La pollution de l’air tue 3,3 millions de personnes par an

Un nouveau rapport de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) sonne l’alarme sur l’accroissement de la pollution de l’air. Selon cette agence spécialisée de l’ONU, il y aurait autour de 3,3 millions de décès prématurés provoqués dans le monde chaque année du fait de la pollution de l’air extérieur dans les zones urbaines et rurales.

La pollution de l'air tue 3,3 millions de personnes par an

De plus, la qualité de l’air est en train de se détériorer autour du monde, jusqu’au point où seulement un habitant urbain sur huit vit en-deçà des niveaux recommandés de pollution aérienne. L’OMS appelle à l’implication des gouvernements dans cette « urgence de santé publique ».

Maria Neira, chef de santé publique à l’OMS, rappelle que la pollution de l’air provoque des maladies qui nécessitent des soins hospitaliers très coûteux pour les gouvernements.

Pollution de l’air

Les conclusions d’une évaluation menée en 2013 par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) de l’OMS ont montré que la pollution de l’air extérieur était cancérigène, « les matières particulaires étant le polluant associé le plus étroitement à une incidence accrue de cancers, en particulier du poumon », selon le CIRC.

Des études complémentaires ont montré que la pollution est aussi responsable de maladies comme la pneumonie ou l’asthme, est encore de problèmes cardiovasculaires, du coeur et du système sanguin ou même de la démence. Le dernière recherche scientifique publiée par le journal Nature aura montré qu’aujourd’hui la contamination de l’air est plus meurtrière que la malaria et le VIH combinés.

L’économiste britannique Lord Stern rappelle aussi que la pollution de l’air est un facteur crucial pour le changement climatique. « La pollution a une importance fondamentale, on est encore en train de connaître les niveaux de toxicité du charbon et du diesel. On sait qu’en Chine, 4.000 personnes meurent chaque jour du fait de la pollution de l’air. Et en Inde c’est encore pire », a-t-il déclaré au journal The Guardian.

Ces informations ont eu un écho particulièrement fort d’ailleurs au Royaume Uni auprès des hautes sphères politiques, du fait de l’inactivité supposée du Premier Ministre David Cameron et de la décision d’élargir ou non l’aéroport de Heathrow. Des sources gouvernementales consultées par The Guardian allèguent que le gouvernement britannique est en train de traiter de façon beaucoup plus sérieuse la pollution de l’air, suite aux fortes critiques reçues en réponse aux déclarations jugées insuffisantes de Cameron. Trouveront-elles un écho similaire en France ?

Les recommandations de l’OMS contre la pollution atmosphérique

Pour pousser les gouvernements a mener des politiques qui parviennent à réduire efficacement la pollution de l’air, l’OMS rappelle les conseils suivants :

  • Industrie  : promouvoir les technologies non polluantes, par exemple pour limiter les émissions de cheminées industrielles ou améliorer la gestion des déchets urbains et agricoles.
  • Transports  : effectuer une transition vers des modes de production d’électricité non polluants ; favoriser les transports publics performants, la marche et les pistes cyclables dans les villes ; utiliser en priorité des carburants à faible émission.
  • Urbanisme  : améliorer le rendement énergétique des bâtiments ; généraliser l’utilisation de combustibles à faible émission et de sources d’énergies renouvelables ne nécessitant aucune combustion (solaire, éolienne, hydroélectrique).
  • Gestion des déchets  : mettre en oeuvre des stratégies de réduction, de séparation, de recyclage, de réutilisation et de retraitement des déchets ; donner la priorité aux méthodes améliorées de gestion biologique des déchets, comme la digestion anaérobie des déchets afin de produire du biogaz.