Masdar, la première ville éco-construite des Emirats est-elle ensablée ?

Masdar, la première ville éco-construite des Emirats est-elle ensablée ?

Située à proximité d’Abu Dhabi, Masdar, ville créée de toutes pièces avait une ambition : être la première ville verte au monde totalement éco-construite. Exit pétrole, déchets et rejet de carbone. En bref, une ville rêvée. Mais qu’en est-il vraiment ? Enquête.

Masdar : une oasis dans le désert ?

Au milieu du désert, Masdar s’est fixé un objectif : devenir un pôle d’attraction international pour les chercheurs et les étudiants.

masdar-plaza-lava-ville-eco-construction-04

La construction de la ville est tournée vers le soleil, qui ne manque pas à cet endroit de la planète et utilise de nombreuses énergies renouvelables.

Centrale solaire, panneaux photovoltaïques, traitement des eaux usées, fermes d’éoliennes : nombreux sont les projets qui trouvent leur place dans cette « ville durable ».

masdar-plaza-lava-ville-eco-construction-02

Exit les voitures, les transports en commun (pour l’heure, le choix des infrastructures reste indéterminé : des bus électriques ou peut-être des voitures solaires sont envisagés) sont favorisés. Ils seront optimisés et évidemment, propres.

fleche-sMasdar, la première ville éco-construite des Emirats est-elle ensablée ?L’agencement et l’architecture de la ville ont été pensés pour s’adapter au mieux à l’environnement et donc, pour limiter les dépenses énergétiques.

Par exemple, la ville s’articulera autour de ruelles étroites et ombragées, de constructions basses etc. La ville devrait accueillir ses premiers habitants à l’aube de 2016 et pas moins de 40 000 habitants sont attendus pour y résider.

masdar-plaza-lava-ville-eco-construction-01

Masdar : quelques déviations par rapport au schéma initial

Au fil des années, le projet ambitieux Masdar se concrétise. Des logements, bureaux et autres commerces à haute efficacité énergétique sont sortis de terre.

Mais malgré son caractère futuriste, concrétisée grâce à la volonté d’une poignée d’hommes et à l’argent du pétrole, la ville souffre de certaines vicissitudes. La crise financière de 2008 a contraint les architectes du projet à revoir leurs ambitions à la baisse.

masdar-plaza-lava-ville-eco-construction-03

Les toits solaires sont ainsi remplacés par des fermes photovoltaïques situées en lisière de la ville.

Le système de transport PRT* (Personal Rapid Transit), pensé à l’origine pour toute la ville, se réduit finalement à un service de navettes.

Autre élément : le projet initial de dessaler l’eau nécessaire grâce au soleil a été abandonné. L’eau des puits s’est en effet révélée 3 fois plus salée que celle de la mer et la dessaler aurait nécessité beaucoup trop d’énergie. Faute de quoi, l’usage de l’eau sera sévèrement contrôlé.