Les porte-containers vont-ils tuer les océans ?

Les porte-containers vont-ils tuer les océans ?

Les porte-containers ce sont les chevaux de trait des mers de l’époque moderne, les véhicules privilégiés du commerce mondial. Inventé en 1956, le camion des mers, le porte-container moderne a connu une extraordinaire prolifération depuis lors. Non seulement les porte-containers sont devenus de plus en plus nombreux, mais également de plus en plus imposants.  Mais aujourd’hui, pollution, accidents, dégazages, risque financier… leur règne maritime menace les océans.

Les porte-containers de plus en plus grands

porte-conteneurs-containers-navire-bateau-ocean-01Dans les années 70, un porte-container de grande taille faisait moins de 230 mètres de long et était capable de transporter 1.500 containers, ces boîtes à tout ranger utilisées par les exportateurs.

Début 2013, un porte-container géant est capable de charger 16.000 containers sur un pont de 400 mètres de long. Et en août 2013, le géant du secteur va emporter 18.300 containers !

Il en est ainsi du transport maritime, comme du transport routier, comme aérien : la course à la taille donne naissance à des engins de plus en plus impressionnants, voire démesurés. Les navires de transports maritimes modernes, les « Ultra Large Containers Ships », sont de plus en plus longs, plus hauts, plus profonds, plus puissants et utilisant toujours moins de personnel.

Pour paraphraser l’ouvrage de Marc Levison, «le porte-conteneur a changé le monde ». (1)  Aujourd’hui encore, les armateurs comptent sur ces mastodontes pour faire du transport naval le mode de transport le moins cher et toujours plus compétitif.

Les voies maritimes dans le monde

Voici une visualisation des routes maritimes telles qu’elles étaient en juillet 2011.

routes-maritimes-Amver-juill-2011

 

Porte-conteneurs, un risque mortel ?

porte-conteneurs-containers-navire-bateau-ocean-04Mais la taille de ces usines flottantes pose aujourd’hui problème et fait peser sur les océans un risque que certains considèrent comme mortel.

Le premier risque n’est pas environnemental mais financier. En effet, la valeur de ces navires et des marchandises qu’ils transportent peut atteindre, et parfois dépasser 2 milliards d’euros.

Le problème est le suivant : si un de ces navires échoue et a un accident, les assurances seraient incapables de payer une prime qui mettrait à mal les capacités financières des assureurs et réassureurs. Le risque de naufrage d’un ULCC, c’est une épée de Damoclès un krack  qui menace toute l’économie navale. L’accident qui s’est produit le 17 juin en mer d’Oman avec le MOL Comfort qui s’est cassé en deux a jeté un froid.

> Suite : Porte-containers : un gros risque environnemental