Pollution à l’ozone. Quels sont les risques ?

Depuis quelques années, l’ozone suscite vivement l’intérêt de la communauté scientifique. Et pour cause, les variations importantes de la teneur en ozone stratosphérique peut avoir de conséquences néfastes pour la santé. Pour en savoir plus, Ludivine Ferrer, Chargée de Communication de l’ASEF (Association Santé Environnement France) nous répond.

consoGlobe : Les pics de pollution à l’ozone que connaît la période estivale sont-ils inquiétants pour l’environnement et la santé à moyen terme ?

L.F : l’ozone est le résultat de l’action du soleil sur certains polluants automobiles et industriels. Chaque été, les mêmes scénarios se répètent. Chaleur, pollutions automobiles et industrielles aboutissent à des pics de pollutions à l’ozone et on demande alors aux asthmatiques, aux enfants, aux personnes âgées de ne pas sortir et de ne rien faire de tout l’été…

Plus grave, l’ozone provoque des irritations des bronches, pouvant être très importantes chez les populations les plus sensibles. En avril dernier, une étude américaine a montré que l’ozone, même à faible dose, était directement associé à la survenue des crises d’asthme chez les enfants.

asthmeLors des pics de pollutions, on observe d’ailleurs une augmentation de leur nombre et de leur gravité et donc une recrudescence des hospitalisations…Mais, l’ozone est aussi coupable de l’augmentation du taux de mortalité des personnes ayant des problèmes respiratoires.

Le problème n’est donc pas anodin, il s’agit, à nos yeux, d’une vraie question de santé publique – qui n’est pas prise en compte aujourd’hui.

consoGlobe : quel(s) lien(s) entre l’ozone et le réchauffement climatique ?

L.F : l’ozone est le résultat de l’action du rayonnement solaire sur certains polluants en suspension. Plus il fait chaud, plus il y a de chances pour que les pics de pollution à l’ozone se multiplient. Le réchauffement climatique pourrait donc augmenter le rythme…

circulationconsoGlobe : quelles villes françaises connaissent les plus hautes concentrations d’ozone ?

L.F  : plus il fait chaud et plus la région est polluée, plus les pics de pollution à l’ozone sont nombreux. Réunissant tous les ingrédients, les Bouches du Rhône sont d’ailleurs particulièrement touchées. Depuis fin juin, le département est en alerte à l’ozone tous les 2 jours.

consoGlobe : que préconisez-vous pour limiter les risques ?

L.F : individuellement, on ne peut pas faire grand-chose, si ce n’est éviter de prendre sa voiture, encore faut-il que ce soit possible… Dans les Bouches-du-Rhône par exemple, les réseaux de transports en commun sont très peu performants.

C’est pourquoi une vraie réflexion en amont sur la mobilité avec le développement d’un réseau de transports en commun serait déjà un début de réponse.

ozoneCes risques ne peuvent être diminués que si une vraie décision politique est prise. Actuellement, on demande aux automobilistes de réduire leur vitesse de 30 km/h le jour du pic, alors que ça n’a pas d’effet ! Pour qu’il y en ait un, il faudrait que cette mesure soit appliquée plusieurs jours avant.

Il est également possible de demander aux usines de ne plus faire d’opérations de maintenance lourde pendant la période estivale. Enfin, il faudrait qu’un plan sanitaire soit mis en place afin que les hôpitaux soit prêts à affronter l’augmentation des admissions, etc.

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Interview sur l’ozone par Elwina, août 2010