La fin des animaux de cirque à Varsovie

La capitale polonaise vient d’interdire l’exploitation d’animaux dans les cirques. Une étape importante pour la promotion du respect de la cause animale. La France, elle, reste à la traîne.

La fin des animaux de cirque à Varsovie

Des ours haltérophiles, des éléphants acrobates ou des félins qui sautent dans des cerceaux. Autant de scènes auxquelles n’assisteront plus les habitants de Varsovie. La capitale polonaise vient de décider de mettre fin à l’utilisation d’animaux de cirque sur les terrains municipaux.

Si ce type de spectacles sera donc toujours possible sur des terrains privés, leur promotion ainsi que la vente de billets par le biais des institutions municipales seront elles aussi interdites. La mairie justifie sa décision par « une prise de conscience et [une] sensibilité grandissante au sein de la société ».

Animaux de cirque : « une tradition française »

Mais en France, ce type d’argument ne passe pas encore. Le directeur du cirque Pinder, Gilbert Edelstein, également président du syndicat national du cirque, défend la tradition circassienne : « nos artistes à quatre pattes sont heureux. On les considère comme notre famille. Il n’y a plus d’abus en France depuis une décennie : si nous ne respectons pas les normes, nos bêtes sont saisies. »

Et le succès des pistes sablées françaises ne se dément pas. Les cirques accueillent chaque année dans l’Hexagone plus de 15 millions de spectateurs. Selon la Direction générale de la création artistique (DGCA) du ministère de la Culture, le cirque se classe même premier art français comptant le moins de non-spectateurs : en 2008, seuls 22 % des Français de plus de 15 ans déclarait ne jamais avoir mis les pieds sous un chapiteau de leur vie, contre 42 % pour le théâtre par exemple.

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Troubles psychologiques des animaux

En mars 2013, un arrêté a durci la réglementation française concernant les conditions de détention et d’utilisation des animaux sauvages dans les cirques. Il y est notamment précisé que « les animaux doivent être entretenus et entraînés dans des conditions qui visent à satisfaire leurs besoins biologiques et comportementaux ».

Pourtant, les associations de défense des animaux ne cessent de dénoncer des conditions de vie indignes. Selon la PETA France, « aucune loi n’encadre les méthodes de dressage en France, et la punition physique demeure la plus utilisée. Les animaux d’espèces rétives au dressage subissent un stress important. Certains doivent alors être drogués pour se montrer plus ‘coopératifs’ ou mutilés pour ne pas représenter un danger pour le dompteur ».

La Circus Madness, folie des animaux de cirque

Un qualificatif a même été créé pour définir les troubles psychologiques dont souffrent ces animaux : la Circus Madness [folie circassienne]. Des symptômes directement provoqués par les conditions d’enfermement, en totale inadéquation avec le mode de vie d’animaux sauvages.

Véronique Papon, responsable du service cirque de l’association Code Animal, décrit ces symptômes : « n’importe qui d’entre nous qui va au cirque va pouvoir constater que les animaux sauvages vont développer un certain nombre de troubles du comportement visibles à l’oeil nu. On pense notamment aux éléphants avec le balancement de la trompe, les félins qui tournent en rond, les singes qui bataillent et qui tapent contre les cages… »

En France, quinze communes ont anticipé la législation nationale et ont déjà pris leurs dispositions pour interdire la venue de cirques avec animaux sur leur territoire : Bagnolet, Bessancourt, Chassieu, Creil, Fontenay-sous-Bois, Illkirch, La Trinité, Montreuil, Porte-lès-Valence, Roncq, Roquebrune-sur-Argens, Vernaison, Villeneuve-lez-Avignon, Vourles et Yerres.(2)

Animaux de cirque : une situation contrastée en Europe

En Europe, la situation des animaux de cirque reste contrastée, comme le montre cette carte.