Gaz à effet de serre : la nourriture pour chiens pointée du doigt

Nourrir les chiens n’est plus un geste anodin pour le climat : une étude publiée début janvier 2026 montre que la nourriture pour chiens représente à elle seule 1% des émissions nationales de gaz à effet de serre au Royaume-Uni.

Rédigé par , le 10 Jan 2026, à 9 h 08 min
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Les émissions de gaz à effet de serre occasionnées par la nourriture pour chiens sont à un niveau comparable à celui de certains secteurs industriels, de quoi interroger directement les habitudes alimentaires des animaux de compagnie et, par ricochet, celles de leurs propriétaires.

La nourriture pour chiens est responsable de 1 % des émissions nationales

Alors que les régimes alimentaires humains sont scrutés pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, l’empreinte climatique de la nourriture pour chiens est longtemps restée dans l’ombre. C’est à ce sujet que s’attaquent des chercheurs des universités d’Édimbourg et d’Exeter (Royaume-Uni) dans une étude publiée début janvier 2026 dans la revue Journal of Cleaner Production. En effet, la nourriture pour chiens contribue directement aux émissions de gaz à effet de serre par la production de ses ingrédients. La fabrication des aliments pour chiens est responsable d’environ 1 % des émissions totales du Royaume-Uni. Ce chiffre, qui peut sembler marginal, devient significatif lorsqu’il est rapporté à l’ensemble de l’économie britannique et comparé à certains secteurs industriels à forte intensité carbone.

Pour parvenir à ce résultat, les chercheurs ont analysé près de 1.000 références de nourriture pour chiens vendues sur le marché britannique. En croisant les informations nutritionnelles, la composition détaillée et les données d’émissions associées aux ingrédients, ils ont établi que les émissions varient fortement selon le régime proposé. Ainsi, toujours selon cette étude universitaire, l’écart entre les aliments les plus polluants et les moins émetteurs peut être multiplié par 65, illustrant l’ampleur des choix possibles pour les consommateurs.

Renoncer à une viande de qualité dans l’alimentation canine, un geste pour la planète

La question du régime alimentaire est centrale dans l’empreinte carbone de la nourriture pour chiens. Les chercheurs soulignent que les aliments humides, crus ou très riches en viande sont systématiquement associés à des émissions de gaz à effet de serre plus élevées que les croquettes sèches classiques. Cette différence s’explique principalement par la place centrale de la viande, en particulier de viande dite « de première qualité », dans certaines gammes premium destinées aux animaux de compagnie. En effet, l’utilisation de morceaux de viande directement consommables par l’être humain augmente fortement l’empreinte carbone, car ces produits mobilisent des ressources agricoles déjà sous tension. À l’inverse, les aliments intégrant des abats présentent un moindre impact environnemental.

Cette contradiction est résumée par John Harvey, vétérinaire à la Royal School of Veterinary Studies et l’un des auteurs de l’étude, qui explique que de nombreux propriétaires sont « déchirés entre l’image du chien carnivore, héritée du loup, et leur volonté de réduire les dommages environnementaux ». Cette tension influence directement le marché, où la demande pour des régimes très carnés continue de croître malgré leur coût climatique élevé.

La nourriture pour chiens, émettrice d’autant de gaz à effet de serre que la moitié des avions ?

Au-delà du Royaume-Uni, les chercheurs alertent sur la portée mondiale de ces résultats. Selon leurs estimations, si l’ensemble de la planète adoptait un modèle d’alimentation canine comparable à celui observé au Royaume-Uni, les émissions associées à la nourriture pour chiens seraient équivalentes à plus de la moitié des émissions annuelles liées au carburant des vols commerciaux.

Face à ce constat, les scientifiques ne plaident pas pour un changement brutal, mais pour une meilleure information des consommateurs. Une transparence accrue sur la composition et l’empreinte carbone des produits est jugée essentielle afin de permettre aux propriétaires de choisir une nourriture pour chiens moins émettrice de gaz à effet de serre. Les auteurs de l’étude insistent également sur le fait qu’un régime moins riche en viande ne nuit pas nécessairement à la santé animale, à condition qu’il reste équilibré sur le plan nutritionnel.

Les auteurs de l’étude rappellent enfin que la responsabilité ne repose pas uniquement sur les consommateurs. Les industriels de la nourriture pour chiens disposent de leviers importants, notamment en reformulant leurs produits et en privilégiant des ingrédients à plus faible impact environnemental. « Nos travaux montrent à quel point l’impact climatique de la nourriture pour chiens est à la fois élevé et très variable », écrivent les chercheurs dans leurs conclusions, appelant à une prise de conscience collective du secteur.

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Journaliste de formation, Anton écrit des articles sur le changement climatique, la pollution, les énergies, les transports, ainsi que sur les animaux et la...

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