge, de revenus ou d’état de santé ».
Seniors en première ligne : une cible privilégiée
Parmi les premiers bénéficiaires de ces complémentaires santé, on retrouve massivement les seniors, souvent en difficulté pour financer leur couverture depuis la fin de leur carrière. Le Monde rapporte que « dans certaines communes, jusqu’à 85 % des adhérents sont des retraités ». Ces derniers voient disparaître les avantages des mutuelles collectives, tout en faisant face à des besoins médicaux croissants et des cotisations toujours plus élevées.
Les collectivités locales offrent alors une alternative attractive. Des données issues du terrain montrent que ces mutuelles communales permettent de « réduire le coût annuel de plusieurs centaines d’euros », avec des tarifs parfois « de 15 à 30 % inférieurs à ceux du marché ». Une bouffée d’oxygène pour ceux dont le revenu mensuel moyen ne dépasse souvent pas les 1 200 euros.
Une couverture modulable et sans conditions
Le modèle proposé par les communes repose sur des principes d’accessibilité et de souplesse. Aucune condition d’âge, aucun questionnaire médical, et des niveaux de garantie personnalisables : voilà les piliers de cette nouvelle offre mutualiste. Cette universalité, souvent vantée par les acteurs locaux, en fait une option particulièrement inclusive. Certains contrats permettent également l’adhésion de personnes qui travaillent ou étudient dans la commune, même sans y résider. Les formules proposées vont du socle de base (hospitalisation, soins courants) jusqu’aux couvertures renforcées intégrant optique, dentaire ou médecines alternatives. Une liberté de choix qui séduit, tout en évitant la logique d’exclusion propre au marché privé.
Au-delà des enjeux tarifaires, les complémentaires santé lancées par les communes s’inscrivent dans une stratégie plus large de santé publique territoriale. Elles participent à un projet de solidarité, visant à limiter le renoncement aux soins et à renforcer la cohésion sociale. Plusieurs municipalités organisent des permanences pour informer les habitants, simplifier les démarches et maximiser l’adhésion. Les élus voient dans ce dispositif un moyen concret d’accompagner les publics fragiles, tout en affirmant le rôle des communes comme acteurs de la santé de proximité.
Cette démarche, bien que vertueuse, n’est pas exempte de critiques. En effet, certains redoutent que les prix initialement attractifs « ne soient valables que les premières années ». Une inquiétude relayée par plusieurs associations, qui rappellent l’instabilité des marchés de l’assurance et l’absence de garanties sur l’évolution des tarifs à moyen terme.
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