Sakina M’Sa tisse du lien social

Sakina M'Sa tisse du lien social

Sakina M’Sa, n’est pas une styliste comme les autres. Reconnue par ses pairs, elle ne fait pourtant pas l’apologie d’une mode élitiste et hors du monde. Pour elle, la mode devient synonyme de partage et de solidarité. Au-delà de ses créations, elle tisse des liens entre les personnes, elle accompagne et elle partage.

Des Comores aux podiums parisiens

Sakina M’Sa est une jeune femme d’origine comorienne. Arrivée à la fin des années 1970 en France, elle s’installe avec sa famille dans un quartier populaire de Marseille.
L’adolescente plutôt rebelle adore arborer un look punk. Passionnée par la mode, elle découvre Vivienne Westwood – la styliste punk et anticoformiste par excellence ! – mais aussi d’autres grands noms comme Jean-Paul Gaultier, Madeleine Vionnet, Elsa Schiaparelli, Coco Chanel…

Elle organise son premier défilé à l’âge de 14 ans, où elle présente à son collège sa collection de vêtements très punks et à l’esprit récup’ puisque conçus à base de nappes en toiles ciré, de torchons, et de boites de conserves qu’elle trouvait à la maison. L’ado pleine d’audace y invite la femme du maire de Marseille de l’époque qui est venu et qui a apparemment beaucoup rit et apprécié le moment ! Ce côté audacieux, Sakina M’Sa le conservera ; c’est lui qui lui ouvrira les portes du succès.

En 1992, la styliste monte à Paris ou plus exactement en région parisienne. Dans le « 9 – 3 », à Bagnolet, elle s’émerveille devant la mixité et s’en inspire. Elle ouvre ses ateliers du tissu social et collabore avec des maisons de retraite et des centres de quartiers pour faire défiler des grands, des gros, des petits, des atypiques, bref, des gens qu’elle a envie d’habiller.

La marque Sakina M’Sa devient résolument responsable, éthique, créative et humaine.

Toutes ses collections sont fabriquées dans ses ateliers installés à Barbès, dans le quartier cosmopolite de la Goutte d’Or. Fabriquer ses vêtements en France permet non seulement d’exploiter un savoir-faire à la française mais aussi de respecter une parfaite traçabilité.

Elle s’attache à ce que chacun des vêtements qu’elle crée soit non seulement éthique et responsable mais aussi séduisant et qu’il fasse rêver. La mode éthique, sociale et solidaire peut aussi être esthétique !

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La suite p.2> des ateliers de couture aux ateliers de médiation culturelle